Doit-on respecter toutes les cultures et religions?

12 décembre 2011 à 22:24 | Publié dans Penthésilée | 3 commentaires
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C’est une question qui revient régulièrement dans divers débats de société.
On retrouve ça à chaque fois que deux cultures se retrouvent en désaccord de points de vue sur des sujets ou quand on trouve la liberté de conscience et de religion qui se mêlent à l’affaire. La religion en dehors du pur fait théologique, pour ce qui est des éléments moraux ou implications sur les aspects sociaux sort du spirituel pour entrer dans le cadre du culturel, du cultuel au culturel pourrait on dire.
Mais cela ne donne pas de réponse en soi, cela ne fait que redéfinir la frontière entre religion et culture dont certains parfois abusent.

La réponse est donc pour moi, clairement: NON !
Non respect des droits humains
Aucune culture ou religion n’a à se poser comme loi pseudo-divine au dessus des lois humaines, car derrière ces prétentions, il ne s’agit bien que de banales lois humaines ayant eu un motif politique à une époque (Voir ICI pour une de mes multiples dénonciations de supercherie sur le sujet).
Quel respect doit on à l’arbitraire et au dégradant?
La culture ou la religion sont elles une excuse à ceux-ci?
Réciprocité
Si au nom d’une culture ou d’une religion, je suis discriminée, infériorisée, voire même menacée pour une caractéristique que j’ai, serait-il normal que j’ai devoir de respecter cette chose qui ne me respecte pas?
Prévalence
Si je suis confrontée à une situation d’opposition et d’incompatibilité de mon système avec celui d’une personne en face, lequel prévaut?
Un temple malaisien

Votre attention s’il vous plait:
Durant leurs menstruations, les dames sont strictement non-autorisées à entrer dans le temple.
Merci.

Rien que pour ce panneau, je pourrais regretter de ne pas être en plein mes règles pour y aller. Ca pourrait même me donner envie d’attendre de les avoir pour y retourner.

Intrusivité
Tout simplement parce que certains pensent que leur culture ou leur religion les autorise à se mêler de la vie des autres sans que cela relève des droits humains ou un constat de législation locale.
Dans ce cadre, je n’ai pas à tolérer que certains se croient un devoir culturel ou sacré de se mêler d’aspects privés ou intimes de ma vie, quels qu’ils soient.
En cela, ça concerne aussi bien mon mode de vie, que mes valeurs ou ma religion.
Le prosélytisme entre dans ce cadre.
Transposition
Je critique des éléments de ma propre culture et des interprétations/mises en œuvre de préceptes de ma propre religion ainsi que la vision de certains de mes coreligionnaires passés ou présents. Pourquoi ne pourrais je pas transposer cette même logique critique ailleurs?
Injustice
A système de valeurs différents, réponses à des situations différentes, aussi, dans certains cas, je peux percevoir une réponse culturelle comme anormale, arbitraire ou injuste.
Ai je obligation de respecter ce que je considèrerais comme une injustice?
Pour les cas extrêmes: Quel est le respect dû à l’horreur?
Evolutivité
Les cultures évoluent, elles ne sont pas figées, ce qui est critiquable à une époque peut changer, disparaitre ou les problèmes s’accentuer.
Dans le cas religieux, les textes de référence ont été composés à une époque datant souvent de plusieurs siècles, rien n’aurait changé depuis leur composition? N’y aurait il pas nécessité de recompréhension sous l’angle de la modernité et des avancées?
Doit on respecter l’obscurantisme et l’arrièrisme?
Apport/correction
Si je reçois une critique ou une condamnation d’une personne sur un préjugé, une erreur ou une ignorance selon un élément légitime et non arbitraire, je peux faire évoluer dans mon système de valeurs à plus ou moins long terme selon comment l’idée chemine.
Doit on, sous excuse de religion ou culture, respecter les préjugés, erreurs et ignorances?
Remarque finale
L’ensemble des arguments ci-dessus ne sauraient en être caution ou justification pour une considération elle-même arbitraire et visant des catégories humaines aveuglément.
Le fait de dénoncer tel ou tel point d’une religion ou d’une culture ne peut ainsi être utilisé à charge contre toute personne s’en revendiquant. Ce n’est pas parce qu’on est issu d’une culture ou que l’on pratique une religion qu’on adhère à tout, on peut même dénoncer ses points sombres de l’intérieur. Il serait ainsi particulièrement injuste et inique de critiquer des personnes sur un motif auquel elles n’adhèrent pas, voire qu’elles-mêmes critiquent ou veulent faire évoluer.
De même, ce n’est absolument pas la même chose de critiquer arbitrairement une chose pour une de ses caractéristiques et de le faire sur une caractéristique arbitraire dans une chose.

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Avertissement à mettre sur la torah, la bible, le coran, le sutta pitaka, etc…

4 avril 2011 à 22:57 | Publié dans Arc en ciel, Circé, Penthésilée | 18 commentaires
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Pourquoi pas?
Il y a bien ce genre d’avertissements sur les paquets de cigarettes (même si je ne fume pas), sur divers albums de groupes que j’écoute, dans les publicités pour les boissons (voire sur les bouteilles) et aliments préparés, etc…
Parental Advisory - Hate Content
Actuellement, les « livres saints » tombent sous le terme du patrimoine immatériel de l’Humanité et de la liberté de conscience (/religion). Quelque part, c’est cohérent, cela permet aussi de comprendre pour quelles idées des atrocités et des injustices ont été faites sous un couvert de pseudo-religiosité. Cependant, les propos tenus dedans n’en restent pas moins répréhensibles aux yeux de la loi actuellement.

