Comment séduire une lesbienne quand on est un homme… (2)

2 mai 2012 à 22:43 | Publié dans Arc en ciel, Z'inclassables | 33 commentaires
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Il ne s’agit pas là de la suite de mon article « Comment séduire une lesbienne quand on est un homme… », mais plutôt d’une réaction aux commentaires qu’on peut y lire, voire ceux que j’ai rejetés parce que trop vulgaires.
Bisexualité
En fait, c’est surtout une réaction à un étrange phénomène:
Ces messieurs ne semblent absolument pas envisager que les bisexuelles puissent exister !

« Oui… Mais j’ai connu une lesbienne, elle m’aimait… Entre nous… bla, bla, bla, bla… »
Pas une seconde il ne leur a traversé la tête d’une femme qui peut avoir une attirance amoureuse ou sexuelle parfois pour un homme, parfois pour une femme est une bisexuelle et non une lesbienne/homosexuelle!
Personnellement, je trouve ça assez phénoménal…
Il sont en train de me décrire une situation qui colle parfaitement à la définition de ce qu’est la bisexualité et là, vlan, « lesbienne ».
Il y a quand même un problème, non?

Je veux bien qu’il y ait ce fantasme pourri, mais quand même, ça n’explique pas tout à vouloir voir des lez là où il y a des bies. (Houhou… Elles existent aussi…)
Ce n’est pas mon genre de juger de l’orientation amoureuse de chacun(e), je ne considère pas qu’une soit plus honorable que l’autre, mais à un moment il y a des évidences qui devraient arriver au cerveau, non?

Bon, je veux bien que psychologiquement, on ait parfois des trucs bizarres, moi-même j’ai eu.
Je sortais avec ma première petite amie depuis quelques mois qu’aucune de nous deux ne s’envisageait « lesbienne » ou « homosexuelle ». Si on m’en avait fait la remarque, ça aurait donné un truc absurde du style:
– Roxane, tu es lesbienne?
– Non.
– Pourtant tu sors avec une fille.
– Oui et alors?
Alors que j’aurais été parfaitement sincère. (J’étais d’ailleurs morte de rire en voyant une scène similaire dans Lost and Delirious.) Aussi, je peux comprendre qu’on puisse avoir du mal à s’identifier à une nouvelle notion alors qu’on s’identifiait à une autre avant. Je reconnais même que ça peut être influencé par l’image vague que je pouvais avoir à l’époque de ce qu’est une lesbienne, n’ayant pas de références réelles. Mais dans ce cas de figure, ça reste pour soi, s’assimiler à une notion perturbante quand on ne s’y attend pas.

Mais je m’éloigne…
J’en arrive même à me poser d’autres questions par rapport à ceux qui me postent des commentaires…

Qu’ils n’aient pas réagi qu’ils avaient rencontré des bies, ok.
Qu’ils n’aient pas lu quand je reprenais ce qui avaient fait ce genre d’interventions avant, ok.
Mais quelle utilité à s’acharner à vouloir voir une lez à tout prix alors que je les ai détrompés et amenés à réfléchir?
J’en arrive à me poser la question de la raison d’un tel acharnement face à une évidence logique. Je leur arrache leur « trophée » en leur montrant que ce n’est que du vent et qu’en réalité ça n’a rien d’exceptionnel (voire qu’ils ont été des dindons), donc eux non plus? Je ne vois que ça.
Dans la vie courante
Toujours au chapitre bisexualité, on trouve des tas que raisonnements et questions étranges auxquels la simple réflexion basique donnerait la réponse évidente.
Une lesbienne peut-elle être attirée par un homme?
Une lesbienne peut-elle avoir envie de coucher avec un homme?
Là, encore, c’est d’un niveau de débilité affligeant.
En transposant avec un homme hétéro, il devient évident que dans ce cas, ce n’est plus de l’hétérosexualité, mais encore une fois de la bisexualité.
Un homme hétéro peut-il être attiré par un homme? Là, tout un chacun réagirait, pour les lesbiennes, non.

En général, quand ça m’est posé directement, c’est plutôt du style:
Mais tu ne t’es jamais sentie attirée par un homme? ou
Tu n’as jamais voulu essayer avec un homme? voire
Comment tu sais que ça ne te plairait pas avec un homme?
Outre le fait que parfois je clashe directement parce que la personne n’a pas le degré de proximité suffisant pour aborder avec moi cet aspect de ma vie intime, je retourne souvent la question à la personne, voire en l’adaptant. D’ailleurs, je ne sais pas d’où certains vont inventer que sous prétexte que je suis lesbienne, ma vie intime devrait être publique…
Toujours est-il qu’une fois la question retournée, d’un coup ça bredouille, ça sort généralement un truc plus ou moins vaseux, à moi d’orienter la suite selon les circonstances et ce que je veux comme sortie de discussion, mais jamais je ne reviens sur moi, je reste sur l’interlocuteur pour lui faire prendre conscience des choses, le casser un peu plus ou le retourner dans ses certitudes.
Quand ça vient de femmes, c’est moins marrant que quand ça vient d’un homme. Effet pervers des restes patriarcaux de notre société, cela les choque plus surtout en envisageant le côté dit « passif ».
Les réponses à ces questions et bien d’autres sont pourtant logiques et évidentes, mais non, certains ont besoin de les poser.

Ca ne vole pas plus haut que le tout aussi stupide:
C’est que tu n’as pas rencontré le bon.
Mais de quoi ils se mêlent? Si je suis heureuse avec une femme, n’est ce pas là le principal. D’abord, c’est quoi « le bon »?
D’ailleurs, je ne me prive pas non plus de retourner leur argument, disant même parfois à un homme marié que je vais téléphoner à sa femme pour lui dire que son mari est gay et qu’il n’est avec elle qu’en attendant d’avoir trouvé « le bon ».
Alors ça clashe…
Et bien, oui, ça clashe.
Parce que toutes ces âneries à force de revenir, ça énerve. De temps en temps ça prend une autre forme, mais ça énerve quand même.

« Oui, mais on pourrait discuter au moins… » Non, on ne peut pas. Parce qu’il y en a marre depuis le temps, parce qu’il y a forcément une idée inavouée derrière, parce que ce sont généralement les mêmes âneries, parce qu’on a pas à se justifier d’un non-choix, parce qu’on a pas à tolérer que l’autre nous remettre personnellement en cause sur ce non-choix, parce qu’on ne nous aborderait pas ce sujets s’il était évident pour l’interlocuteur que nos sentiments sont normaux, parce que l’interlocuteur arrive avec ses théories toutes faites dont il ne démordra pas et attendra qu’on les valide, etc., etc., etc…
Mais mince, à la fin, c’est quoi que vous n’assumez pas pour vous-mêmes ?
Avant de venir nous dire ce que nous sommes ou ce que nous devrions être, commencez par vous poser la question du vrai pourquoi vous venez vers nous avec ce genre de discours.
Vous allez vous trouver la « raison officielle », mais si vous en avez vraiment le courage, allez plus loin, vers celle qui est plus personnelle et plus profonde, celle qui ne vous plaira pas à cause de ce qu’elle vous renverra de vous-mêmes.
Le viol « correctif »
Bon, je m’éloigne encore un peu du thème central de l’article, mais comme ça a été abordé, oui, ça existe.

