Utena, la fillette révolutionnaire

23 août 2011 à 22:19 | Publié dans Arc en ciel, Circé, Penthésilée, Princesse des Roses, Sappho | Un commentaire
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Comment évoquer ce manga/série/animé (Il y a même eu un spectacle et un jeu vidéo…) sans être trop évasive et gâcher des effets de découverte au fil de l’histoire?
Shōjo kakumei Utena - Utena, la fillette révolutionnaire
C’est plutôt typé Shōjo (pour filles), mêlant romance, héroïsme, dramatique le tout dans un contexte yuri et surréaliste.

Je vais plutôt attaquer le sujet par l’angle de la série, puisse que c’est comme ça que j’ai connu et que ma préférence va. Je vous conseillerais même de voir la série avant le le film d’animation, celui-ci faisant parfois des raccourcis qui peuvent nuire à la compréhension, mais passent très bien quand on connait la série. De toutes façons, les trois n’ont pas la même fin…
La série/le manga

Nom français :   Utena, la fillette révolutionnaire
Nom original :   Shōjo kakumei Utena   少女革命ウテナ
Le film

Nom français :   Utena: Apocalypse d’Adolescence
Nom original :   Shôjo kakumei Utena: Adolescence mokushiroku
 少女革命ウテナ アドゥレセンス黙示録
Le manga est en 5 volumes, la série en 39 épisodes et le film dure 80 minutes et n’existent qu’en versions sous-titrées.
Un univers…
Il y a tout un univers qui va avec, aussi, il n’est pas simple de faire partager, c’est un tout.
Bien évidemment, entre les trois supports il y a un monde, film contre série, la trame même change, mais le fond est le même.

L’ambiance varie à longueur de temps entre le contexte scolaire d’adolescents, le monde des contes de fées, une modernité oppressante et une fantasmagorie parfois difficile à saisir.
Le tout ne se simplifie pas par l’appel à des flashes-back qui servent à expliquer le fondement de la trame.
Je reconnais qu’annoncé comme ça, ça a de quoi faire peur, vous devez vous dire que ça doit être compliqué, c’est normal, mais tout cela contribue à crée cet univers clos si spécifique.

Tout au long de la série, il y a même de nombreux points de compréhension qui restent en suspens, mais les explications viennent quelques épisodes plus tard. On se pose donc souvent du pourquoi de certaines choses, mais des flashes-back viennent donner les raisons.
Cela encore participe à l’étrange ambiance.

Il y a bien quelques passages qui sont un peu ridicules et qui n’apportent rien à l’histoire, mais il y en a peu.

Enfin, un dernier point, tout au long de la série, on réagit à certaines actions des personnages, autant, on est portées par leurs réussites et leurs émotions qu’on se révolte aussi par rapport à certains éléments de ce qu’il leur arrive ou on se sent trahis par eux dans ce qu’on en pensait, bref on est pris vers le haut et vers le bas jusqu’au dénouement final.
On est aussi très souvent dans la suggestion ou dans la liberté de comprendre à notre propre vision ce qu’il se passe ensuite.
Le premier générique de la série
Le point de départ de l’histoire
Tenjō Utena était très jeune quand elle a perdu ses parents. Ne supportant pas de vivre sans eux, elle voulait les rejoindre dans la mort quand un prince arriva. Il la réconforta, sécha ses larmes et lui redonna envie de vivre. Il lui donna une bague avec le promesse qu’elle la mènerai à lui un jour.
Impressionnée par la noblesse du prince, la fillette décida de devenir elle-même un prince…
Lors de sa rentrée à l’école d’Ohtori, Utena s’intègre rapidement malgré l’étrangeté de celle-ci.
Elle se retrouve pourtant rapidement entrainée (pour une raison changeant selon le support) dans un duel face à Kyōichi Saionji, le président du club de kendō et vice-président du conseil des élèves.
Sur la plateforme de duel, Utena est ulcérée par la manière dont Saionji traite celle qu’elle pense être sa petite amie, Anthy Himemiya. Les choses prennent une étrange tournure quand elle apprend que la bague qu’elle avait reçue petite se révèle être le Sceau de la Rose, la marque des duelliste de l’école. Himemiya arbitrera le duel, elle est aussi l’enjeu, car elle est la Fiancée de la Rose qu’emporte le Champion de la Rose. Chacun des duellistes reçoit une rose à la boutonnière, le but du duel est de faire perdre ses pétale à la rose de son adversaire.
Le duel commence alors qu’Utena n’a qu’une arme en bambou à opposer à une arme bien réelle. Mise à mal, inexpérimentée, elle emporte pourtant le duel grâce à sa force de conviction.
En plus de la Fiancée de la Rose, elle reçoit par la même, l’épée de Dios, une arme magique ayant le pouvoir de révolutionner le monde quand elle aura trouvé le bon porteur, ce qui est aussi l’enjeu final de ces duels (L’épée de Dios sort du corps d’Himemiya.).
Déboussolée par toutes ces choses qui la dépassent, Utena commence à lier une relation qui deviendra de plus en plus forte avec Himemiya, ce n’était que le premier des duels, le passé et le destin doivent s’accomplir…
L’histoire…
Comment donner la trame alors que, même si la série suit assez le manga, le film est tout autre?
De toute façon, j’ai décidé de ne pas spoiler…
Je resterai donc générale sur le fond.