Comme on ne peux pas les interdire, il conviendrait quand même de mettre des avertissements obligatoires sur la couverture. Un avertissement parental, voire une interdiction de vente aux mineurs peut être aussi un sujet à discuter.
Attention, cet ouvrage contient des propos:
– violents
– liberticides
– sexistes
– homophobes
– xénophobes
– liés à d’autres formes de discriminations
– apologistes de l’esclavage
– appelant à la haine religieuse
– appelant au meurtre
– appelant à commettre des délits réprimés par la loi

La mise en pratique de certains préceptes exprimés dans cet ouvrage peut vous exposer à des poursuites judiciaires et/ou pénales qui peuvent aboutir à une incarcération et/ou une amende.
Deux poids deux mesures, iniquité et injustice ?
Comment se fait il que sous prétexte de liberté religieuse, on laisse se diffuser des idées discriminatoires ou de purs appels de haine? La religion est une excuse à tout propos? La religion serait une excuse pour toutes les idéologie puantes de haine?
Il y aurait un droit à l’exception?

Paradoxal mon pays où on déroule le tapis rouge devant des dirigeants religieux prônant la supériorité des hommes sur les femmes, qualifiant les homos de pervers, texte à l’appui, mais dans lequel on renvoie dans leur pays des homos cherchant refuge contre des lois les condamnant à mort et des femmes dont la tête est mise à prix par des religieux…

Mais c’est normal, c’est écrit dans le livre, le livre est une parole divine, il est interdit de réfléchir et contester ce qu’il y a dans le livre. Ne serait ce qu’envisager de se poser des questions de légitimité sur ces livres est déjà hérétique.

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Du non-choix et de la liberté d’expression?

10 janvier 2011 à 16:58 | Publié dans Penthésilée | 2 commentaires
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Concernant la liberté d’expression, on nous place souvent cette phrase attribuée à Voltaire:
(bien qu’elle n’ai jamais été prouvée être de lui, mais c’est un autre débat…)
Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire.
Elle est même donnée comme sujet de philo ou de français, mais au delà de l’aspect littéraire, quelles sont réellement les implications de cette phrase?
Mais pourquoi je parle de ça?
Tout simplement parce qu’en ce moment j’entends ou lis de plus en plus émettre quelques idées:
  • A cause des féministes, on ne peut plus rien dire sur les femmes.
  • Idem sur les homos et les personnes de couleur.
  • Il y a une oppression de la pensée de la par des lobbies féministes, gays, antiracistes,…
  • On devrait pouvoir parler de tout sans que ce soit tout de suite le scandale ou l’opprobre.
  • Il y a une dictature de la bien-pensance anti-discriminations.
Etrangement, les mêmes personnes qui émettent ce genre d’idées sont clairement dans l’optique de décrier les avancées sur les droits et le respects aux personnes, concernant les populations sujettes à discriminations.
Alors disons le clairement, ce qui est réellement regretté n’est rien d’autre que l’époque où on ne risquait rien à tenir des propos ouvertement discriminants, incitant à la discrimination ou péjoratifs sur ces populations de manière arbitraire.
Le non-choix
Ce que j’appelle ici le non-choix, ce sont toutes ces caractéristiques qui relèvent d’une personne, qu’elle n’a pas choisies et sur lesquelles elle ne peut changer hors artifices.
Une femme n’a pas choisi d’être une femme.
Un homo n’a pas choisi d’être homo.
Un noir n’a pas choisi d’être noir.
Un handicapé n’a pas choisi d’être handicapé.
etc…

Là-dessus, un esprit tordu pourra des exceptions comme les cas des mutilations volontaires, des transsexuels ou je ne sais, mais ça représente quelle proportion de population? Quant aux trans, ils sont sujets à des discriminations spécifiques aussi.
De là, que peut on dire sur une catégories de personnes par rapport à un non-choix?
Restons sur l’histoire qu’on ne puisse plus rien dire sur les femmes à cause des féministes dans un premier temps, par exemple…
Rappelons quand même ce qu’est une femme selon son acceptation la plus courante:
être humain adulte de sexe féminin
Partant de cette définition, qu’y aurait il à en dire en dehors d’aspects biologiques? Quel rapport alors les féministes? Seraient elles de démoniaques généticiennes ayant apporté de terribles mutations les transformant en êtres assoiffés de sang?
Bien évidemment, non, mais ce n’est pas ça le sujet qui intéresse ceux ceux qui réclament cette totales liberté d’expression, ce sont les femmes sur leur aspect social, et là effectivement, les féministes ont changé beaucoup de choses. Ce qu’elles ont réclamé (et réclament encore), c’est l’égale considération des hommes et des femmes, le même droit au respect et que les législations évoluent pour qu’aucun des deux sexes soit discriminé face à la loi et la société civile.

C’est là que ça dérange ceux qui voudrait qu’on puisse tout dire et que le résultat des actions des féministes leur pose un problème: Les femmes supportent de moins en moins (et certaines plus du tout) les propos dégradants, infériorisants, infantilisants ou autres discriminatoires les concernant. La loi a évolué dans le sens de garantir tout ceci, même si tout n’est pas fini et qu’il y a de graves lacunes dans leur mise en application.

Alors quand ils abordent leur credo sous l’angle que ce serait une forme d’oppression:
Où est l’oppression dans le refus de la discrimination?
Où est l’oppression dans le refus de l’infériorisation?
Où est l’oppression dans le refus du dénigrement?
Où est l’oppression dans le refus de l’objétisation?
Où est l’oppression dans le refus de l’arbitraire?
Où est l’oppression dans le fait de réclamer que les Droits Humains s’appliquent pleinement aux femmes? Car rappelons encore la définition courante: être humain adulte de sexe féminin.

