Hymne des femmes

6 décembre 2012 à 22:51 | Publié dans Musique, Penthésilée | 3 commentaires
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L’histoire veut que ce chant ait été écrit au printemps 1971, la première grande manifestation du MLF du 20 novembre 1971, la marche internationale des femmes.
Les paroles
(Je donne l’ensemble des couplets, sachant que les derniers se sont ajoutés dans le temps, voir on peut trouver des variations d’ordre)
(Sur l’air du « Chant des marais » aussi appelé « Chant des déportés »)
Nous qui sommes sans passé, les femmes
Nous qui n’avons pas d’histoire,
Depuis la nuit des temps, les femmes,
Nous sommes le continent noir.
Refrain:
Levons-nous femmes esclaves
Et brisons nos entraves.
Debout! Debout, debout.
Asservies, humiliées, les femmes
Achetées, vendues, violées,
Dans toutes les maisons, les femmes,
Hors du monde reléguées.
Refrain
Seules dans notre malheur, les femmes
L’une de l’autre ignorée,
Ils nous ont divisées, les femmes
Et de nos sœurs séparées.
Refrain
Reconnaissons-nous, les femmes
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble, on nous opprime, les femmes,
Ensemble, Révoltons-nous!
Refrain
Le temps de la colère, les femmes
Notre temps, est arrivé.
Connaissons notre force, les femmes,
Découvrons-nous des milliers!
Refrain de fin: x2
Levons-nous femmes esclaves
Et jouissons sans entraves
Debout, debout, debout !
Ecouter:
Plus d’actualité?
Vraiment?

Parce que nos sœurs tunisiennes, égyptiennes, libyennes et autres à travers le monde où on dit que les peuples se sont libérés sont libres?
Le viol, l’excision, les violences, les discriminations ont disparu?

La France n’est pas concernée?
C’est bien vite oublier qu’après l’abrogation de la loi contre l’inceste, le Conseil Constitutionnel a abrogé la loi contre le harcèlement sexuel, trahissant toutes celles qui étaient engagées dans des procédures…

Que dire encore des plus de 100 centre d’IVG et la foule de maternités fermées pour rendre la médecine « rentable »… Idem pour les budgets du planning familial sabrés et le fait que le seul centre d’hébergement du SAMU social pour les femmes ait fermé pour les mêmes raisons.

Pourquoi les victimes de viol ou d’agressions sexuelles sont si généralement considérées menteuses quand elles ne sont pas raillées? Pourquoi les plaintes sont si souvent requalifiées à la baisse quand elle ne sont pas tout simplement jugées irrecevables alors que les faits sont là? La présomption d’innocence est détournée pour devenir un déni de victimité dans ces affaires, quand la victime n’est tout simplement pas accusée d’être à l’origine de ce qui lui est arrivé.

Pourquoi les violences conjugales sont-elles toujours si mal gérées, par banalisation de la part des autorités et manque de structures?
Pourquoi des soldats de mon pays meurent-ils en Afghanistan pour protéger un gouvernement qui a très officiellement légalisé le viol conjugal et où les dignitaires jouissent d’une totale impunité?

Comment se fait-il qu’un joueur de football sollicitant une prostituée mineure puisse représenter mon pays à l’international?

Pourquoi alors que la première loi sur l’égalité salariale date de plus d’un demi-siècle (arrêté du 30 juillet 1946, puis loi du 11 février 1950), cela n’est toujours pas respecté?

Pourquoi de l’histoire de toute les IVe et Ve République, alors que la constitution le prévoit, il n’y a eu qu’une seule Première Ministre? (Oui, je féminise volontairement la nomination de la fonction en opposition avec l’académie française.)

Quid du plafond de verre des différences salariales à fonctions et formation égales, des discriminations à l’embauche et à l’évolution de carrière,…?
Quid de la proportion de femmes dans les représentations nationales et les hautes fonctions privées ou publiques?

La liste est encore longue, trop longue pour être exhaustive…

Ca se résume en une question:
Pourquoi en cette fin de 2012 en est-on encore à devoir réclamer nos droits et devoir nous battre pour eux?
manifeministe2
Manifestation du 24 mars 2012 à Bordeaux (où il a été entendu) en réaction à la « marche pour la vie » (traduire: anticontraception et antiIVG).

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Les Monologues du Vagin

9 avril 2011 à 09:22 | Publié dans Penthésilée, Sappho, Z'inclassables | Laisser un commentaire
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Les Monologues du Vagin
Nous avons un long voyage devant nous. Et ceci est le commencement du voyage. Voici le lieu pour penser à nos vagins, pour apprendre grâce à ceux des autres femmes, pour écouter des histoires et des points de vue, pour répondre à des questions et pour nous en poser. Voici le lieu pour s’affranchir des mythes, de la honte et de la peur. Voici le lieu pour s’entrainer à dire le mot, parce que, comme chacun sait, c’est le mot qui fait avancer et c’est le mot qui rend libre. « Vagin ».
Voilà un pièce qui est devenue un des classiques du féminisme moderne.