Je dirai juste qu’elle se divise en 4 « sagas »:
> Conseil des élèves
> Rose Noire
> Akio Ohtori
> Confins du monde
Liste des épisodes
Conseil des élèves

1 La fiancée de la Rose 薔薇の花嫁 Bara no hanayome
2 Pour qui sourit la Rose 誰がために薔薇は微笑む Dare ga tame ni bara wa hohoemu
3 La nuit du Bal 舞踏会の夜に Butoukai no yoru ni
4 Jardin d’été : Prélude 光さす庭・プレリュード Hikari sasu niwa – Pureryūdo
5 Jardin d’été : Final 光さす庭・フィナーレ Hikari sasu niwa – Fināre
6 Attention, Lady Nanami 七実様御用心! Nanami-sama go-youjin!
7 La déception de Juri 見果てぬ樹璃 Mihatenu Juri
8 Le grand voyage du curry カレーなるハイトリップ Karee naru Haitorippu
9 Le château de l’éternité 永遠があるという城 Eien ga aru toiu shiro
10 Le Trésor de Nanami 七実の大切なもの Nanami no taisetsu na mono
11 Elégant et impitoyable,
celui qui cueille la fleur
優雅に冷酷・その花を摘む者 Yuuga ni reikoku –
Sono hana wo tsumu mono
12 Par amitié, peut-être… たぶん友情のために Tabun yujo no tame
13 Le repérage des lieux 描かれる軌跡 Egakareru kiseki

Rose Noire

14 Ceux de la Rose Noire 黒薔薇の少年たち Kurobara no Shounentachi
15 Le paysage imaginé par Kozue その梢が指す風景 Sono Kozue ga Sasu Fuukei
16 La Clarine du Bonheur 幸せのカウベル Shiawase no Cowbell
17 Les Epines Mortelle 死の棘 Shi no Toge
18 L’Impatience de Mitsuru みつるもどかしさ Mitsuru Modokashisa
19 Le Chant du Royaume Déchu 今は亡き王国の歌 Ima ha Naki Oukoku no Uta
20 La Métamorphose de Wakaba 若葉繁れる Wakaba Shigereru
21 Insectes Nuisibles 悪い虫 Warui Mushi
22 Le mémorial de Nemuro 根室記念館 Nemuro Kinenkan
23 Le Talent d’un Duelliste デュエリストの条件 Duelist no Jouken

Akio Ohtori

24 le Journal Secret de Nanami 七実様秘密日記 Nanami-sama Himitsu Nikki
25 Apocalypse Eternelle pour Deux ふたりの永遠黙示録 Futari no Eien Mokushiroku
26 Le nid de Miki
(Jardin d’été, arrangement)
幹の巣箱
(光さす庭・アレンジ)
Miki no Subako
(Hikari Sasu Niwa /Arrange)
27 L’œuf de Nanami 七実の卵 Nanami no Tamago
28 Murmures dans les ténèbres 闇に囁く Yami ni Sasayaku
29 Un azur plus bleu que le ciel 空より淡き瑠璃色の Sora yori Awaki Ruriiro no
30 La fille aux pieds nus 裸足の少女 Hadashi no Shoujo
31 Sa Tragédie 彼女の悲劇 Kanojo no Higeki
32 La Romance de Danseuses 踊る彼女たちの恋 Odoru Kanojotachi no Koi
33 Le Prince qui file dans la Nuit 夜を走る王子 Yoru wo Hashiru Ouji

Confins du monde

34 Le Sceau de la Rose 薔薇の刻印 Bara no Kokuin
35 Un Amour qui a grandi en Hiver 冬のころ芽ばえた愛 Fuyu no Koro Mebaeta Ai
36 Et Les Portes de la Nuit s’ouvrirent そして夜の扉が開く Soshite Yoru no Tobira ga Hiraku
37 Celle qui Révolutionnera le Monde 世界を革命する者 Sekai wo Kakumei Suru Mono
38 Les Confins du Monde 世界の果て Sekai no Hate
39 Le Soleil se lève aussi いつか一緒に輝いて Itsuka Issho ni Kagayaite
Mon avis
C’est simple, j’adore. Il faut dire que j’ai un attachement personnel à Utena pour des raison personnelles liées à mon adolescence et la découverte de notre homosexualité avec ma première petite amie.
Même si il y a des moments moyens, des moments détestables, je ne peux m’empêcher de toujours adorer.
Le romantisme récurrent y joue pour quelque chose aussi. Et puis, le côté princesse charmante qui se bat pour sa fiancée…
Et puis, la fin du dernier épisode…
Et puis, la bande originale musicale…
Bref, des tas de « Et puis… » qui s’accumulent.
Infos diverses
Attention, spoilers, ne pas suivre ces liens si vous voulez garder une certain mystère à la découverte, beaucoup de choses prennent plus d’intérêt à se découvrir au fur et à mesure de la progression dans l’histoire.