En partant de ce principe d’égalité fondamentale, que pourrait on dire sur elles, êtres humains adultes de sexe féminin, qui ne soit pas du terme de l’arbitraire ou du discriminatoire que la loi empêcherait et soit imputable aux féministes?
La logique de ce que j’ai développé sur le sujet des femmes peut parfaitement être mis en parallèle avec les autres non-choix.
Il y a pourtant une différence, c’est que les militants qui refusent les discriminations selon les autres principes de non-choix n’en sont pas tous arrivés au même stade d’évolution de la loi. La loi était arbitraire et discriminatoire envers les femmes, ne garantissait pas pleinement leurs droits d’un point de vue humain et certaines catégories humaines n’en bénéficient toujours pas. Quant à l’application de la loi, elle reste toujours aussi aléatoire et l’état ne semble pas toujours pas considérer l’égalité citoyenne comme un sujet important.
La loi n’a pas fait disparaitre les discriminations, elle les a juste rendues illégales.
L’impact des propos
C’est là où se situe toute la gravité de la chose, par leurs conséquences.
L’illustration que je vais prendre est grave, c’est le cas des jeunes homos, qui connaissent des taux de suicides généralement considéré comme 13 fois supérieur aux jeunes hétéros, on parle aussi de 5 à 20 fois plus selon les endroits. A ce niveau là, la précision du chiffre n’a plus aucune importance, c’est un carnage humain.
Idem pour les dépressions.

Vous connaissez déjà la conclusion: ces propos tuent et détruisent des vies.
En s’exprimant, ils s’ancrent encore plus, se banalisent, se propagent.
Ca commence par le fait de tout ce qu’on peut entendre dans son entourage proche, familial, amical, scolaire, etc…
Avant même de commencer à parler de coming-out, on voit, on entend.
D’ailleurs, le coming-out est impossible pour certains, il sont déjà commencé à entendre des propos dans leur entourage, pour ceux-là, on leur a probablement même déjà demandé de les approuver. Ca serait même un sujet par lui-même…

Toujours in the closet, on peut entendre des tas de choses qu’on va prendre pour soi, parce que ça vient de partout.
Les homos sont des dégénérés, des anormaux, des pervers, des malades mentaux, de potentiels pédophiles. Il y a les regards, les insultes, les railleries, les rejets de ceux qui sont déjà out, ça n’incite pas à faire pareil.
Quand un garçon entend d’un entraineur de foot ou autre sport « Vous n’êtes pas des pédés, il n’y a pas de tafioles ici! », qu’est ce que ça lui renvoie comme image de lui?
Et on pourrait encore continuer la liste longtemps…

Une fois out, c’est pire, parce que c’est vers nous que c’est dirigé, si on avait loupé l’épisode précédent, il y en a qui se chargent de bien faire rattraper depuis le début de la série. Il y a des tas d’autres choses qui arrivent en plus qu’on ne soupçonnait même pas…
Pour les garçons, ce sont les violences physiques en plus. Pour les filles, ce sont les quasi-menaces de viol, quand cela n’arrive tout simplement pas, la ‘drague’ de tous les dragueurs foireux avides de triolisme et nourris au porno foireux qui présentent les lesbiennes comme n’attendant que LE mÂle, les avances sexuelles explicites de gars qu’on ne connait même pas qui ont juste entendu parler de toi, et tous ces tarés qui croient être capables de te faire revenir vers l’hétérosexualité et te considèrent comme un trophée, et tant d’autres choses encore…
Il y a les réactions débiles des autres aux vestiaires après le sport.
Et ça n’arrête pas… Quand c’est fini, on sait que ça reviendra encore…

Quand tu regarde la télé aujourd’hui, ah oui, c’est simple, ça finit souvent bien pour les homos, mais ce n’est pas ta réalité. D’ailleurs, quelle est ta réalité?
Avec tout ce que tu entends sur ce que tu es censée être, le fait que tu ne comprennes pas tout ça qui tombe sur toi.

Et le pape aussi s’y met à condamner les homos, des leaders politiques aussi, des chanteurs de rap, et encore une horde d’imbéciles prônant un ensemble de pseudo-valeurs, et ça n’en finit toujours pas…

Voilà ce que ce prend un ado en pleine poire à longueur de temps.
Mais tu exagères, Roxane, ce n’est pas à ce point là…
Pour certains, c’est pire, comme j’écrivais, la liste est longue et ce n’est pas exclusif. Surtout, je rappelle que je parle d’ados qui ne sont pas stabilisés par rapport à une homosexualité qu’ils ne comprennent pas forcément, qu’ils sont en plein questionnement personnel.
Pour le quidam moyen, ces propos ne le touchent pas personnellement; pour l’homo moyen, ils ont été si souvent entendus qu’une carapace s’est faite, mais celle-ci n’est pas complète, on en prend quand même; le jeune homo n’a pas encore cette carapace et ce sont autant de blessures qui touchent directement son estime de soi.

A un moment, ça ne peut plus se gérer, et là, ça part en live, pêtage de plombs, dépression, suicide ou autre.
J’ai illustré par ce cas, les axes sont différents pour les autres discriminations, les impacts sont différents, mais ils ont aussi des conséquences bien réelles sur la vie des individus devant subir ces propos, voire harcèlements.

Mais c’est propre aux homos…
Ah?
Et les jeunes filles?
C’est vrai qu’on s’épanouit bien mieux quand on a des tas de clichés d’affectations de genre….
C’est vrai aussi pour celles qui ont de fortes contraintes culturelles…
Alors, nous ne sommes pas techniques quand ce n’est pas une sorte d’absence de logique ou d’intellectualité qui nous manque, nous sommes juste des hypersensibles.
On devrait aussi laisser assimiler que du fait de notre sexe nous sommes faibles et sottes?
Mais ce n’est pas grave, ce qui est important pour nous est de trouver un mari pour qu’il nous entretienne et qu’on lui fasse des enfants.
On est censées aussi accepter de plein droit que nous soyons objétisées et considérer normaux les propos rabaissants?
Youpi, on nous insulte toutes avec un propos misogyne et on doit rire en plus cet humour!
Voyons, nous devrions même être flattées quand on nous met la main au cul!