Comment quelqu’un de mentalement normal peut-il concevoir qu’en violant une lesbienne, celle-ci se retrouvera par miracle hétérotte?
Elle aura subi une violence sexuelle masculine et se retrouverait d’un coup attirée par les hommes… Il faut être complètement taré pour ne serait ce qu’envisager la chose.

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L’Âme de la Tapette Conquérante…

4 octobre 2011 à 21:45 | Publié dans Arc en ciel, Penthésilée | 3 commentaires
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Je n’aime pas le sport, je ne m’en suis jamais cachée, tant à en pratiquer, ou le regarder, à la télévision ou ailleurs. Rien à faire, ce n’est pas mon truc, je n’accroche pas. Le seul truc à la rigueur, c’est quand il y a eu la coupe du monde de foot-ball féminin il y a peu, juste pour comparer par rapport à l’équivalent masculin. C’est fou la différence de moyens, tant financiers que médiatiques, accordés aux pratiquantes, mais c’est un autre débat…
Là, ce qui m’intéresse est le retour sur les polémiques concernant David Douillet et ses propos tenus dans son livre de 1998 « L’Âme du conquérant », suite à une question à Roselyne Bachelot sur Europe1. Sa première réaction reste quand même sans appel…
On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes!

Il arrive dans la même phrase à être à la fois sexiste et homophobe.
Voilà, le décor est posé, il ne reste plus qu’à signaler que le comité IDAHO a déjà réagit à cette nomination en émettant des inquiétudes sur la poursuite des politiques entamées pour lutter contre l’homophobie dans le sport.
Revenons sur les propos du livre:
Je préfère le repréciser, c’était en 1998, donc il y a 13 ans.

  • On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. Sauf les tapettes!
  • Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n’est pas quelque chose de naturel, de valorisant.
  • C’est la mère qui a dans ses gènes, dans son instinct, cette faculté originelle d’élever les enfants. Si Dieu a donné le don de procréation aux femmes, ce n’est pas par hasard.
  • De fait, cette femme-là, quand elle a une activité professionnelle externe, pour des raisons de choix ou de nécessité, elle ne peut plus jouer ce rôle d’accompagnement essentiel. (…) Je considère que ce noyau est déstructuré. Les fondements sur lesquels était bâtie l’humanité, l’éducation en particulier, sont en partie ébranlés.
  • Pour l’équilibre des enfants, je pense que la femme est mieux au foyer, à gérer affectivement la cellule familiale, quel que soit d’ailleurs le niveau social concerné. (…) J’ai une authentique admiration pour les femmes qui vouent leur vie aux leurs.

1998… Il a 29 ans le gars…
Et il trouve normal d’écrire ça dans un livre sans honte…

Ca remonte en 2009…
A l’occasion de son entrée en politique, le Canard Enchainé à fait remonter ça.
C’était passé globalement inaperçu jusqu’alors, ce livre ne devant représenter qu’un faible intérêt au niveau du grand public, ce que je comprends aisément.

Gêné par ses propres propos remontant en surface, c’est ainsi qu’on apprend de la part de son auteur que les « tapettes », ça n’a rien d’homophobe de sa part, pour lui, ce sont « les hommes qui ne s’as­sument pas » d’après sa définition.
Il faudra m’expliquer en quoi avec cette explication (bancale), la phrase entière ne reste pas un pur morceau de machisme. Il faudrait aussi qu’il explique ce que ça veut dire « s’assumer » pour un homme selon ses critères. Ca n’enlève rien aux autres citations non plus, qui restent parfaitement misogynes et machistes.
Et donc, le 05/11/2009:

D’accord, alors, on peut l’avoir l’explication pour savoir ce que voudraient dire l’ensemble de ces propos si ce n’est pas misogyne?
Non, parce que « On dit que je suis misogyne. Mais tous les hommes le sont. », ça ne voudrait pas dire ça, ça veut dire quoi alors, un complément aurait été le bienvenu pour compréhension…

« expressions communes », « on peut leur faire dire tout et n’importe quoi »… Mais bien évidemment, les quatre dernières citations sont aussi des expressions communes auxquelles on peut faire dire tout et n’importe quoi
Ce n’est pas toutes nous prendre pour des couillonnes là?
Revenons en 2011…
Article dans Le Parisien du 02/10/2011

  • Ce qui est étonnant, c’est qu’une phrase, sortie de son contexte, arrive aujourd’hui, quinze ans plus tard. C’est fou, et même d’une médiocrité sans nom. Il s’agissait à l’époque d’une discussion de vestiaire. J’avais 20 ans. J’en ai 42 aujourd’hui. Cette expression était malheureuse. Je la regrette. Elle n’est pas ce que je suis.

Euh… Elle était déjà arrivée et elle n’est pas la seule…
Il y a déjà eu l’occasion d’y donner explication, mais ça n’a jamais été fait.

« J’avais 20 ans. J’en ai 42 aujourd’hui »
Euh… En 1998, Il n’avait pas 20 ans, mais 29, moitié de vie en plus, ce n’est pas un détail. Dire « quinze ans plus tard » au lieu de treize, à la rigueur, mais 20 ans au lieu de 29 ans, ça fait 22 ans au lieu de 13, ça ne le fait plus…
J’ai actuellement 26 ans, donc plus jeune que lui quand il a émis ces propos, je me vois mal utiliser l’excuse de jeunesse pour des propos que je tiendrais maintenant. A 29 ans, on est censé avoir une certaine maturité et expérience de la vie, non? Rien que par ce « J’avais 20 ans. » totalement bidon, la suite est discréditée et ça convainc d’autant plus qu’il n’y a rien de sincère dans ces regrets et son déni. Ca sonne même comme se fiche de notre poire…

De même, une « discussion de vestiaire » quand on la met en conscience dans un livre qu’on publie, dont on touche des droits d’auteur, ça n’est plus une simple discussion de vestiaire, c’est un écrit destiné à être partagé.