http://www.univers-l.com/utena_anime_accueil.html
Un excellent dossier sur le film et l’anime, on peut même retrouver un résumé de chacun des épisodes et quelques analyses des choses qui pourraient vous échapper dans tout ensemble d’intrigues et de références.
Consulter la page sur un épisode après l’avoir vu peut aider à mieux comprendre certaines choses, les références sur les épisodes précédents lointains étant courantes et certains recoupements peuvent vous échapper au viosionnage.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Utena,_la_fillette_révolutionnaire
L’article wikipédia, pour les références, plus que pour la compréhension.
Itsuka Issho ni…
いつか一緒に…

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Libuše et Vlasta, la reine et la cheffe de guerre

10 juillet 2011 à 22:16 | Publié dans Circé, Penthésilée | 2 commentaires
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Vlasta
Je suis tombée il y a peu sur un film « The Pagan Queen » (Non traduit en Français à ma connaissance.) sur l’histoire de Libuše, la reine légendaire qui fonda Prague.

De là, j’ai découvert qu’il s’agissait d’une partie de l’histoire et de la légende de la fondation de la Bohême.

Cependant, ce film ne fit pas honneur à une autre femme de légende, une guerrière, une cheffe de guerre, mena une rébellion contre l’oppression à la tête d’une armée de femmes: Vlasta.

Même si les sources historiques, folkloriques et les chroniques divergent souvent, sans parler des fictions qui ont été greffées dessus, je m’essaie donc à en dégager une vision qui me semble cohérente.
Le seigneur Krok et ses filles
Au 8e siècle, en Bohême, le seigneur Krok, successeur du chef légendaire Čech, et sa femme Niva avaient eu trois filles:
> Kazi, herboriste et guérisseuse
> Teta, prêtresse et sorcière
> Libuše, voyante et devineresse

Quand il mourut, il désigna Libuše pour lui succéder.
Libuše et Přemysl
Le début de règne de Libuše fut propice puisse qu’en endigua la peste qui frappait la région et amena une grande prospérité.
Josef Mathauser - Kněžna Libuše věští slávu Prahy
Par ces dons de voyance, elle prophétise un endroit où construire une grande cité qui se révèle révélera être la future Prague.

Cependant, la présence de pillards se fait de plus en plus sentir. La nécessité d’une force armée se fit de plus en plus sentir. Une compagne d’enfance de Libuše, Vlasta, organisa une troupe de guerrières dont elle pris la tête.

Malgré les réussites de Vlasta, le conseil insista de plus en plus pour que Libuše prenne un mari pour régner.
La pression augmentant au fil du temps, elle céda et dit au conseil comment aller le chercher.
Il le trouvèrent en la personne d’un laboureur du village de Stadice: Přemysl.

Selon une tradition tardive, ensemble, ils eurent trois fils, Nezamysl, Radobýl et Lidomír, fondant ainsi la dynastie des Přemyslides.
La révolte de Vlasta
Il semble que Libuše soit morte assez peu de temps après son mariage (Je n’en ai pas trouvé la cause, ce qui remet en cause le fait des trois enfants.).

Přemysl continua à régner seul. Cependant, son règne semble avoir été très dur, les paysans autrefois libre se retrouvant opprimés sous son joug. De même, il établit des lois fortement défavorables aux femmes alors que la culture tchèque était précédemment équitable.

C’est ainsi que Vlasta, dont la troupe de femmes était devenue une vraie petite armée, entra en rébellion et parti s’installer à Děvín où elle établit ses quartiers et construisit une forteresse.
Vlasta
Dívčí válka, la Guerre des Filles
Mais elle ne fut pas un cas isolé. De nombreuses femmes s’en prirent à des hommes qui profitaient de ces nouvelles lois et beaucoup partaient se rallier à elle.
Selon toutes les sources, cette guerre fut longue. Certaines donne une durée de 8 ans. Il se serait plus agit de multiples escarmouches que de réelles grandes batailles.

Pour le reste, il est assez dur de trouver des sources fiables, toutes sont terriblement imprégnées d’un fort parti pris de la part de leur auteurs, même si certaines vont dans le même sens globalement. Bref, cela a suscité de très nombreux fantasmes.

Elle aurait voulu fonder un royaume fortement matriarcal. Les hommes auraient été interdit de porter des armes et de monter librement à cheval, seules les femmes pouvant exercer le métier des armes. Ils auraient été affecté aux champs et autres tâches productives au service des femmes.
On trouve aussi que des femmes venaient de loin se rallier par milliers, voire dizaines de milliers, étant prises en formation guerrière après avoir été accueillies, grossissant son armée.
Certains leur prêtent aussi de torturer systématiquement les prisonniers qu’elles faisaient avant de les exécuter ou les libérer mutilés.