C’est encore pire quand on ajoute un facteur religieux.
Nous sommes toutes impures par nature! C’est d’ailleurs pour ça qu’on doit obéir et être soumises à nos pères, frères ou maris… C’est même eux-seuls qui décident ce qu’il doit se passer dans notre bas-ventre.
Mais c’est normal car nous sommes inférieures aux garçons. C’est Dieu, lui-même en personne, qui l’a décidé, dit, etc… et ce sera une catastrophe terrible si nous n’obéissons pas.
D’ailleurs, Dieu passe au moins une fois par semaine voir chaque croyant pour le lui rappeler, voire, il envoie des mails et passe à la télévision pour qu’on oublie pas…

Et il y a encore des tas d’autres types d’attentes et clichés culturels…
On est censées pleinement s’épanouir avec ça et le subissant?

Tout ces propos et idées participent à un travail de sape de l’estime de soi et de l’image de chacune, à la contrainte dans certaines cases parce que c’est ça qu’on attend de nous et qu’on n’est pas censées en sortir.
Voilà le genre de choses que peut se prendre une jeune fille et qui influencera aussi sa future vie de femme et que reçoivent les femmes régulièrement.
Tout les propos et idées que j’ai mis plus haut doivent ils participer au conditionnement? Est il normal que toutes ces condamnations de celles qui ne sont pas soumises à ces normes puissent servir de référence à la construction des autres?
Mais bien sûr, les féministes sont coupables, elles veulent briser cette logique et risqueraient d’abolir toute forme de patriarcat.
Ce sont vraiment des saloperies à vouloir faire cesser ces pressions sociales et ce conditionnement.

Il faut vraiment être tordu pour ne pas comprendre que la moitié de l’humanité en a marre de subir cette logique où elle est censée tout encaisser sans rien dire, même les pires comportements, insultes et bridages.
Alors oui, il est une bonne chose qu’on ne puisse plus nuire à la moitié de l’humanité ouvertement en toute légalité.
Quoi d’autre…
Oui… Bien sûr, les handicapés ont été d’ailleurs inventés juste pour ça…
Il est tout à fait normal de se moquer d’eux et railler leur handicap, voire faire montre d’un dégoût ostentatoire, ils sont spécialement été conçus pour être des monstres et n’ont aucun sentiment, ne ressentent rien…
Je crois qu’il est inutile que je continue sur d’autres propos et attitudes discriminatoires pour montrer en quoi ils sont nuisible, chaque population à discrimination adore s’en prendre plein la poire gratuitement de la part de ceux qui voudraient qu’au nom de la liberté d’expression on puisse tout faire, tout dire et même nuire sans que quiconque n’y voit de problèmes et surtout pas la justice…
Quelle dictature de ne pas pouvoir briser des vies comme on voudrait!
Des Droits Humains
Voici un point d’intox souvent utilisé par ceux qui voudraient cette totale liberté d’expression. Les plus tordus vont même jusqu’à invoquer la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et son article 19:
Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.
C’est le pompon!
Selon eux la DUDH leur permettrait d’exprimer toutes les idées et en particulier des propos à caractère discriminatoire ou arbitrairement disqualifiant envers une partie de la population. Si c’était le cas, ce serait scandaleux. Mais même si la DUDH mériterait quelques évolutions et aménagements, cette approche de l’article 19 est une fumisterie, parce que tant qu’à prendre à témoin la DUDH, autant la lire jusqu’au bout où l’article 30 prévoit:
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.
Hors les propos qu’ils entendent bien tenir et qu’ils ne peuvent actuellement pas selon notre législation sont bien « visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés » pour une autre tranche de population.

Le recours au droit à la liberté d’expression liées aux Droits Humains, dans ce cas tient bien de la fumisterie et du procédé rhétorique, afin de tenter de se légitimer sur cette déclaration qui finalement dénonce le procédé.
Conclusion
On se retrouve face à un phénomène de rétrograde quant à la dignité humaine.
Qu’on ne se leurre pas, ceux qui réclament ce droit à pouvoir exprimer toutes les idées ne sont en aucun cas des défenseur de la liberté d’expression ou des droits humains, leur réel but est de pouvoir exprimer des idées réductrices sur des personnes sur des éléments arbitraires.
C’est en fait réclamer le droit de pouvoir ouvertement exprimer leur sexisme, leur racisme, leur homophobie, etc… ou n’importe quelle idéologie discriminatoire.

Il a fallu de très longues années pour obtenir la reconnaissance de certains droits liés au respect des personnes, et là, ils veulent remettre tout ça en cause.
Mais derrière les propos, il y a de réelles conséquences bien réelles pour les individus de ces populations sujettes à discriminations, c’est indéniable. Au bout du compte, c’est réclamer un droit à de nuisance ou à briser des vies en toute impunité. Puant et inacceptable!

Bien évidemment, ceux qui expriment ce genre d’idées sont motivés par une logique de frustrations, voire de complexes. Mais ça ne justifie en rien qu’on leur permette de nuire à d’autres personnes dont le seul crime est d’avoir une particularité qu’ils n’ont pas choisi.
Et bien tant pis donc pour les frustrations et complexes des sexistes, racistes, homophobes, etc., ils devront apprendre à vivre avec, la dignité humaine est un principe qui doit rester prévalent.