Qui est une tapette?
Pour moi, « un homme qui ne s’as­sume » est capable de reconnaitre qu’il a dit une énormité, assumer l’avoir dite et l’expliquer.
Un homosexuel qui fait son coming-out est pour moi « un homme qui ne s’as­sume » et a bien plus de courage et d’honnêteté qu’un champion de judo poids lourds de 1,96 m qui n’assume pas des propos qu’il a tenus dans un livre. C’est ça aussi s’assumer.
Alors tant qu’à parler de « médiocrité sans nom », j’ai mon avis personnel de savoir où se situe la « médiocrité sans nom »

On peut même en tirer des conclusions « étranges » à partir de ses propres propos…
Démonstration:
Dans un premier temps, il affirme que tous les hommes sont misogynes sauf les tapettes.
Dans un second temps, il affirme ne pas être misogyne.
Conclusion: Je vous laisse la tirer tous seuls…

Toute la nuance était dans le « On dit que », comme il affirme que ce n’est pas vrai, tout se trouve dans le « sauf »…
Franchement, c’était finement amené…
Droit à changer, évoluer et changer d’opinion
Oui, chacun y a droit.
Mais pour en bénéficier, au moins faut-il reconnaitre ses erreurs anciennes et en répondre si elles ressurgissent plutôt que simplement dénier des évidences.

On a aussi le droit de commettre des maladresses, mais là aussi il faut le reconnaitre et les expliquer, sinon, ça reste.
Comme déjà marqué quelques fois sur ce blog, j’en ai entendu des bien pires dans des maladresses de la part de mon entourage amical, mais eux au moins, ils ont l’honnêteté de faire face aux monstruosités qu’ils ont dit et de les assumer pour ce qu’elles sont après avoir compris l’impact et les conséquences de celles-ci, pas sur leur image personnelle, mais bien sur la vie des gens.

Parler ensuite de « médiocrité sans nom » alors qu’on assume pas ses propos après avoir dit que « tapettes » désigne des « hommes qui ne s’assument pas », on croit rêver!
Là, on est en plein dedans!
Il y a un truc qui s’appelle un miroir dans lequel on peut se regarder en face…

Des gens ayant changé d’avis sur l’homosexualité ou des hommes reconnaissant leur passé machiste primaire, j’en connais, mais ils assument avoir eu à une époque de leur vie ces idées. Ils ont évolué, ont reconsidéré leur système de valeurs et n’ont pas à être considérés pour quelque chose qu’ils ne sont plus.

« Cette expression était malheureuse. Je la regrette. Elle n’est pas ce que je suis. »
C’est trop facile, je regrette et baste!
Outre que cela n’enlève rien à ses propos sur les femmes, ça voudrait dire qu’on peut sortir n’importe qu’elle monstruosité publiquement et balancer un vague regret qui excuserait tout?
Il y a d’autres réalités derrière tout ça: Le taux de suicide chez les jeunes homosexuels. Il y a aussi les discriminations salariales chez les femmes et les obstacles à l’évolution de carrière, les actes homophobes et misogynes en général qui sont toujours là.
Donc, non, il ne suffit pas de dire qu’on se passe l’éponge d’un ton agacé, il faut au moins des explications derrière parce qu’il y a aussi des personnes bien réelles pour lesquelles ces propos sont loin d’être anodins pour leur vie quotidienne.
Pour moi, l’ardoise est toujours là et ses propos sont toujours à son crédit.

Je dirais même mieux:
Dans ce genre de cadres, donner une explication cohérente et honnête tient même de la décence.
De là, je me réserve le droit d’avoir mon propre jugement sur la personne publique, mais aussi sur la personne en tant qu’individu.

Même si je n’aime pas le sport, on m’a souvent répété que le sport et le judo en particulier se devait de véhiculer un certain nombre de valeurs.
Je me marre !
Il s’agirait de le rappeler à quelques « célébrités » du domaine sportif…

« Pour moi, une femme qui se bat au judo ou dans une autre discipline, ce n’est pas quelque chose de naturel, de valorisant. »
Ca promet pour le sport féminin et le judo en particulier avec un tel ministre…

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Qu’est ce que la virginité ?

28 décembre 2010 à 09:26 | Publié dans Circé, Sappho | Laisser un commentaire
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Ca a l’air tout bête, mais lors d’échanges avec des amis des deux sexes, il s’avère que la perception de la chose varie et quand on creuse un peu plus sur la définition, les nuances apparaissent, la nécessité de définir d’autres termes entrent en ligne de compte et finalement, des tas de choses deviennent relatives.
Gustav Klimt - Les Vierges
Aussi, mon but ici ne sera pas de donner une réponse définitive, mais juste démontrer la relativité de celle-ci.
A titre d’anecdote, ma grand-mère maternelle (avec laquelle l’éloignement est acté maintenant) me considère toujours vierge, du fait de ne jamais avoir eu de rapports masculins.
Le top étant le jour où elle était invitée chez nous et nous a sorti un:
Mais si vous voulez avoir des enfants, il vous faudra bien perdre vos virginités.
(C’est dur parfois de se retenir d’un fou rire…)
On en vient donc à des tas de questions:
A quoi correspond cette notion, sa définition générale?
A quoi correspond elle au féminin?
A quoi correspond elle au masculin?

On en vient donc à d’autres questions
A-t-elle une importance? Si oui, laquelle?
Cette importance est elle différente au féminin ou au masculin?

Je me suis aperçu lors d’une discussion que cela débouchait sur ces déports pour la définition:
Qu’est ce qu’un rapport sexuel?
Les préliminaires en sont-ils? Les attouchements, les rapports buccaux, etc….?

Mes réponses qui n’engagent que moi
A quoi correspond cette notion, sa définition générale?
Il s’agit simplement de l’état d’un individu n’ayant pas encore commencé sa vie sexuelle.
Elle n’a vraiment de sens qu’à partir de la puberté, avant, c’est le domaine de l’enfance et ne devrait pas être « impliqué », même si certaines choses peuvent commencer à être expliquées.

Dans les faits, celle-ci ne peut se considérer qu’avec un partenaire. Je partirai sur la notion positive que ce soit un rapport consenti, même si les conséquences du viol soient les mêmes mais avec des effets négatifs et dévastateurs.

Le plus simple est de parler des modalité de sa perte. Allez, soyons crus, ne tournons pas autour du pot…
De même, il faut considérer la chose du point de vue de la personne et non les deux partenaires. Aussi paradoxal que ça puisse sonner, je considère que lors de rapports, on puisse considérer que les deux partenaires ne se situent pas sur un même plan. J’essaierai de rester la plus généralistes, mettant sur le même plan homosexualité et hétérosexualité.

A quoi correspond elle pour vous au masculin?
A une pénétration active péniale ou passive anale.

A quoi correspond elle pour vous au féminin?
A une pénétration vaginale ou anale.

De là, j’aurais tendance à le pas y inclure les rapports buccaux (fellation, cunnilingus, anulingus). La raison en est que les principales sensations sont sur le/la partenaire et que la bouche ne dispose pas du même genre d’éléments sensitifs.
C’est pour cette même raison que j’exclurais aussi les rapports digitaux actifs ainsi que ceux avec jouets (sextoys).
C’est ainsi que je parlais de déséquilibre possible entre les partenaires, du fait de ma correspondance pour chaque sexe.