Bref, il y a du tri à faire dans tout ça…
Divoká Šárka, Šárka la sauvage
Šárka, lieutenante de Vlasta, est aussi une figure de la guerre des filles.
Elle piégea une bande d’hommes armés commandé par Ctirad, un jeune noble farouche ayant provoqué de lourdes pertes, en s’attachant elle-même à un arbre et affirmant que les femmes rebelles mise, déposant un cor et une cruche d’hydromel hors de portée pourla narguer. Ctirad croit à son histoire et sa détache de l’arbre. Une fois libérée, elle verse l’hydromel aux hommes en cadeau de remerciement. Les hommes ne soupçonnent pas que Šárka avait mis un somnifère dans l’hydromel. Quand ils sont tous endormis, Šárka sonne du cor pour prévenir les rebelles de sortir de leurs cachettes et de la rejoindre dans l’abattage des hommes.
Les dernières batailles: Vyšehrad et Děvín
Tout cela se terminera par la mort de la plupart d’entre elles, massacrées par l’armée de Přemysl.

Il ressort que Přemysl ait voulu tenter de marcher sur Děvín après l’affaire Ctirad, mais rencontra de fortes résistances sur le trajet et rebroussa chemin, non sans avoir tué de nombreuses guerrières et en ayant capturé certaines. De là, Vlasta aurait voulu faire une contre-attaque contre lui à Vyšehrad.
Lors de la bataille qui eut lieu avant qu’elle arrive sur la ville, elle se serait retrouvée isolée et surpassée par le nombre, elle fut tuée. Leur meneuse morte, le reste de l’armée aurait essayé de se rabattre sur Děvín. Un certains nombre furent tuées sur le trajet, et celles qui purent arriver à la forteresse furent massacrées lors de la prise de celle-ci.
Přemysl, vainqueur, fit raser la forteresse de Děvín pour ne plus laisser de traces et de base à une nouvelle rébellion.
The Pagan Queen (2009)
Production par le réalisateur allemand Constantin Werner, il reprend l’histoire en prenant pour lui l’hypothèse d’un changement d’un matriarcat à un patriarcat. Les aspects occultes sont mis en avant aussi.
Bon, si la première heure n’est pas mal du tout, le film dérape totalement dans la seconde partie.
Vlasta devient une hystérique psychopathe misandre. 8 ans de guerres sont résumé en un truc qui tiendrait en moins d’une semaine; son point de départ en est d’ailleurs faux, Libuše est bien vivante au moment de la mort de Vlasta, le massacre de son armée n’a d’ailleurs même pas lieu… La fin est en queue de poisson.

J’ai pu lire qu’il avait reçu un très mauvais accueil en Tchéquie.

Dans l’ensemble, il n’est pas si mal, même la fin dérape, mais il n’est pas inoubliable.
Si parfois des éléments d’ambiance font penser à « Les Brumes d’Avalon », il n’en a pas son envergure.
Diverses fioritures sont en trop, comme le côté extrême de Vlasta ou la liaison que le scénariste lui met avec Přemysl (ce qui serait censé expliquer son glissement psychologique?).
A voir, sans plus.
La Guerre des Filles
En 1981, Christiane Singer sort « La Guerre des Filles » inspiré de cette histoire.
Je ne l’ai pas lu, je le signale à titre indicatif. Si quelqu’un l’a lu, vous pouvez donner votre appréciation dans les commentaires.
Fantasmes et partialité dans les sources
Les premiers écrits concernant cette histoire datent du 12e siècle avec les écrits de Cosmas de Prague, un ecclésiastique.
Quatre siècles après, un ecclésiastique racontant une histoire se passant à l’époque païenne… Il y a déjà de quoi avoir de la déformation et une vision partiale…
Il est même amusant de savoir qu’il y a des problèmes de cohérence avec un manuscrit plus ancien, « la légende chrétienne » (Kristiánova legenda), décrivant la christianisation du pays.

Là où l’idéologie en devient risible…
Ainsi, Alois Jirásek (Staré pověsti české – Légendes de l’ancienne Bohême – 1894) conclut sa chronique sur la Dívčí válka:
« L’ordre et la justice ont été à nouveau établis, comme il y avait avant, et le prince Přemysl régna seul, sans opposition des femmes. »
Ayant raconté au début qu’il tient son pouvoir uniquement de son mariage avec Libuše qui régnait seule avant, sortant à peine d’un carnage, c’est sûr que l’ordre et la justice sont rétablis… …surtout si on considère qu’il ait été un oppresseur…
On notera au passage une certaine apologie patriarchiste…

