Prière à Grace Murray Hopper

23 juin 2012 à 22:52 | Publié dans Circé, Z'inclassables | Un commentaire
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Grace Murray Hopper
Je comprends que vous ne sachiez pas qui est Grace Murray Hopper.

Même si elle n’est pas très connue du grand public, elle est une des plus grandes figures de l’histoire de l’informatique.
Pionnière en son domaine, innovatrice voire révolutionnaire, elle est incontestablement une actrice majeure des premiers systèmes informatisés.
 
Je te salue Ô Grace Murray Hopper,
Divine programmeuse,
Protectrice des geekettes,
Inventrice du premier langage interprété.
Inspire nous la créativité et l’innovation,
Fais que nos analyses soient justes,
Que les codes sources nous soient clairs,
Que nos compilations soient correctes,
Que nos systèmes soient stables
Et surtout, évite nous les bugs.
If it’s a good idea, go ahead and do it. It’s much easier to apologize than it is to get permission.
(Si c’est une bonne idée, allez de l’avant et faites le. Il est bien plus facile de s’excuser que de demander la permission.)

The most dangerous phrase in the language is, « We’ve always done it this way. »
(La plus dangereuse phrase dans le langage est « On a toujours fait ça comme ça ».)

A ship in port is safe, but that is not what ships are for. Sail out to sea and do new things.
(Un bateau au port est en sureté, mais ce n’est pas pour quoi sont fait les bateaux. Appareillez en mer et faites des choses nouvelles.)

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Within Temptation – Mother Earth

3 avril 2012 à 22:03 | Publié dans Circé, Musique, Sappho | 2 commentaires
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Within Temptation - Mother Earth
Morceau éponyme du second album du groupe néerlandais Within Temptation sorti en 2001.

« La Terre Mère », pour une païenne comme moi, avec de telle composition et instrumentation… Comment pouvait-il ne pas devenir un de mes morceaux fétiches?
Les paroles en VO
Birds and butterflies
Rivers and mountains she creates
But you’ll never know
The next move she’ll make

You can try
But it is useless to ask why
Cannot control her
She goes her own way
(Refrain)
She rules until the end of time
She gives and she takes
She rules until the end of time
She goes her own way
Within Temptation - Mother Earth
With every breath
And all the choices that we make
We are only passing through
On her way

I find my strength
Believing that your soul lives on
Until the end of time
I’ll carry it with me
(Refrain)
(Couplet de version longue)
Once you will know my dear
You don’t have to fear
A new beginning
Always starts at the end

Once you will know my dear
You don’t have to fear
Until the end of time
She goes her own way
(Refrain)
La vidéo officielle
Traduction – La Terre Mère
Les oiseaux et les papillons,
Les rivières et les montagnes, elle les crée.
Mais tu ne sauras jamais
Le prochain geste qu’elle fera.

Tu peux essayer,
Mais il est inutile de demander pourquoi
On ne peut la contrôler.
Elle va son propre chemin.
(Refrain)
C’est elle qui décide jusqu’à la fin des temps.
Elle donne et elle prend.
C’est elle qui décide jusqu’à la fin des temps.
Elle va son propre chemin.
Within Temptation - Mother Earth
Avec chaque souffle
Et tous les choix que nous faisons,
Nous ne faisons que croiser
Son chemin.

Je trouve ma force
En croyant que ton âme vit encore.
Jusqu’à la fin des temps,
Je la porterai en moi.
(Refrain)
(Couplet de version longue)
Un jour tu sauras, mon cher,
Que tu n’as pas à avoir peur.
Un nouveau commencement
Part toujours de la fin.

Un jour tu sauras, mon cher,
Que tu n’as pas à avoir peur.
Jusqu’à la fin des temps,
Elle va son propre chemin.
(Refrain)
En live – Black Symphony

(Avec le fameux couplet de version longue chanté par les choeurs)

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Renouveau païen et conservatisme des sexes

1 octobre 2011 à 00:29 | Publié dans Arc en ciel, Circé, Penthésilée | 2 commentaires
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Ce n’est pas la première fois que je me fais ce genre de réflexions, mais je trouve que le milieu païen francophone reste entre très conservateur /traditionnel au niveau des affectations de genres/sexuées.