Beaucoup de monde en a entendu parler, ils ont un grand succès, mais je m’aperçois finalement que même son titre fait peur. Il fait peur parce qu’il brise le tabou d’évoquer directement le sexe féminin, c’est d’ailleurs un point évoqué dès le début de la pièce.

La plupart aiment, d’autres détestent, mais celles qui détestent, pour ce que j’ai pu en entendre, c’est plus parce qu’elles ont été choquées du ton et du sujet, trouvant une vulgarité là où il n’y en a aucune.
L’histoire de la pièce
La pièce a été créée en 1996 par l’auteure/comédienne féministe Eve Ensler pour être jouée à Broadway.

Pour l’écrire, pendant deux ans plus, Eve Ensler a interviewé sur leur sexualité près de 200 femmes de multiples pays, cultures et âges, les a interrogées et laissées parler. Le résultat est cette pièce où le ton varie du léger au grave, en passant par le ridicule et toute une palette d’émotions.

Depuis, la pièce, qui a connu un énorme succès, a été traduite en une cinquantaine de langues et jouées dans plus de 130 pays.

Normalement la pièce est prévue pour être jouée par trois comédiennes de générations différentes, cependant, l’esprit de la pièce ne rend pas cela incontournable et diverses adaptations et écarts peuvent se faire sur de nombreuses petites choses, tant que ça conserve l’esprit de la pièce.
Les Monologues du Vagin
V Day
Il s’agit d’une association lancée aussi par Eve Ensler pour lutter contre les violences faites aux femmes.
Cette association aide aussi des bénévoles à monter la pièce (ou d’autres liées) afin de récolter des fonds pour des associations d’aide, généralement locales, mais rien ne vous empêche d’aider une asso internationale.
http://www.vday.org (Il y a une zone en français.)
Mon avis
J’ai adoré !

Il ne faut surtout pas partir avec une idée toute faite sur la pièce, simplement se laisser prendre par elle. Il y a toute une atmosphère qui se crée à laquelle il ne faut pas résister.

Entre lire la pièce et la voir jouer, il y a un monde. Ce n’est pas du tout la même chose entre lire et entendre les textes déclamés par des femmes, cela donne une toute autre dimension. Ce n’est plus une lecture intellectuelle, ça devient quelque chose d’exprimé et totalement humain, féminin. Rien que le fait d’entendre le mot « vagin » dans ce contexte, avec ces histoires est une composante majeure de la sensibilité et de l’ambiance.

Tant qu’à faire, allez jeter un œil par là:
http://www.infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=509
Quelques extraits histoire de voir le ton

Les Monologues Voilés
Les Monologues Voilés
Suite à avoir amené à une représentations des Monologues du Vagins un groupe de musulmanes, à l’instar de Eve Ensler, Adelheid Roosen a interviewé plus de 70 femmes issues de cultures musulmanes. Le résultat en est cette pièce de 12 monologues de femmes comme témoignages de leurs réalités.

Comme pour les Monologues du Vagin, le résultat aborde de nombreux aspects de la vie de ces femmes, parfois légèrement, parfois violemment.

Sur scène: trois comédiennes et une musicienne.


Une interview des comédiennes:
http://www.dailymotion.com/video/xcojj4_les-monologues-voiles_fun
(Faire quelques sauts parfois)
Je n’ai pas vu la pièce, mais je serais intéressée. Si quelqu’un l’a vue, ne pas hésiter à me laisser un com’ pour me dire ce que vous en avez pensé.

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A toi, Sphynge, je pose mon énigme…

29 novembre 2010 à 08:25 | Publié dans Circé, Sappho | Laisser un commentaire
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Un petit poème pour les solitaires qui s’oublient elles-mêmes dans une course aveugle. Mesure et équilibre, la grandeur n’a qu’un temps, chacun peut chuter dans un gouffre intérieur.
A toi, Sphynge, je pose mon énigme, dévore moi si tu trouves la solution.
Quels sont les plus vides, les temples d’Aphrodite ou les cœurs de femmes?
J’en vois tant sur les rivages, ternes, marqués de leur vieil âge.

Temple vide d’amour,

ils survivent inutiles, vieux beaux qui dressent leurs hauts seuils,

oubliés d’Aphrodite.
Temple plein d’orgueil,

ils tombent en secret et baignent dans leur solitude de mousses,

oubliés d’Aphrodite.
Temple plein de vide,

le vent les parcoure tel des désert sans vie, sans réconfort,

oubliés d’Aphrodite.
J’en vois tant marcher visage terne malgré leur maquillage.