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Arguments (même des plus débiles) contre l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe

6 septembre 2010 à 11:12 | Publié dans Arc en ciel, Penthésilée | 17 commentaires
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Juste histoire de les lister un peu.
Je sais que ça a déjà été fait, mais on en oublie toujours, surtout parmi les plus débiles…
Bon, là, je ne vois que pour le mariage, pas pour les enfants même si j’aborde le sujet rapidement sur un des arguments, il faudrait que je le face un jour aussi, mais je crois que le déblocage du mariage permettra par cascade de très rapides évolutions sur le terrain de l’homoparentalité.

Une autre remarque préliminaire, on parle souvent de mariage gay ou mariage homosexuel, ceci n’est en rien une réalité de revendications, juste un abus de langage, car ce qui est réellement revendiqué sur ce sujet est une égalité totale de droits pour l’accès à la même institution que les hétéros.

Alors pourquoi ne partir qu’en logique « arguments contre »?
C’est simple, la législation a été construite sur un modèle du mariage ne concernant que les couples hétéros, de là, la demande d’ouverture aux couples homos a été clairement émise et refusée. L’affaire du « mariage de Bègles », même si je pense qu’elle a été menée en dépit du bon sens, a permis de montrer que seule une logique administrative empêchait la validation de ce mariage.
La légitimité de la demande se situe au nom du principe de l’égalité citoyenne, aussi, au nom de quoi se positionne la légitimité du refus de cette ouverture?

Bon… Je vais commencer par les plus débiles, histoire de m’en débarrasser vite fait.
Le mariage est l’union entre un homme et une femme.

Allo? C’est justement tout l’enjeu du débat de voir des arguments légitimes visant à interdire une évolution de définition…
C’est comme le droit de vote, avant, c’était juste pour les homme, maintenant ça marche aussi pour les femmes. Les temps changent Allo? c’est le but du débat de voir à changer cette définition ou non…
C’est pas possible d’être aussi cruche… et après ça ose s’exprimer et considérer avoir un avis intelligent… Pfff…

C’est contre-nature.

On a dit que c’était pour les gens qui avaient une capacité de réflexion!
Dans la nature, le mariage n’existe pas, c’est une institution humaine, civile. Le code civil de la nature n’a jamais été écrit…
Il conviendrait de faire un test de QI, histoire de se marrer…
Quant à ces histoire de contre-naturalité, voir: ICI.

C’est une ouverture à d’autres choses comme la polygamie, la zoogamie ou on ne sait quoi encore…

Là, ça donne envie de proposer une loi pour un niveau de QI minimal pour le droit de vote. Mince ! Il y a un homme politique qui a déjà sorti cet argument ! Mince ! Il y a un parti qui l’a soutenu et des gens qui ont voté pour lui !
Pour la zoogamie, il faudrait qu’un animal soit en mesure de remplir et signer les papiers nécessaires, confirmer avoir compris ce à quoi ça l’engage et qu’il le fait de son plein gré, ce qui est loin d’être gagné…
Pour la polygamie, c’est un autre sujet, il y a des aspects culturels, mais d’un point de vue humain, c’est discutable sur la base qu’aucune des parties ne soit lésée, que le consentement soit totalement libre pour toutes les parties, que toutes les parties soient liées de manière égale entre elles, etc. … Dans tous les cas, c’est un tout autre débat!

Si on autorise le mariage homosexuel, il y aura plus d’homosexuels.

Bin voyons… Les neurones sont vraiment en panne… Comme si une loi pouvait changer l’orientation sexuelle des gens…
Il est clair que risque de s’en suivre le fait que de nombreuses personnes puissent assumer plus facilement leur homosexualité. Il est possible aussi que le nombre d’homos se cachant derrière une façade hétérosexuelle diminue. Mais en aucun cas, le nombre d’homos changera.
Le recul sur les pays ayant déjà ouvert le mariage aux personnes de même sexe montre d’ailleurs que cet argument est faux.
Quand bien même il serait correct, quelle importance cela pourrait-il avoir?

Il n’y a pas discrimination, parce qu’une lesbienne peut toujours se marier avec un homme et un gay avec une femme.

Aussi débile qu’il puisse être, j’ai déjà rencontré cet argument.
Il y en a qui semblent tout à fait logique dans notre société de décider de se marier avec une personne qu’on aime pas et pour laquelle on a aucune attirance…

Alors poussons un peu plus loin pour démonter en argumentant dans du plus concret…
Le préambule de la constitution de 1946, troisième point, prévoit:

La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme.

Ce préambule est tacitement reconduit sur les constitutions suivantes et est donc toujours d’actualité.
Ainsi, si un homme a le droit de se marier avec une femme, une femme doit en avoir le droit aussi, de plus, si un homme n’a pas le droit de se marier à un homme, une femme ne doit pas en avoir le droit non plus.
Constitutionnellement parlant, le mariage doit donc se définir comme indifférent au sexe de chacun des membres du couple ou ne pas exister!

Bon, là, on va passer à du un peu plus sérieux, mais le constat reste toujours le même, il n’y en a aucun qui tienne réellement la route d’un point de vue logique ou citoyen pour peu que l’on réfléchisse un peu.

Ces arguments sont réels, mais le signe que beaucoup de gens sont simplement en train de les utiliser parce que c’est la ligne de leur mouvance et non le résultat d’une réflexion en connaissance du sujet.

Ca peut être aussi par hypocrisie comme une certaine asso LGBT associée à un parti qui était contre parce que « ce n’est pas dans la ligne du parti » et que « le grand chef est contre ».
(Personnellement, je trouve ça minable.)

Pour ceux pour qui c’est un autre problème idéologique, religieux par exemple, le réel motif de refus du mariage entre personnes de même sexe n’est que la stupide observance de préceptes arbitraires pour certains et de l’homophobie primaire pour d’autres.
Cela remettrait en cause l’ordre social.