On trouve aussi chez certains auteurs qu’il y ait eu une relation sapphique entre Libuše et Vlasta. Peut-être, mais dans les faits, rien ne l’indique dans les sources historiques.
En fait, cela doit simplement venir du fait que Vlata soit parfois appelée l’amazone de Bohême, on va dire par effet poétique. De là, il n’y avait qu’un pas à en rajouter par rapport à l’imagerie des amazones, imaginées comme tribades (Ce qui ne repose d’ailleurs sur rien d’historique, les amazones étant simplement des guerrières scythes sauromates.).
Parce que c’est connu, toutes les femmes guerrières sont tribades (tout comme sûrement tous les guerriers sont homos aussi…) et tous les généraux ont des rapports homosexuels avec leurs rois…

Concernant les lois établies par Vlasta, il est amusant de voir qu’elle seraient connues par des personnes extérieures, qui plus est prenant parti pour ses ennemis. Si on ajoute à ça qu’elle ont été massacrées, pas facile d’établir ce genre d’informations…
On est donc plutôt sur ce sujet d’une point de vue propagande. Idem pour sa « cruauté », il est logique d’avoir un tableau noirci pour donner plus d’honneurs au vainqueur.
Cela dit, en considérant qu’elle était à la tête d’une armée féminine, qu’elle est en rébellion, que l’armée en face est exclusivement masculine, il serait logique stratégiquement de considérer pour des raisons de sécurité qu’un homme armé est un potentiel ennemis infiltré et qu’un homme à cheval un observateur avancé. Même si rien n’est prouvé, ça aurait une certaine cohérence, tout comme l’inverse dans l’autre camp.
Différence de considération patriarcat-matriarcat sur ce cas
Il y a quand même un truc amusant, un réflexe culturel:
Si on regarde bien, la considération des deux opposants Vlasta et Přemysl n’est pas du tout la même, alors que sur le fond… Il y a juste inversion entre les sexes de dire qui s’occupe de la guerre, qui dirige et qui assiste.
Pourtant, la perception donnée n’est pas du tout la même comme le montre la citation de Alois Jirásek plus haut.

Avec les évolution de société, Vlasta passe d’abord très négativement, surtout avec la christianisation, puis plus récemment devient une héroïne d’un point de vue féministe du fait de s’oppose au patriarcat et des loi arbitrairement oppressive pour les femmes.
Aussi, si je devais les départager, l’histoire précédente montrant qu’il y avait des dirigeants hommes, je me baserais que la culture devait être assez égalitariste jusqu’à Libuše et que le déséquilibre est arrivé avec Přemysl. De là, la réaction de Vlasta ne se fait qu’en réaction et comme marqué plus haut a une certaine cohérence stratégique.
De même à considérer qu’il y avait des lois concernant les hommes sur ses domaines, c’est qu’il devait bien y an voir. Puisse qu’elle est donnée par ses ennemis comme tuant ses prisonniers de guerre, le noircissement de sa personne devient donc à ce niveau paradoxal, sauf si ceux-ci l’ont ralliée volontairement, la préférant à Přemysl… Ce qui la positionnerait comme non une héroïne matriarcale, mais bien une protectrice du peuple tout court, comme dans sa charge initiale.
Héroïne tout court donc.
La note de fin
Je m’amuse à voir comment l’imagination de certain(e)s s’emballe sur le sujet pendant les petites recherches que j’ai fait sur le sujet.
Ce qui est le plus amusant est de voir que les gens s’attachent plus aux versions romancées ou librement interprétées plutôt que les éléments de la légende initiale.
Parce qu’encore une fois, on est au temps des ducs légendaires de Bohême…

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La Rumeur – The Children’s Hour – The Loudest Whisper

4 janvier 2011 à 10:21 | Publié dans Arc en ciel, Sappho | 2 commentaires
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Affiche de La Rumeur
Pas jeune comme film, 1961, mais ça reste un classique.

Si on y réfléchit, ce film questionne.
Sa perception par un public de nos jours et celui d’époque est radicalement différente. Si en plus on sait qu’il est basé d’une pièce de théâtre de 1934, elle même basée de fait réels, il y a vraiment de quoi se poser la question de comment était perçue la chose à ces époques aussi.
Toujours est-il qu’Audrey Hepburn et Shirley MacLaine, deux grandes actrices de leur temps ont incarné cette histoire sachant comment était perçue l’homosexualité en 1961, même chose pour les actrices de 1934.
L’histoire
Attention: Spoiler ! Je dévoile l’intrigue.
Martha Dobie et Karen Wright, deux anciennes camarades d’école, créent un école privée pour jeunes filles, aidées de Lily Mortar, la tante de Martha. A force de durs efforts et de travail acharné, l’école dégage enfin des bénéfices. Après deux ans de fiançailles, Karen accepte de poser une date pour son mariage avec le docteur Joe Cardin.

Mary Tilford, une élève dissipée (petite fille de Amelia Tilford, une riche dame influente et parente de Joe), est punie d’une sortie pour mensonge par Karen. Mais celle-ci décide de se venger en faisant courir une rumeur sur les deux enseignantes auprès de sa grand-mère: qu’elles auraient une relation ‘contre-nature’ (1). Pour appuyer sa rumeur, elle fait du chantage à une de ses camarades, Rosalie Wells, pour le vol d’un bracelet d’une autre élève, afin que celle-ci confirme son témoignage.