La question du rapport clitoris-pénis.
La encore, ça me parait un paradoxe, un rapport purement situé au niveau clitoridien ne me parait pas dévirginisant, même si ceux-si peuvent être parfaitement satisfaisants. Même si biologiquement, leur origine est similaire, au bout du compte, leurs fonctions sont différentes.

Complétude?
Le fait que ce rapport soit ou ne soit pas allé à son terme ne me parait pas non plus un critère significatif, l’acquisition de la sexualisation est initiée, et c’est là que je situe le palier. Idem sur l’éjaculation. Je sais bien que dans un logique masculine, l’éjaculation reste généralement un critère, mais même conséquences que précédemment, l’acquisition de la sexualisation est initiée.

Et la masturbation?
Sans partenaire, donc non, il n’y a pas eu cet échange.
Par un(e) partenaire, on revient dans la considération d’un rapport.

Relativisme
Ce que je viens d’énoncer n’est que mon avis, après, certaines personnes diront oui et d’autres non pour chaque pratique non-vaginopéniale.

Au féminin, remarque sur l’hymen
Par lui même, il n’est pas indicateur.
Celui-ci peut se déchirer pour une foule de raisons.
De même, la grande hypocrisie de certaines filles ayant des rapports anaux pour « rester vierge » est une vaste fumisterie, elle ont déjà commencé à avoir une vie sexuelle.
Inversement, je considèrerais qu’une masturbation féminine pénétrante (même avec jouet), du fait de l’absence de partenaire réel, n’est pas élément de considération de perte de virginité.

Cependant, sur ce point de l’hymen, de nombreuses cultures le considèrent comme élément de référence. La culture occidentale n’y échappe pas, même si on commence à y comprendre que des activités courantes peuvent lui faire son affaire…
Je passerai sur cette monstruosité que sont les « certificats de virginité », il faut vraiment être névrosé(e)s pour en arriver là, cela va à l’encontre de toute dignité humaine.
Toujours sur l’hymen, en parallèle de ces certificats, il y a les reconstruction d’hymens par la chirurgie. Il est tellement important que Monsieur ait son hymen… Il vaudrait donc mieux commencer un mariage sur un mensonge et une hypocrisie, superbe valeur…

La virginité a-t-elle une importance? Si oui, laquelle?
Oui et non

Oui, dans le sens où à la sortie de l’enfance, l’être sexué doit se découvrir par rapport à sa future sexualité, apprendre à se découvrir en tant qu’être sexué ne maîtrisant pas encore cet aspect de sa personne. Cela tient aussi à la découverte de ses nouveaux désirs, à l’appréhension et assimilation de ceux-ci.
C’est donc une phase de transition en attendant d’être prêt(e) et avoir les bonnes circonstances (selon ses propres critères) pour passer à une vie sexuellement active. Aussi, « sauter le pas » ne doit pas se faire pour de mauvaises raisons.

Il est important que cette phase de « découverte » se passe pour le mieux.

Non, dans le sens sociétal, du moins, elle ne devrait pas.
Cela doit rester une chose dont l’individu est le seul maître, sans compte à rendre à quiconque dans ses choix, sans la moindre contrainte. La sexualité de chacun lui appartient, n’appartient pas à ses parents (même s’ils peuvent conseiller), ni à la société.
Certaines cultures ne pensent malheureusement pas comme ça et se montrent intrusives dans la découverte de sa sexualité par un individu. La sanction tombe, allant de l’opprobre, en passant par le mariage forcé, pour aller jusqu’à des « crimes d’honneur » (…comme s’il y avait le moindre honneur à se comporter comme un monstre inique sanguinaire…).

Cette importance est-elle différente au féminin ou au masculin?
Pour moi, non.
Pour trop de monde, malheureusement, oui.

Il est cependant désolant de constater qu’une différence de perception existe culturellement parlant pour ce qui est du cadre hors-mariage, même si cela a diminué, c’est toujours présent. C’est plus ou moins marqué selon la culture des individus, mais c’est incontestable.

Il est tout aussi navrant de constater la différence de perception au niveau des adolescents entre filles et garçons.
Il est vierge: Le pauvre…
Il n’est plus vierge: Waw! C’est un héros!
Elle est vierge: C’est une fille coincée.
Elle n’est plus vierge: Waw! C’est une salope!
Il n’est plus vierge, mais avec un garçon: C’est une fiotte! Tafiole! Tarlouze!
Elle n’est plus vierge, mais avec une fille: C’est quoi c’te gouine, ‘faut lui apprendre la vie.

Je passe volontairement les cultures les plus obscurantistes et ouvertement misogynes, je n’ai que mépris pour elles.

Qu’est ce que ça m’évoque d’autre?
Quoi? Il n’y en a pas assez?

Assez, si pourtant, une remarque par rapport à la logique de la virginité en attendant le mariage.
Outre le fait qu’un certain nombre d’entre nous seraient obligés d’attendre un changement législatif, cela est vain, voire vaniteux.

Je m’explique…
Même si cela est souvent lié à des notions religieuses, cela tient d’un désir de flatter l’ego et la vanité. De qui en fait? Des deux futurs mariés. « Je suis resté(e) pur(e) avant le mariage. » d’un côté, « Je l’ai eu(e) vierge. » de l’autre.
On tombe en plein paradoxe religieux, car la vanité est en même temps condamnée aussi par la même religion.
Si c’est purement culturel (même si l’origine est quand même religieuse), ça n’est pas mieux, ça tient de la même vanité.

C’est encore pire quand cela est annoncé ouvertement comme un objectif. L’idée véhiculée est « Je suis supérieur(e) aux autres qui n’ont pas tenu ça. », même si ce n’est pas conscient. Si en plus, c’est vanté une fois le mariage consommé, on atteint des cieux de vanité. Mais Dieu est content, surcouche sur surcouche d’ego.
Evidemment, les cas « Je n’avais pas trouvé avant. », « J’avais une trouille bleue de le faire. » et « L’autre n’osait pas avant. » ne tiennent pas de la démarche volontaire et ne sont pas concernés.

Mais là encore, ça serait trop simple.
L’implication de l’imprégnation de ce schéma religieux reste même dans un contexte culturel qui s’en est dégagé. Ceci peut se prendre sous une succession directe avec pression sur la réserve des filles ou en réaction avec une déstructuration inverse qui mène à ne plus se respecter soi même et ne plus se laisser son temps de découverte.
Et on arrive à un autre débat et aux conneries de certaines adolescentes actuelles confrontées et mal armées face aux restes masculins de pensée patriarcale et de supériorité masculine.
Mais c’est je le répète, un tout autre débat civilisationnel.