En quoi le fait que deux personnes de même sexe remettrait il en cause l’ordre social?
Au contraire, ça serait plutôt un facteur stabilisant, le contexte légal du mariage leur permettant une meilleure sécurité dans leurs investissements dans la vie sociale et économique.
Dans le cas du décès d’un des deux membres du couples, cela peut éviter des problèmes à celui qui reste, voire aux enfants de ce fameux couple. Le mariage éviterait ou amoindrirait ainsi certaines précarisations et situations sociales délicates. Au bout du compte, l’évitement de ces problèmes serait donc un gain pour la société civile.
Le recul sur les pays ayant déjà ouvert le mariage aux personnes de même sexe montre d’ailleurs que cet argument est faux.

A ce sujet, en quoi serait il une mauvaise chose de changer l’ordre social quand celui-ci est source de discriminations? La libération de la Femme (par exemple) a changé l’ordre social, et franchement, c’est loin d’être un mal. Ca a commencé à mettre un terme à des siècles d’injustices envers la moitié de la population.
Mais autant citer une autre remise en cause majeure: l’abolition de l’esclavage.

Cela pourrait choquer des personnes pour lesquelles le mariage à une connotation religieuse.

Dans un pays laïc où l’église est séparée de l’état depuis plus d’un siècle et dans laquelle le mariage est considéré comme une institution civile depuis plus de deux siècles, l’argument de religion ne tient pas.

Il est d’ailleurs à remarquer que le mariage n’est pas une institution qui a été inventée par les religions auxquelles il est fait référence, au mieux, elles en ont hérité d’une religion antérieure, certaines n’ont d’ailleurs pas connu le mariage à leur fondation, il n’est donc pas de leur ressort de dire en quoi le mariage consiste fondamentalement.

De même, ça serait valider que sous prétexte de religion, on ait le droit de discriminer dans notre pays laïc! Inacceptable!

C’est contre le dessein de dieu pour les humains.

Voir supra.

D’ailleurs, j’attends toujours que « dieu » ose venir me le dire personnellement en face… Il sera bien reçu ce petit <-auto-censure->
On notera d’ailleurs qu’il n’est jamais intervenu personnellement pour exprimer un tel contre-dessein lors des débats préliminaires dans les pays où l’ouverture s’est faite.

Le mariage a vocation à fonder une famille et à y élever des enfants, hors les homos ne peuvent pas voir d’enfants.

Cela implique quelques remarques:

  • Etre homosexuel(le) ne rend pas stérile.
  • On devrait donc interdire aux couples stériles (pour raison d’âge ou de problème biologique) de se marier.
  • Il n’est demandé actuellement aucun certificat de fécondité pour pouvoir se marier.
  • Même si l’adoption est interdite actuellement pour les couples homos, il n’est pas dit que cette interdiction ne tombe pas.
  • Même si la gestation pour autrui (mères porteuses) est interdite actuellement pour les couples homos, il n’est pas dit que cette interdiction ne tombe pas.
  • Il faudrait proclamer un divorce d’office des couples s’étant mariés et n’ayant pas eu d’enfants pendant une période prescrite définie par la loi, s’accompagnant de pénalités financières lourdes, ainsi que de poursuites pour fraude fiscale. Mêmes sanctions pénales pour les couples divorçant sans avoir eu d’enfants.

Mais le problème ne se pose même plus en ces termes, de nombreux homos ont déjà des enfants en France. Il conviendrait de leur donner, selon cet argument, de leur ouvrir le mariage pour leur donner ce cadre pour les élever.

Et si vous vous posez la question du comment, c’est simple:

  • Une lesbienne ou une bisexuelle peut très bien se faire inséminer d’une manière quelconque pour tomber enceinte.
  • Des couples étrangers ou binationaux mariés à l’étranger peuvent avoir des enfants reconnus.
  • Des adoptions de la part d’un célibataire
  • Des reconnaissances de paternités (réelles ou fictives)
  • etc. …

Et oui… Les homos ont déjà des enfants…

Il y a beaucoup d’homos qui sont contre le mariage entre personnes de même sexe.

Il y a aussi beaucoup d’hétéros qui sont contre le mariage, aussi employer cet argument pour refuser le mariage aux homosexuels, c’est aussi demander la suppression du mariage pour les hétérosexuels.
Si toute notion de mariage est supprimée en France, alors ok, la demande des homos devient illégitime, mais là, je crois que ça va mettre un sacré bazar les premiers temps…

Cela nuirait aux enfants.

En quoi?
La réalité quotidienne ne changerait en rien pour ce qui est de la vie pratique des enfants de ce couple, il y aurait juste un contexte socialement plus sûr.
Pour ce qui est des enfants extérieurs, ça ne leur concernerait absolument rien, puisse que ce n’est pas leur famille…

Ca pourrait donner le mauvais exemple aux enfants

Alors là, je ne plaisante plus parce que c’est grave.
Même si les gens qui émettent cet argument ne s’en rendent pas toujours compte sur le coup, c’est clairement un jugement de valeur sur des personnes. Un couple homosexuel qui s’aime serait donc un « mauvais exemple ». Ca s’appelle ni plus ni moins que de l’homophobie.

Ils pourraient divorcer.

Oui… Comme les couples hétéros…

Cela nuira à l’institution du mariage.

En quoi?
Ca ne changera absolument rien pour les autres couples. Il n’y aura pas de perte de droits pour les couples hétérosexuels mariés.

Ca ne s’explique pas, c’est une question de principes.

Au contraire, des principes, ça s’explique.
Là, ça sonne plus comme de la honte de la raison réelle qu’on ne veut pas exprimer.

Il y a déjà le PACS pour les homos.