Amelia Tilford croit le mensonge de sa petite-fille et la fait retirer de l’école de Karen et Martha et informent les autres parents d’élèves de la situation. A leur tour, ceux-ci retirent leurs enfant de l’établissement (2).
Elle ne comprennent pas ce qu’il se passe jusqu’à ce qu’elles apprennent le fin mot de l’histoire de père retirant sa fille. Karen confronte Amelia Tilford avec Joe et Martha, mais Mary répète son histoire appuyée de Rosalie.
Elles décident alors d’intenter un procès à Amelia Tilford pour diffamation et calomnie, mais elle perdent au tribunal.

Comme l’information est passée dans les média locaux, la réputation de l’école et des deux professeurs est détruite.
Joe leur propose alors de les aider à aller ailleurs et recommencer une nouvelle vie. Cependant, même pour lui, la confiance en Karen est ébranlée et il lui pose la question de savoir si la rumeur est vraie. Dans l’explication qui s’ensuit, Karen rompt ses fiançailles avec lui en lui disant qu’elle a besoin de faire le bilan.
The Children's Hour
La mère de Rosalie découvre une cache contenant des objets volés et la kleptomanie de sa fille. Elle se rend ensuite chez Amelia Tilford pour confronter les deux gamines, le mensonge est dévoilé.

Apprenant la rupture entre Karen et Joe, Martha que tout ces événements ont affectée réalise que ces accusations lui ont fait prendre conscience de la réelle nature des sentiments qu’elle éprouvait pour Karen et les lui avoue. (voir l’extrait un peu plus bas…)

Amelia Tilford se présente alors chez Karen et Martha leur apprendre qu’elle a découvert la vérité et pour leur présenter ses excuses, elle veut les réhabilité et le dédommager, elle a déjà contacté le juge qui est prêt à changer le verdicts après avoir réouvert le dossier. Mais étant allées aux bout d’elles-mêmes les deux femmes refusent ses excuses et toute forme de pardon.

Les deux amies ont besoin de voir comment recommencer une nouvelle vie ailleurs, mais Martha est fatiguée et préfère parler de ça le lendemain, après avoir dormi. Karen va prendre un peu l’air et découvre à son retour que Martha s’est pendue.

Après les funérailles, ayant prélevé une fleur de la couronne funéraire, Karen s’en va du cimetière en ignorant ceux qui sont à l’origine de tout ce drame, Joe la regarde de loin s’éloigner vers une autre vie.
Quelques informations
Titre original The Children’s Hour
Titre UK The Loudest Whisper
Réalisateur William Wyler
Scénario et adaptation John Michael Hayes et Lillian Hellman (auteure de la pièce)
Date de sortie US 19 décembre 1961

Audrey Hepburn Karen Wright
Shirley MacLaine Martha Dobie
James Garner Joseph ‘Joe’ Cardin
   
Miriam Hopkins Lily Mortar
Fay Bainter Amelia Tilford
Karen Balkin Mary Tilford
Veronica Cartwright Rosalie Wells
Sally Brophy La mère de Rosalie

Un extrait en français
1934 – The Children’s Hour
L’idée de The Children’s Hour a été suggéré à Lillian Hellman par son compagnon de longue date, Dashiell Hammett. Pendant la lecture d’une anthologie d’histoires vraies de la criminalité, Bad Companions (William Roughead – 1930), il est tombé sur une histoire de deux professeurs d’une école écossaise dont la vie a été ruinée par la fausse accusation de lesbianisme lancée par une de leurs élèves. Hellman fit de cette histoire son premier grand succès; mais quand la pièce fut lancée à Broadway, Hellman ne savait pas si elle serait acclamée ou arrêtée. À l’époque, toute mention de l’homosexualité était illégale sur scène dans l’état de New-York . La pièce a été un tel succès et si largement saluée par la critique que les autorités négligèrent son sujet (La loi n’a été que rarement appliquée jusqu’à ce qu’elle soit abrogée dans les années 1960).

La pièce est adaptée dès 1936 en français sous le nom Les Innocentes par André Bernheim.
1936- Ils étaient Trois – These Three
En 1936, William Wyler avait déjà adapté la pièce de Lillian Hellman au cinéma dans These Three/Ils étaient Trois, cependant, pour éviter la censure (Hays Code), la rumeur ne portait pas sur une prétendue relation lesbienne entre les deux personnages féminin, mais plutôt sur le fait de surprendre le fiancé de l’une dans le lit de l’autre…

Quand je parlais de questionnements de ce film, il est plutôt étrange que 25 ans plus tard, William Wyler collabore à nouveau avec Lillian Hellman pour rétablir le fond correct du secret.
De même, Miriam Hopkins qui jouait le rôle de Martha dans la version de 1936, prendra le rôle de Lily Mortar dans la version de 1961.
L’accueil qui a été fait à La Rumeur
L’accueil réservé au film n’a pas spécialement été bon de la par la critique, voire même assez hostile pour de nombreuses raisons, parfois même contradictoires.
Il a pourtant été nominé pour trois Golden Globes 1961 et pour cinq Oscars 1962, mais n’en a reçu aucun.