L’importance de la virginité liée au modèle patriarcal ?

J’ai perdu ma virginité,
mais j’ai toujours l’emballage d’origine.
Personnellement, je dirais que c’est généralement le cas.

La preuve qui semble la plus évidente est le fait que celle-ci est d’autant moins importante que la société est égalitaire entre hommes et femmes.

Notre civilisation occidentale se dépatriarcalise et effectivement, cette importance diminue, alors que nous constatons que celle-ci reste importante dans d’autres cultures encore très emprunte de patriarcat, principalement pour des raisons religieuses. Ce sont d’ailleurs les mêmes raisons qui ont patriarcalisé notre civilisation en son temps.

Cependant, un autre constat doit être fait: Il s’agit de la même souche religieuse. Complétons avec encore un autre constat: d’autres société patriarcales fortes par le passé ont existé et semblaient bien moins intéressées par cet aspect.
Mais là encore, il ne s’agit pas de conclure trop vite que c’est une spécificité judéo-chrétienne, car d’autres souches possèdent cette particularité sur la virginité.
En gros, on pourrait dire qu’il y ait deux types de patriarcats sur ce sujet, un très intrusif dans la vie sexuelle et l’autre non.

Toujours en cherchant en comparant diverses civilisations patriarcales, on remarque un phénomène parallèle: la considération des femmes.
Dans ces patriarcats intrusifs, la misogynie est à outrance, les femmes sont réduites au silence et à la servitude selon les principes officiels, dans les autres, elles n’ont pas droit de décision sur les affaires publiques, cependant elles ont droit de parole et occupent des positions stratégiques au fonctionnement de la société.

Deux exemples:
Sparte: Les spartiates sont légalement interdits de commerce et de gestion, ce sont leurs épouses qui s’occupent des affaires, elles peuvent s’exprimer en conseil et tiennent tête à leurs maris.
Nordiques (viking): Les hommes règnent sur ce qui est extérieur au foyer, les femmes règnent sur ce qui est interne au foyer, elles ont droit de parole aux assemblées et droit de divorce.
Dans les deux cas, elles sont pleinement gestionnaires de leurs biens et ont délégation pour ceux de leurs maris.

En gros, ça pourrait se résumer entre patriarcat misogyne et patriarcat politique.

Le patriarcat « politique » sort donc de mon contexte.

En continuant ce le patriarcat « misogyne », on remarquera d’ailleurs une grande hypocrisie à la virginité. Même si il y a parfois considération de la virginité masculine, c’est loin d’être une règle dominante et la différence de considération de perte hors mariage est totale.
Là où il y a considération de la virginité masculine hors mariage, hors homosexualité, ça n’est pas socialement considéré comme une grande faute, alors qu’au féminin, ça en est une au contraire.
A-t-on jamais vu un crime d’honneur ou un mariage forcé pour perte de virginité masculine seule?
A-t-on jamais vu un homme se faire traiter de prostitué parce qu’il avait perdu sa virginité hors mariage?

Il est quand même à remarquer toujours dans cette logique tordue que s’il s’agit d’une ‘perte de virginité homosexuelle’, d’un seul coup, un homme s’expose à des sanctions similaires à celles d’une femme, voire pire…

Religion
J’y reviens un bref instant pour quelques remarques:
Est ce un hasard si…
– le christianisme ait fait naître Jésus d’une vierge?
– des vierges attendent les martyrs en islam?
– Mahomet a connu sexuellement Aïcha quand elle avait 9 ans et qu’elle était sa préférée car il l’a eue vierge?
– si les divers patriarches hébreux insistaient tant sur la virginité de leurs filles?

Voilà, parenthèse finie, je vous laisse conclure par vous-mêmes…
Du fait de sa considération principalement féminine, dans cette forme de patriarcat, la pression à la virginité tient du contrôle des femmes.

Allons plus loin…
Fantasme masculin
Je précise masculin, car même si on le trouve parfois dans l’autre sens, il est plus généralement rencontré dans celui-ci.
Il s’agit bien entendu d’un héritage culturel.

Il peut correspondre deux motifs:
– La course à l’hymen
– L’initiateur

Pour le premier motif, l’hymen de la vierge est considéré comme un trophée. Ca tient du tableau de chasse. L’objectif est la défloration et la personnalité/individualité de la proie est totalement ignorée. Le malsain de cette approche va même dans certains cas extrêmes au recours à la prostitution où la défloration est monnayée.

Pour le second motif, c’est aussi cet orgueil à la virilité qui entre en jeu, mais de manière un peu différente. Il s’agit d’avoir été le premier à faire découvrir à un fille/femme le plaisir sexuel. Là aussi, ça tient du tableau de chasse. La principale différence se situe donc principalement dans la manière d’envisager la proie.
En dérivé de ce second motif, on trouve aussi un fameux fantasme sur les lesbiennes où le héros de virilité se positionnerait comme étant le premier à leur faire découvrir le vrai plaisir sexuel.

Toujours dans l’aspect dérives, on en arrive à des dérives de vente comme le montre -cette petite recherche-. Outre le fait qu’il est totalement malsain de commencer sa vie sexuelle de cette manière, disons le, en se prostituant, force est de constater qu’il y a des hommes pour y répondre.

Perception homme-femme
Toujours d’un point de vue héritage culturel, comme j’avais commencé à l’aborder plus haut avec les adolescents, les virginités masculines et féminines ne sont pas envisagées de la même manière.

Dans notre culture, les garçons seront poussés, se pousseront entre eux à la perdre le plus vite pour se faire leur expérience. On attend plus de réserve de la part des filles. Plus généralement, on attendra d’une fille qu’elle fasse attention et sera potentiellement considérée comme une salope là où un garçon n’aura pas ce genre de problèmes.
Il y a bien évidement l’aspect « risque de grossesse » généralement complètement laissé à la responsabilité des filles, mais cela n’explique pas tout. De même, on trouve le fait que pour un garçon la prise de virginité devienne objet de vantardise.

Dans ce contexte, j’aurais tendance à dire qu’un rééquilibrage des choses serait fortement souhaitable. Ce motif culturel représente une pression tant pour les filles que pour les garçons. Il serait plus sain que les garçons prennent plus de temps dans leur esprit pour acquérir leur sexualisations et que les filles n’aient plus ce jugement, bref une construction pour les deux plus sereine dans l’acquisition de leur sexualité. Evidemment, cela reste basé sur un motif hétérosexuel, mais d’une certaine manière, cela peut aussi en découler sur le motif homosexuel, si cette construction se faisait moins sur des aprioris genrés.

Affiche du film, 40ans, toujours puceau
Mais l’âge avançant, un autre phénomène est constatable.
Un garçon/homme encore vierge à un certain âge sera considéré comme « étrange », mais ce sera moins le cas pour une fille/femme.