Quel rapport?
D’abord, le PACS n’est pas réservé aux homos, il y a beaucoup plus d’hétéros qui en passent que d’homos, mais surtout, le PACS n’ouvre pas du tout aux mêmes droits.
Le fait que le PACS existe n’empêche pas de vouloir se marier. Nombre de PACS passés par des hétéros sont révoqués au moment où ceux-ci veulent se marier, les homos voudraient faire la même chose, pour les mêmes raisons, le PACS n’est pas suffisant.

Les homos veulent singer les hétéros en se mariant.

Si par « singer », on veut dire « avoir les mêmes droits », c’est le cas.
Si par « singer », on veut dire « ne plus être des sous-citoyens », c’est là aussi le cas.
Si par « singer », on veut dire « vouloir le mieux pour leur couple », c’est toujours le cas.
Si par « singer », on veut dire « avoir la même sécurité pour leur partenaire de vie et leurs enfants », c’est définitivement le cas.

Je sais que dans la devise de mon pays « Liberté, égalité, fraternité », ça ne concernait pas les femmes au moment où cela a été émis, mais rien que vouloir distinguer les homos et les hétéros dans les dispositions légales, c’est encore le non-respect de cette devise.

Juste pour rappel: la seule différence de fond que nous avons avec les hétéros, c’est le sexe d’appartenance de notre partenaire de vie.

Il leur faudrait quelque chose donnant lieu aux même droits mais qui ne s’appelle pas « mariage ».

Outre que ça ne respecte pas l’égalité citoyenne et continue d’entretenir des différences entre les couples homos et hétéros, cela voudrait dire que toute la législation devrait être faite en doublon.
Il est absurde de vouloir distinguer pour raison de « tradition » ce qui revient au même.
Et on va trouver quoi comme nom pour désigner nos enfants, nos foyers, nos noces, nos lits conjugaux, nos héritages, etc.?

S’ils ont décidé d’être homos, ils n’ont qu’à assumer.

D’abord, pas plus qu’on ne décide de la couleur de sa peau, on ne décide pas non plus qui on va aimer ou de son orientation amoureuse. Dirait-on « Tu as décidé d’être noir, tu n’as qu’à assumer. »?
Ce niveau de réflexion serait à mettre dans celle de plus haut, c’est débile.

Continuons… Outre le fait que ça ne soit pas choisi, ça veut dire quoi « assumer »?
Ca veut dire pour une lesbienne « accepter les viols correctifs« ?
Ca veut dire « accepter de se faire insulter sans répondre »?
Ca veut dire « accepter toutes les discriminations dont nous sommes l’objet »?
Ca veut dire « accepter toutes les violences physiques et psychologiques qu’on nous fait subir »?
Ca veut dire « accepter de se faire battre à mort »?
Ca veut dire en Iran « accepter de se faire pendre »?
Ca veut dire pour certains « accepter de se faire mettre à la rue par sa famille »?
Alors, oui, je crois qu’on assume déjà quand même pas mal…

L’homosexualité doit rester dans la sphère privée.

Pas de bol, quand ça concerne une institution civile, c’est justement un problème légal, donc public, qui est le sujet du moment.

C’est comme pour l’époque de la libération de la Femme, on peut même ressortir le vieux slogan:

« Le privé est politique. »

parce que l’organisation de la vie privée se définit dans un cadre culturel et légal, lui-même découlant de la politique.

Et si on donne le mariage aux homos, ils demanderont quoi après?

Tout simplement l’égalité totale des droits, mais on la demande déjà…
Pas de bol, c’est censé être un des principes fondateurs de notre nation.
Comme les femmes à l’époque, les homos réclament que leurs droits ne soient pas inférieurs, mais égaux, à ceux du mâle blanc hétéro dont Napoléon s’est servi comme référence pour établir son code civil.

C’est même dans l’article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme:

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Il manque juste l’orientation amoureuse dans quelques articles…

La société n’est pas prête.

Etrangement, c’est le genre d’argument qui revient surtout dans les milieux politiques…
« La société » n’était pas prête au droit de vote des femmes, à l’IVG, à la contraception, à la fin de la peine de mort, à la fin de l’esclavage, etc. …
Aux états unis, en Afrique du Sud, « la société » n’était pas prête au vote des noirs.
Autant le dire tout de suite, cette version de « la société » n’est rien d’autre qu’un système sortant avec tout son passif.

« La société » est pourtant censée être tout à fait autre chose: l’ensemble des citoyens et résidents. Le problème est donc tout autre: trouver les solutions pour organiser au mieux l’ensemble de la population sur le territoire, et c’est pour cela que nous avons des élus censés faire ce travail.

La réelle traduction est donc:

« C’est un risque de suicide électoral ! »

parce qu’il y a pleine conscience qu’il y a une partie de l’électorat qui est homophobe et que ça ne passera pas pour eux. Aussi, cette attitude de faire passer un intérêt électoraliste avant l’intérêt citoyen (par le fait qu’il s’agisse de l’intérêt d’une partie significative des citoyens sans pénalités pour le reste), ce n’est ni plus ni moins que de la trahison envers la nation !

On ne peut pas le changer car c’est l’union d’un homme et d’une femme depuis des siècles.

Et alors?
Pendant une durée plus longue encore, la femme a été considérée comme inférieure à l’homme, et pourtant on a pu le changer.
Pendant une durée plus longue encore, on a vécu en monarchie, et pourtant on a pu le changer.
Pendant une durée plus longue encore, la navigation était à voile et à rame, et pourtant elle a pu changer.
Pendant une durée plus longue encore, la quasi-totalité de la population était rurale, et pourtant elle a pu changer.

Sur ce sujet, pas besoin de progrès techniques, pas besoin de révolution armée, pas de transformations majeures de société, c’est juste une histoire de volonté à changer les choses, cet argument est juste un argument d’hypocrisie.

Dans le mariage, il faut une altérité sexuelle.