Il disparut quasiment de la circulation pendant une trentaine d’années par la suite, avant de réapparaitre par l’intermédiaire de publics spécialisés.
Quelques anecdotes
Dans ses mémoires (Les Stars de ma Vie, Mémoires d’Hollywood / My Lucky Stars – 1995) et dans le reportage The Celluloid Closet (sur l’évolution du thème de l’homosexualité au cinéma), Shirley MacLaine raconte que William Wyler a supprimé des scènes au montage. Celles-ci suggéraient de manière trop évidente la passion de son personnage de Martha envers Karen. Wyler aurait paniqué de présenter celles-ci au public, car potentiellement trop controversées, il aurait donc vidé le film de sa réelle essence et trahit l’œuvre de Lillian Hellman, provoquant ainsi l’échec du film.
(Ces scènes ont pour grande partie été ajoutées à la version DVD de 2004.)
Ainsi, il est souvent dit que la pièce originale de 1934 était plus audacieuse, voire explosive, à de multiple titres, pour être plus explicite sur les sentiments de Martha pour Karen, braver la censure et une perception bien ‘sensible’ de l’homosexualité.

Alors que dans la version originale, Karen donne des cours de français qui deviennent des cours d’anglais dans la version française.

Dans la pièce originale, Martha se suicide avec un pistolet au lieu de se pendre.

La scène du « coming-out » a été reprise dans le court-métrage Ernest et Bertram (Voir en VO) de Peter Spears, avec les personnages Ernest et Bart de 1 rue Sésame. Ce court-métrage fait référence à « mythe » de la culture gay US voulant que ces deux personnages célibataires et vivant ensembles soient gays, au grand désespoir de Sesame Workshop… Détail: Ernest se suicide avec un pistolet à la fin comme dans la pièce.
Mon commentaire
D’abord, le fait de savoir la nature des sentiments de Martha pour Karen donne une toute autre compréhension du film. en fait, il serait presque à voir deux fois, la première pour comprendre la nature de l’amour de Martha pour Karen et la seconde pour revoir les scènes et mieux comprendre sa manière de réagir.
Une autre chose qui m’a marquée avec ce film est liée au suicide de Martha.
pour qui connait un peu les grands classique du cinéma lesbien (voire de la BD), sait que ce n’est pas les histoires tragiques où une des deux meure et l’autre continue sa vie marquée pour toujours par la relation qu’elle a eu et la mort de celle qu’elle a aimé, Lost and Delirious, Aimée et Jaguar (Même si là aussi, il s’agit à la base d’une histoire réelle), etc…
On retrouve comme dans de nombreux classiques ce thème de la descente en enfer; dans une certaine mesure, on trouve les doutes chez Karen de ses sentiments envers Martha et la fin laisse à penser qu’elle aussi accepte le fait de l’aimer alors qu’elle était engagée avec Joe.
Non, sans plaisanter, on retrouve dans ce film tous les grands motifs des classiques lesbiens alors que ce n’est absolument pas sa vocation.
Mais là, je vais même plus loin: Tout part de la pièce de théâtre de Lillian Hellman en 1934.
Est-il possible que cette pièce ait marqué l’imagerie lesbienne à ce point? Ou est ce un réel coup de génie de Lillian Hellman qui sans le savoir a réuni une sorte d’alchimie parfaite?
Au bout du compte, c’est dur à dire. Il ne faut pas oublier que la pièce a eu un immense succès et ce succès lui a permis de passer à travers la censure.
Notes

(1) « unnatural »
A aucun moment du fils les notions de lesbianisme ou d’homosexualité de sont employées directement, mais c’est très clair.


(2) Un petit rappel contextuel de l’époque:
Dans l’Amérique de l’époque, dans la mentalité de l’Américain moyen, homosexualité et pédophilie sont forcément liées. Aussi le fait que deux homosexuelles s’occupent d’une école est un danger encore plus grave.

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Invitation au Bal des Roses de Glace

4 décembre 2010 à 22:35 | Publié dans Princesse des Roses, Sappho, Z'inclassables | Laisser un commentaire
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Soyez les bienvenus mes amis dans mon Château des Roses pour ce bal tant de saison.