Hors cadre socialement vulgarisés dans leur acceptation comme le cadre monastique par exemple, la virginité masculine peut devenir bien plus objet de risée que la virginité féminine qui est plus longtemps normale.
De même, cette risée masculine touchera les deux sexes, alors qu’un virginité tardive féminine sera plus objet d’incompréhension de la part d’autres femmes et sera globalement ignorée de la part des hommes.

Rien que pour le fun…
Un extrait de « Aïcha » de Yamina Benguigui avec Sofia Essaïdi.

Ma conclusion
Comme déjà évoqué, je sépare le problème en deux: l’aspect personnel et l’aspect culturel/social.

Autant je considère que sous l’aspect personnel c’est un élément sensible de la construction personnelle lié à une période de sa vie que l’autre aspect est bien plus discutable et dans tous les cas ne devrait pas être un motif de jugement de l’individu dans une optique intrusive.

Ok, une personne (homme ou femme) est vierge, elle n’a pas commencé sa vie sexuelle active et devrait en rester là pour quelqu’un d’extérieur tant qu’on n’a pas été sollicité pour des conseils ou avis.
Si une jeune fille (voire un jeune garçon) me demande mon avis ou des conseils, je lui répondrais, mais en aucun cas je n’aurai à le/la juger, c’est à elle/lui de décider seul(e) ce qu’il/elle fait et même si je considère que c’est une erreur, je peux lui dire, mais en aucun cas la condamner socialement. La période de virginité est bien souvent une période d’immaturité par rapport à un sujet inconnu et justement tout le paradoxe du cas que de prendre une décision par rapport à une chose inconnue.

Et pour finir, pourquoi ne pas terminer par une citation de Sappho:
(Bergk 109 / Lobel-Page 114 / 131D / Cox 104)

Παρθενία, παρθενία, ποῖ με λίποισ᾽ ἀποίχῃ
Οὐκέτι ἤξω πρὸς σέ, οὐκέτι ἤξω
Parthenía, parthenía, poí me lípois̱᾽ apoíchi̱
Oukéti í̱xo̱ prós sé, oukéti í̱xo̱
Virginité, virginité, où es tu allée après m’avoir quittée?
Je ne reviendrai jamais vers toi, je ne reviendrai jamais.

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Réflexion sur le « triptyque des âges de la Femme »

7 décembre 2010 à 23:28 | Publié dans Circé | 2 commentaires
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Les trois âges de la Femme - Gustav Klimt
Les trois âges de la Femme
Gustav Klimt
Personnellement, j’aurais tendance à carrément dire « les triptyques féminins maudits ».

Mais d’abord, de quoi je parle…
Dans un contexte (pseudo-)initiatique, on retrouve souvent une classification des « âges de la Femme » ternaire.
Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai pu tomber sur ce truc, présenté avec une prétention initiatique transcendante, tant par des hommes que des femmes, qui y voyaient une chose allant de soi.
Mais les choses sont elles aussi simples et cette conception est-elle réellement initiatique, où n’est ce que la reproduction bêlante de lieux communs pseudo-mystiques appris?

Là, vous devez vous dire que je n’adhère pas, vu les termes que j’emploie. Aussi, si vous vous sentez concerné par le sujet, vous avez le choix entre arrêter là parce que vous sentez que je vais démolir un modèle en lequel vous croyez ou continuer parce que vous voulez connaitre mes arguments.
A vous de voir…
Vous pouvez aussi plonger directement à la conclusion, histoire de voir si vous prenez la peine de lire l’ensemble…
Pour les adeptes du courant qui s’est indument prétendu du Féminin Sacré il y a quelques années, je vous invites aussi à lire ces articles:
– Le Féminin Sacré
– Grande Déesse Mère et déesses individuelles
– Quand les cruchopaïennes insultent les déesses et les païennes…
– Retrouvé par hasard dans mes brouillons…
Je sais d’avance que ça ne vous plaira pas, mais si vous vous intéressez au Féminin Sacré traditionnel, ça vous changera des niaiseries du « culte du tampon usagé »…
Commençons donc…
Le triptyque de base lié à la fécondité: fille-femme-vieille
Par la suite, je récupèrerai ces nominations pour désigner les trois temps, hors « cadre de valeurs ».
En considérant la vision classique que l’on donne de la femme, on en revient souvent à un schéma lié à nos temps de fécondité:
– La fille, pas encore féconde
– La femme, féconde
– La vieille, plus féconde, ménopausée

La première réflexion qui me vient est:
Où sont les évolutions et les transitions?
Du bébé naissant à la vieille en fin de vie, tout n’est que transformations.

Ce n’est pas parce qu’à l’adolescence nous devenons fécondes, ce n’est pas pour autant que nous devenons prêtes à être fécondées. Cette fécondité et toutes les transformation tant biologiques que psychologiques doivent s’apprendre. L’adolescence n’est pas un âge innocent et sans importance, c’est là où les petites filles que nous étions deviennent des femmes, que le corps change, qu’elles doivent découvrir apprendre et maîtriser leur femme intérieure. Les sentiments amoureux apparaissent.

La seconde transition, la ménopause, est tout aussi oubliée. C’est pourtant bien aussi une phase de transformation à gérer.
Que dire des cas de stérilité qui apparaissent en pleine force de l’âge à cause d’une maladie ou d’un accident? Elles deviennent des vieilles d’un coup? Dans ce cas, je connais des vieilles qui n’ont pas trente ans.

Mais même avant, est-il sain d’envisager un bébé fille sous cet angle?

La réflexion suivante qui me vient est:
Toutes d’entre nous ne deviennent pas fécondes.
Elle ne le seront jamais, et toute la suite est faussée par rapport au triptyque. Ce ne serait pas des femmes alors? Elles seraient quoi?

Elles passent directement de fille à vieille? Ca ne serait pas très respectueux d’elles comme pour celles qui ont eu un soucis que j’évoquais précédemment.

Enfin:
On ne serait plus une femme après la ménopause?
Malheureusement, c’est vraiment vécu ainsi par de nombreuses femmes de nos jours encore. Je ne sais pas comment je le vivrai, mais toujours est-il que le schéma de n’être femme que dans sa phase fécondité est très répandu. Ca rejoint ce que j’écrivais plus au sur les cas de stérilité.