Il faut une altérité pour se marier? Mais pourquoi se limiter à une altérité sexuelle?
Il faudrait aussi une altérité ethnique, religieuse, sociale, politique, culturelle, etc. …
Outre le fait que ceux qui parlent d' »altérité » ne soient pas vraiment pour que les autres soient en plus, pourquoi poser une principe d’altérité dans le mariage, sauf vouloir hypocritement ne pas affirmer un autre argument.

Ce n’est pas une priorité.

Ca, c’est un argument d’hypocrisie.
Il y a des tas de lois qui passent mois après mois sur des sujets encore moins prioritaires, alors que dans le cas du mariage entre personnes de même sexe, c’est un sujet qui a été d’actualité depuis avant même le PACS.
Voici donc par exemple un projet de loi plus prioritaire: 09-679, c’est une évidence que c’est une attente d’un nombre significatif de Français qui réclament ça depuis longtemps…

Il faudrait changer des éléments administratifs.

Et alors? C’est une chose régulière, ça se passe tout le temps, qu’il s’agisse de procédures, de formulations, d’imprimés, de documents officiels, etc. …

Tous les maires ne voudraient pas les célébrer.

En tant qu’officier d’état civil, les maires ne sont pas obligés de célébrer tous les mariages eux-même, ils peuvent déléguer à des agents communaux titularisés. Cependant, ils ne peuvent refuser ou retarder un mariage sans un motif légalement valide, sous peine de poursuites. Pas de bol, c’est la loi…

Bon, là, je crois que j’ai fait le tour des principaux et même plus, n’hésitez pas de m’indiquer ceux que j’aurais pu oublier…

Sinon, histoire de voir les choses autrement:
Mariage hétéro et paternité sont contre-nature ! Abolissons les !
Egalité totale des droits !
Maintenant !

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Argument de naturalité / contre-naturalité

12 mai 2010 à 00:27 | Publié dans Arc en ciel, Circé, Penthésilée, Sappho | Un commentaire
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Comme c’est un argumentaire qui revient souvent, autant en toucher un mot…

Au cas où vous ne voyiez ce dont je parle, il s’agit simplement de l’argumentation utilisant le principe que « Ceci est dans l’ordre naturel des choses. » ou « Cela est contre-nature. » en considérant les relations humaines ou sociétales.

Autant le dire tout de suite, il s’agit d’un pur argument de rhétorique, mais totalement vide sur le fond. Quand il est employé, cela traduit dans l’immense majorité des cas que son émetteur n’a aucun argumentaire valable, il s’en réfère alors à la nature, croyant pouvoir s’éviter ainsi une argumentation bancale et difficilement défendable face à quelqu’un ayant un vrai argumentaire réfléchi.
Il y a juste un petit détail qui a son importance:
Mère-nature n’est souvent pas d’accord avec les thèses de ceux qui emploient l’argumentaire de naturalité.

Dans l’absolu, le contre-argument à la clause de naturalité est très simple:
L’humain est incapable de pêcher sans outil, il serait donc contre-nature pour lui de manger du poisson car l’homme ne peut pas le manger après l’avoir pêché directement à la bouche ou à la main comme le font d’autres espèces animales. Toujours dans le même sens, l’humain est la seule espèce à utiliser des vêtement, l’humain est donc contre-nature par essence.
Mais là encore, Mère-Nature n’est pas d’accord, les Bernards-l’hermite eux aussi utilisent une couche supplémentaire pour se couvrir (et peut-être d’autres espèces, même si à froid, je ne vois pas lesquelles), divers autres animaux utilisent aussi des outils, comme les singes, certains oiseaux ou même les loutres. Mais ne vous inquiétez pas, votre interlocuteur naturaliste n’en est généralement pas à ce niveau de réflexion et d’intelligence.

Maintenant, il serait bien de se pencher un peu sur les cadres dans lesquels ce argument de naturalité/contre-naturalité est employé.

Ses principales utilisations sont ou ont été sur les sujets suivants:
  • Supériorité de la noblesse sur le peuple
  • Supériorité de l’homme sur la femme
  • Supériorité d’une ethnie sur une autre
  • Rejet du mariage inter-ethnique
  • Rejet de l’homosexualité et des homosexuels
  • Maintien/justification de l’esclavage
  • Refus de l’émancipation des femmes
Bref, comme vous pouvez le constater, que des nobles causes suprémacistes…

Mais qu’est ce que ça cache en fait alors ?
Ce n’est guère dur à comprendre, l’émetteur se sent dans une position dominante contestée et voit que ses prérogatives risquent de tomber pour se retrouver au même niveau que ceux qu’il considère comme ses inférieurs naturels.
Mais ça va plus loin…
Outre le fait de se retrouver au même niveau que ces inférieurs, il va devoir à terme supporter de se faire comparer à eux en compétence, en capacité ou en légitimité. Son simple statut ne suffira plus à justifier sa domination sur son inférieur. Cela peut même déboucher sur une forme de compétition qu’il n’est plus assuré de remporter sans son statut dominant.

En corollaire, on trouve toutes formes de racisme, sexisme, homophobie ou tout le train de discriminations correspondant à cette supériorité naturelle perdue.
On trouve aussi une logique de résistance et de vouloir discréditer ces contestataires, voire cette catégorie de population si celle-ci a remporté la lutte. On retrouve souvent des tentatives maladroites de vouloir retourner les arguments, mais ce ne sont bien souvent que des sophismes aisément démontés en inversant les rôles.

Le fait de procéder à l’analyse de ce qui utilisent cet argumentaire actuellement est un bon indicateur de ceux qui se sentent menacés dans leurs privilèges ou leur légitimité indûs. C’est aussi un bon indicateur d’une certaine forme de manque d’assurance.

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