Cœur vide d’amour,

elles poursuivent les idéaux futiles qui plaisent à leur orgueil,

mais pas à leur âme.
Cœur plein d’orgueil,

elles saignent en secret et mentent sur leur solitude à tous,

mais pas à leur âme.
Cœur plein de vide,

elles parcourent un désert sans vie qui leur donne le confort,

mais pas à leur âme.
Sphynge, tu ne réponds pas; ouvre moi les portes du temple sans conditions.
Quand j’y serai, tu auras la solution, il sera plein du cœur d’une femme.
Comme de souvent avec moi, il y a des messages secondaires cachés dans ce poème, et comme chacun le sait, le cœur est le temple de l’âme…

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Depuis le jour où je t’ai tuée…

19 novembre 2010 à 07:47 | Publié dans Sappho | Laisser un commentaire
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Ca fait tellement longtemps, j’ai l’impression que c’était hier alors que cela fait si loin maintenant…
Je ne peux pas vraiment dire que tu me manques ou que je regrette mon geste, même si des fois j’invoque ton fantôme comme pour ressusciter en moi le temps où tu étais là. Pourtant parfois aussi, quand on me regarde si follette et insouciante, éternelle romantique fantasque comme on me dit souvent, on pourrait croire qu’il ne s’est rien passé, que je ne t’aie pas tuée, que je ne me sois pas débarrassée de toi, que je n’aie mis de la manière la plus radicale un terme à ta présence chez moi.

Certaines personnes de mon entourage te regrettent parfois. Je crois que tu manques à mes parents, ils se demandent si tu reviendras un jour, s’ils te reverront. Je leur réponds un ‘peut-être’ détaché et sans conviction, un peu amusée. Ils seraient si heureux de te revoir…
C’est bizarre. Alors qu’ils me voient heureuse sans toi, ils espèrent quand même ton retour, n’ont-il jamais compris tout ce que j’ai dû endurer par ta faute?

Comme j’ai eu mal à cause de toi! A cause de toi, j’ai subi un martyre sans nom. Si tu avais disparu de ma vie comme par enchantement, je n’aurais pas tant souffert, je ne me serais pas déchirée de douleur, mais jeune et naïve, je ne me rendais pas compte que tu étais à l’origine de tous mes maux, que tu me tuais à petit feu. Tu es restée, comme si mes tourments ne me suffisaient pas…
Puis un jour, j’ai compris que toi et moi, ça devait finir, qu’une de nous devait mourir, c’était toi ou moi, je n’avais pas le choix, même si tu commençais à t’éloigner de moi et que j’allais te perdre. Il ne me restait que cette solution, c’est toi qui nous avais mises dans cette situation. Après ce qu’on pourrait considérer comme un adieu, fataliste, j’ai mis un terme à ton existence, définitivement.

C’est vrai que j’ai été heureuse avec toi, que tu m’as fait vivre tant de moments si magiques…
J’étais jeune et ne demandais qu’à être émerveillée. J’avais les yeux pleins d’étoiles grâce à toi. Tu me faisais me sentir être la première au monde à vivre certaines choses, tu ne faisais me sentir comme une exploratrice qui découvrait un monde nouveau, et pour moi, c’était vraiment un monde nouveau.
Je ne suis pas sûre que je sois nostalgique de cette époque, ce que je vis en ce moment me convient parfaitement. Je garderai les bons souvenirs de ta présence avec moi, ils seront de petits soleils intérieurs que je n’oublierai pas.

Tu es morte maintenant, je suis la mieux placée pour le savoir. Même si j’en avais le pouvoir, je ne te ressusciterais pas. J’ai complètement refait ma vie. J’ai dû réapprendre à vivre sans toi. Tu devais occuper une bien grande place dans ma vie pour que je me sois sentie si vide intérieurement. Mais tout cela est bien fini maintenant, je suis à nouveau heureuse. Même si il y a évidemment des moments difficiles dans la vie parfois, je n’ai plus besoin de toi, tu es de l’histoire ancienne.

Tu sais, il s’est passé tant de choses depuis le jour où je t’ai tuée, mon innocence…

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Soie noire

23 octobre 2010 à 09:13 | Publié dans Sappho | Un commentaire
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Un doux bruissement près de mon oreille dans les ténèbres de mes yeux fermés, puis ton souffle sur mon cou.
Sentant ta peau glisser sur la mienne, j’imagine la suavité qui parcourt ton corps en te donnant la mienne. Je sens sur mon épaule la caresse que je passe sur la tienne, puis les baisers que j’y dépose éveiller en moi de délicats délices. Un frisson te traverse que je sens au fond de moi le rendant plus profond. Ta chevelure sur moi me fait frémir alors que j’entends ton souffle court tandis que la mienne te parcourt et que le mien s’accélère.
Je me plais et me donne au plaisir que tu me donnes et que mon plaisir te donne, j’en prend celui que tu prends pour que tu prennent de celui que je prends, unies d’une même félicité, d’une même extase, un souffle charmant des charmes affolants…

Un sombre labyrinthe sensuel,

Deux foulards de soie noire…

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