Cette fois encore, les réjouissances se tiendront dans ma roseraie, à moins que ce ne soit la roseraie qui ait envahi la salle de bal…

Le sol est de givre, cependant ne craignez pas de glisser, cela n’arrivera pas, à moins que telle soit votre intention une fois emportés par la valse…
Ne craignez qu’un chose, très chère, c’est que je vous arrache à votre partenaire une fois prise dans la frénésie de la danse, mais ne vous prenez pas à rêver que je vous volerai un baiser, cela ne se fera pas, ma tendre cavalière ne me le pardonnerait pas. Ne vous lamentez pas pour autant de cela, les étincelles d’Amour, de joie et de volupté sont les maîtresses des notes, des pas et enchainements…

Le froid non plus ne vous fera rien, en mes murs et mes galeries, un envoutement y est jeté, la chaleur des cœurs invoque une étrange alchimie offrant toujours une température parfaite pour chacun de mes invités, du moment que celui-ci est prêt à profiter de la magie de la soirée. Attention de ne pas vous enflammer pour quelqu’un, vous pourriez avoir trop chaud… …quoique si… …laisser vous brûler à la flamme de la passion… …et ne vous inquiétez pas pour la glace…
Ce doux tintement?
Ce sont mes roses qui s’impatientent que le bal commence, vous les connaissez, elles apprécient toujours autant votre compagnie, je vous invite à d’ailleurs aller promptement les saluer, comme en chaque occasion de Bal des Roses, elles réservent encore des surprises à tous nos invités ce soir.
Venez, allons-y…

Nos charmants invités,
La charmante princesse de mon cœur, mes roses enchanteresses et moi-même sommes vos hôtesses ce soir. Nous veillerons à ce que vous ne manquiez de rien, même pas et surtout pas du futile. Ce soir est une soirée d’allégresse, de passion, de folie et de magie…

Ma tendre, ouvrons ce bal avec la première valse, je vous prie…
Mmmm… Menez moi, je vous promets que je mènerai à la dernière…

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Depuis le jour où je t’ai tuée…

19 novembre 2010 à 07:47 | Publié dans Sappho | Laisser un commentaire
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Ca fait tellement longtemps, j’ai l’impression que c’était hier alors que cela fait si loin maintenant…
Je ne peux pas vraiment dire que tu me manques ou que je regrette mon geste, même si des fois j’invoque ton fantôme comme pour ressusciter en moi le temps où tu étais là. Pourtant parfois aussi, quand on me regarde si follette et insouciante, éternelle romantique fantasque comme on me dit souvent, on pourrait croire qu’il ne s’est rien passé, que je ne t’aie pas tuée, que je ne me sois pas débarrassée de toi, que je n’aie mis de la manière la plus radicale un terme à ta présence chez moi.

Certaines personnes de mon entourage te regrettent parfois. Je crois que tu manques à mes parents, ils se demandent si tu reviendras un jour, s’ils te reverront. Je leur réponds un ‘peut-être’ détaché et sans conviction, un peu amusée. Ils seraient si heureux de te revoir…
C’est bizarre. Alors qu’ils me voient heureuse sans toi, ils espèrent quand même ton retour, n’ont-il jamais compris tout ce que j’ai dû endurer par ta faute?

Comme j’ai eu mal à cause de toi! A cause de toi, j’ai subi un martyre sans nom. Si tu avais disparu de ma vie comme par enchantement, je n’aurais pas tant souffert, je ne me serais pas déchirée de douleur, mais jeune et naïve, je ne me rendais pas compte que tu étais à l’origine de tous mes maux, que tu me tuais à petit feu. Tu es restée, comme si mes tourments ne me suffisaient pas…
Puis un jour, j’ai compris que toi et moi, ça devait finir, qu’une de nous devait mourir, c’était toi ou moi, je n’avais pas le choix, même si tu commençais à t’éloigner de moi et que j’allais te perdre. Il ne me restait que cette solution, c’est toi qui nous avais mises dans cette situation. Après ce qu’on pourrait considérer comme un adieu, fataliste, j’ai mis un terme à ton existence, définitivement.

C’est vrai que j’ai été heureuse avec toi, que tu m’as fait vivre tant de moments si magiques…
J’étais jeune et ne demandais qu’à être émerveillée. J’avais les yeux pleins d’étoiles grâce à toi. Tu me faisais me sentir être la première au monde à vivre certaines choses, tu ne faisais me sentir comme une exploratrice qui découvrait un monde nouveau, et pour moi, c’était vraiment un monde nouveau.
Je ne suis pas sûre que je sois nostalgique de cette époque, ce que je vis en ce moment me convient parfaitement. Je garderai les bons souvenirs de ta présence avec moi, ils seront de petits soleils intérieurs que je n’oublierai pas.

Tu es morte maintenant, je suis la mieux placée pour le savoir. Même si j’en avais le pouvoir, je ne te ressusciterais pas. J’ai complètement refait ma vie. J’ai dû réapprendre à vivre sans toi. Tu devais occuper une bien grande place dans ma vie pour que je me sois sentie si vide intérieurement. Mais tout cela est bien fini maintenant, je suis à nouveau heureuse. Même si il y a évidemment des moments difficiles dans la vie parfois, je n’ai plus besoin de toi, tu es de l’histoire ancienne.

Tu sais, il s’est passé tant de choses depuis le jour où je t’ai tuée, mon innocence…

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