Conclusion sur ce point: caricature réductrice

J’entends déjà les protestations pour dire qu’on parle du cas général.
Je veux bien, mais dans ce cas, les autres, celles qui n’y répondent pas, on en fait quoi?
La proportion n’est pas si anecdotique. Quand bien même, n’est ce pas une considération d’exclusion par rapport à celles qui ne passent pas par la période féconde?
Ce triptyque a d’ailleurs déjà donné dans l’histoire une approche très utilitaire des femmes, où celles qui avaient le malheur d’être stériles étaient montrées du doigt, voire répudiées comme on se débarrasse d’un objet inutile (même si le problème venait du mari).
Le triptyque générationnel lié à la descendance
– Fille – sans enfants
– Femme – mère
– Vieille – grand-mère

C’est connu, pour être vraiment une femme, il faut être mère et dès qu’on est grand-mère, on est vieille, à moins qu’on ne soit pas vraiment vieille avant d’être grand-mère…

Alors que fait on de toutes celles qui ne veulent pas ou qui ne peuvent pas avoir d’enfant pour une foule de raisons?
Ce ne sont pas vraiment des femmes alors… Ca serait quoi?

Il est même tout à fait évident que quand une fille arrive en âge de fécondité, elle ne pense plus qu’à une chose: se reproduire.
Bref, reproduction dès qu’en âge pour toutes !

Conclusion sur ce point: caricature réductrice
Le triptyque marital
– Fille – célibataire
– Femme – mariée
– Vieille – veuve

Je ferais juste remarquer qu’on nage en plein délire si le fait de savoir si on est une femme est lié à notre statut marital.
A-t-on besoin d’un homme pour être qui nous sommes en tant qu’individu?
Je dis un homme, parce que c’est sous-entendu par le mariage, le mariage entre femmes étant loin d’être autorisé partout, mais surtout dans cette affirmation, la pensée sous-jacente de ce triptyque est que ce soit ainsi. Quand bien même ça ne changerait rien si le mariage entre femmes était répandu, un individu ne se définit pas par rapport à un conjoint, n’existant pas encore, existant ou n’existant plus.

Conclusion sur ce point: caricature réductrice androcentriste
Le triptyque au mâle référent
– Fille – le père
– Femme – le mari
– Vieille – le mari ou le défunt mari

Ce point n’est que l’extension du précédent.
On notera quand même dans cette puanteur machiste, que la fille est forcément sous l’autorité de son père, il n’est absolument pas envisageable que sa mère remplisse le même rôle. (Alors que dire des filles qui sont orphelines de père ou tout simplement dont la mère est fille-mère!)

Mais ça fait longtemps que ce n’est plus ainsi…
Longtemps? Vraiment?
Pour la France: Loi du 23 décembre 1985, entrée en application le 1er juillet 1986
J’étais même déjà née, ce n’est pas vraiment ce que j’appelle longtemps…

Je veux bien que le code civil, en France ait changé il n’y a pas si longtemps et que toute femme se devait d’être sous une autorité masculine, mais là, il ne faut pas pousser, poser ça comme un élément de caractérisation de la femme est d’un obscurantisme crasse.

Conclusion sur ce point: caricature misogyne réductrice
Le triptyque (néo-)wiccan: maiden-mother-crone
Une petite remarque rapide pour préciser que tous les wiccans n’utilisent pas ce schéma, même s’il est très répandu.
De même si je l’ai laissé en anglais, c’est que les termes employés varient à la traduction.
– Fille – vierge
– Femme – mère
– Vieille – vieillarde

Alors là, c’est le pompon…

Donc on passe du stade de vierge, à mère, à ménopausée…
Je parlais d’un problème de transitions et de caricature, on est en plein dedans…
Ca reprend en les croisant les critiques que j’exprimais plus haut en les accentuant par l’ajout de notion de virginité.

Conclusion sur ce point: caricature misogyne totalement réductrice
Inversons !
Tant qu’à faire, inversons les sexes et voyons ce que ça donne…
Le triptyque de base lié à la fécondité: garçon-homme-vieillard
C’est vrai, on le trouve aussi.
Même arguments, même conclusion: caricature réductrice

Le triptyque générationnel lié à la descendance
– Garçon – sans enfants
– Homme – père
– Vieux – grand-père
C’est vrai, on le trouve aussi.
Même arguments, même conclusion: caricature réductrice

Le triptyque marital
– Garçon – célibataire
– Homme – marié
– Vieux – veuf
Déjà bien plus rare… Mais traditionnellement, les considérations du vieux garçon et de la vieille fille sont quand même très différentes, idem entre les considérations du veuf et de la veuve. C’est donc pour ça que je parlais d’un schéma androcentriste.
Même arguments de réduction, conclusion: caricature réductrice, gynocentrisme limité

Le triptyque à la femelle référente
– Garçon – la mère
– Homme – l’épouse
– Vieux – l’épouse ou la défunte épouse
Dans une certaine mesure, mais avec des relations de natures différentes et des bornes d’âge différentes.
Même arguments de réduction, conclusion: caricature réductrice

Le triptyque (néo-)wiccan:
– Garçon – le puceau
– Homme – le père
– Vieux – le vieillard
Même pas un début de concept!
Conclusion: confirmation de l’aspect totalement misogyne de la version au féminin.
La première remarque est que quel que soit le sexe considéré, il s’agit de schémas réducteurs.
Les trois âges de la femme et la Mort - Hans Baldung
Les trois âges de la femme et la Mort
Hans Baldung
Allons plus loin…
Il est clair que ces concepts en triptyque, tant au féminin qu’au masculin n’ont absolument rien d’initiatique au sens spirituel, au contraire même.

Alors que sont-ils?
Globalement, en dehors du dernier, ils sont le reflet de schémas sociétaux traditionnels, ce qu’on attend comme statut d’un individu par rapport à sa catégorie d’âge.
On retrouve tout dans le sens des attentes sur les individus et du statut de la femme. Cela se positionne presque même à un niveau utilitaire, cela expliquant donc par la même l’absence des transitions, la non considération de la stérilité et la dessexualisation en cas de stérilité et dans une certaine mesure en fin de période de fécondité.

En quoi est ce incompatible avec une approche initiatique au sens spirituel ou religieux?
Même si ça peut définir la personne dans son contexte social ou lui donner une telle référence, en aucun cas, il n’est censé tenir du développement individuel et spirituel. Bien que cette affirmation soit à minorer un peu à cause des débordement des religions dans le cadre social par les clergés voulant imposer leur règles sociales « divines » comme référence, elles ne participent en rien au développement spirituel en lui-même.
Triple lune wiccane
Triple lune wiccane
Le cas du triptyque (néo-)wiccan
Je pourrais m’en débarrasser en disant que c’est une incompréhension de la part de (néo-)wiccans, car tel est le cas, mais je vais quand même développer un peu pour en expliquer l’origine.
Ce triptyque est lié au concept (néo-)wiccan de « triple déesse ». Ce concept, jusque dans son explication et sa représentation (lune en trois phases) reprend la triade lunaire hellénique ArtémisSeléné-Hécaté.
Artémis est souvent considérée à tort comme vierge, car elle est parthénos (n’étant pas censée avoir des rapports masculins), mais elle est cependant tribade.
Seléné est une mère plus que multiple ayant de très nombreux enfants, dont 50 filles avec Endymion.
– Hécaté est une vieille titane, datant d’avant même l’apparition des Olympiens.
Cependant, cette triade lunaire n’est pas à considérer comme les âges de la femme, pas plus que les trois moires. Il y a d’ailleurs une erreur supplémentaire, dans le sens ou Hécaté est déjà triple par elle-même… Cette triade n’est pas l’ensemble des déesses et titanes du panthéon hellénique, il y en a bien d’autres qui marchent pour certaines aussi en triades, qui ne sont pas censées non plus représenter l’intégralité d’aspects féminins.
Une incompréhension de cette triade et une extrapolation malheureuse sont donc à l’origine de ce triptyque (La wicca considère la lune au féminin). L’absence de triptyque masculin s’explique par l’absence d’équivalent solaire masculin à cette triade.
Ce que je ne m’explique pas, c’est l’absence de réactions à l’aspect ultra-réducteur de ce triptyque d’âges…
(Ca mériterait presque un article en soi, je verrai peut-être un jour…)
Et si on cherche vraiment quelque chose d’initiatique sous forme de triptyque d’âge?
Avant tout se posent quelques questions.
  • Pourquoi un triptyque à tout prix?
  • Comment intégrer les divers parcours possibles?
  • Comment intégrer les transitions?
  • Comment éviter la caricature et le côté réducteur?
  • Comment définir un schéma adaptable masculin-féminin?
  • Peut-on y mettre un aspect initiatique?
Ca commence à en faire des conditions et questions pour définir cela…
On pourrait donc jeter l’éponge dès maintenant, pensant que cela fait trop de choses à intégrer en un seul schéma et que cela est impossible.

Et pourquoi ne pas le faire d’ailleurs? Mais au moins savoir pourquoi ne pas tenter.
  • Le simple fait de trouver un critère pour définir les séparations d’âges posera le schéma comme réducteur.
  • Les différents parcours possibles ne permettent pas de définir un critère commun en dehors de l’appartenance sexuelle.
  • Les transitions, par leur nombre, par leur nature, quelle que soient leurs importances élémentaires, fragmentent forcément le modèle en triptyque en sous-phases.
  • L’aspect initiatique se posant principalement dans les transitions, le gommage de celles-ci invalide le principe même.
Bref, quelque soit la tentative de définir ces âges, le résultat ne sera pas concluant.
Conclusion
Au bout du compte, autant intégrer tous les âges comme des variances de schémas possibles.

Là, on m’objectera que femmes et hommes sont quand même différents et que c’est à prendre en compte sur les aspects initiatiques.
Oui-da, mais en complément du commun humain, en aucun cas, un schéma ne doit définir ce qui doit être l’initiation masculine ou féminine de manière monolithique et unique, car dans ce cas, ça serait vouloir calquer sur une norme sociale uniquement.
Même par delà l’initiation féminine ou masculine, on pourrait considérer une initiation queer sortant de ces deux cas, l’exemple des berdaches ou des hijras sont la preuve qu’une initiation transgenre est tout aussi envisageable.

Ainsi, la multiplicité des parcours personnels impose que les conceptions initiatiques soient souples, sinon, ça ne peut plus se définir comme initiatique, mais normalisant, voire normatif.

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Marre des rappeurs misogynes et homophobes!

4 octobre 2010 à 22:32 | Publié dans Musique, Penthésilée | 28 commentaires
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Quand en finirons nous enfin avec les rappeurs ouvertement misogynes et homophobes?
Orelsan, Morsay, Booba, Lim, Sexion d’Assaut, Cortex, etc…. la liste est encore très longue, et toujours et encore on voit cette liste s’allonger dans la presse au fil des affaires…
On ne compte plus le nombre de groupes de rap qui incitent à des comportements dégradants ou des maltraitances envers les femmes ou/et envers les homos, quand ce n’est pas simplement les battre, les violer ou les tuer.
Et toujours et encore, les mêmes excuses ou explications bidons quand la menace de poursuites arrive…
Puis ça chouine que ce n’est pas juste quand les premiers concerts sont annulés…

Enfin… Je dis ça pour le rap, mais on le trouve aussi dans d’autres styles, comme le raggae, le RIF,… et même chez des chanteurs de variété…

Visiblement, ces propos ne semblent pas plus que ça choquer les maisons de disques, les tourneurs, les radios et bon nombre de professionnels qui participent à cette diffusion de ces messages intolérables.

La liberté d’expression est souvent invoquée.
Foutaise! Ces messages à caractères haineux sont condamnés par la loi. Quand la loi sera-t-elle réellement appliquée et les caractères homophobes ou misogynes plus écartés lors des procès? Quand les peines seront elles autre chose que de légères peines quand elles ne sont pas simplement avec sursis?
Quand est ce qu’enfin des sanctions dissuasives seront prises et des condamnations conséquentes tomberont?

Ils veulent se la jouer gros machos, caïds, ok, qu’ils assument, pas juste avec quelques peines légères ou avec sursis, mais de réelles condamnation pour leurs propos sexistes ou homophobes, voire appel au meurtre à vocation de grande diffusion.
Prison, pourquoi pas, mais là n’est pas la principale dissuasion, non seulement ces « artistes », mais aussi les maisons de disques, les tourneurs, etc…. participant à ces messages devraient être condamnés à de lourdes amendes, car la démarche n’est pas seulement musicale, mais c’est surtout du business. Agir là où la sanction forcera à faire attention avant de laisser passer ce genre de messages, que leur diffusion coûte bien plus qu’elle ne rapporte.

Alors, disons le clairement aussi:
Cette minoration des peines place la justice en tant que complice tacite. Mais comme il ne s’agit que de bonnes femmes, de pédés et de gouines, bref, des sous-citoyens, pas la peine de s’encombrer avec ça, ce n’est pas bien grave…

Alors on doit faire quoi pour qu’enfin les choses bougent?
Ecrire une chanson qui soit ostensiblement un appel à émasculer ou tuer les rappeurs misogynes ou homophobes?


Quant à ceux qui diraient que c’est stigmatiser ce style musical (que je n’apprécie pas, c’est vrai), relisez moi, vous verrez que je ne parle pas du style en général, mais bien de certains profils, propos ou comportements.

Ah, au fait, pour rappel:
2009 – Orelsan a représenté la France aux MTV Europe Music Awards à Berlin.
2010 – Sexion d’Assaut doit représenter la France aux MTV Europe Music Awards à Madrid.

Normal en tant que « Meilleur artiste Français » de l’année…
Il y a comme un problème.
Petite note linguistique:
Hataï, aussi écrit hataille désigne un homosexuel masculin ‘passif’, certains groupes passant le même message homophobe en voulant se montrer plus dédaigneux encore en le disant en arabe.

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