Ayant discuté déjà de ça avec un ami nordique « rénovateur », nous en sommes arrivés au même constat: le milieu païen, du fait de ses aspects de reconstruction, a parfois du mal à se poser dans une logique sociétale moderne, ne trouvant pas le juste équilibre avec des valeurs traditionnelles liées aux contextes d’origine.
Il y aurait donc un travail général de repenser les valeurs anciennes à la lumière des changements de société. Individuellement, ce travail est généralement fait vis à vis du contexte social, mais le retour sur l’approche de la voie spirituelle n’est pas toujours acquis.
Aussi, je me restreindrai dans un premier temps à la perspectives des affectations de genres et de la considération des sexes, ainsi que dans une certaine mesure vis à vis de l’homosexualité.

Il y a des cas ouvertement sexistes, mais même si l’ensemble ne correspond pas à ce profil, il y a quand même un fort conservatisme sur le sujet du masculin/féminin indéniable. J’ai même pu constater des raisonnement tournant à l’homophobie sans que personne ne se rende compte de rien, tellement les attentes d’un sexe et de l’autre sont perçues sous l’angle d’attentes bien précises.
Il s’agit souvent de choses apprises et acceptées jamais remises en cause. Il peut aussi s’agir d’un passif culturel, voire d’une remontée depuis une civilisation ancienne attachée à la voie païenne concernée. De là, selon le sujet précis et la personne, il peut y avoir un début de réflexion, ou la crainte d’une remise en cause.

Je n’y met pas dedans les initiations spécifiques masculines/féminines (comme les passages d’âges ou les initiations de transitions) qui ont un fondement biologique et psychologique en découlant du fait de leur aspect organique. Bien que la question des transsexuels et transgenres complique la chose, peu de monde en ayant une vraie compréhension. Je reconnais moi-même être dépassée, des questions restant en suspens et toutes les réponses « officielles » ne me convainquant pas intimement même si je les connais. J’occulterais donc pour le moment, n’arrivant pas à conceptualiser. Je n’ai jamais eu l’occasion non plus de discuter de sujets initiatiques avec des trans quelle que soit la tradition spirituelle/religieuse.

Je ne me prétends pas non plus moi-même totalement dépourvue d’avoir aussi certains de ces conservatismes, je dois en avoir un certain nombre qui sont même inconscients, mais je ne m’interdis pas d’y réfléchir pour essayer de déterminer si il peut y avoir une justification légitime, si cela ne s’applique qu’à certaines circonstances ou si c’est sans fondement. Le fait de suivre une voie spirituelle ancienne ne doit en aucun cas devenir motif à repousser des compréhensions modernes.

En bref, le milieu païen, est encore très marqué d’un essentialisme qui est parfois prôné en tant que valeur spirituelle.
Par quoi commencer ?
Franchement, il y en a tellement que je ne sais pas par quoi commencer et quoi développer plus avant…

Une fois le cas le plus flagrant abordé, je ne vois que la solution balancer ça sous la forme de
Quelques illustrations en vrac…
Chez les courants pseudo-païens identitaires on trouve très souvent des formes très réductrices pour les deux sexes, généralement très machistes quand même.
(Une fois de plus, je me dis qu’il faudra un de ces jours que je fasse un article pour traiter du cas des identitaires, parce que c’est vraiment un fléau, même s’ils sont minoritaires…)
Ca reste quand même très ancré dans l’approche identitaire avant de rajouter une couche d’imagerie, c’est d’ailleurs pour cela que je parle de « pseudo-païens », l’aspect spirituel n’étant que très loin derrière, et encore, il est bien souvent juste une option sans réelle conviction.
Dans le lot, on trouve aussi des adorateurs de David Lane et ses théories puantes.

Je prends le parti d’illustrer mon propos avec le morceau « Déesse Mère » (cliquer pour écouter) du groupe de RIF (Rock Identitaire Français) Fraction. Voici un extrait des paroles:

Gardienne du feu et de la tradition,
La femme d’Europe subit les pires affronts.
Certains te veulent voilée (violée!)
Certains une putain américanisée
Moi, je vois en toi ta fécondité
La promesse d’éternité.
Tu porteras nos enfants,
Les élèvera selon la loi de notre sang.
Et si demain je pars a combat,
Ce sera sans peur car tu est là.

On notera donc par delà les niaiseries pour boneheads leur perception des femmes

  • Elles doivent avant tout être des femmes au foyer.
  • Il ne leur vient même pas à l’idée que les femmes pourraient savoir ce qu’elles veulent pour elles-mêmes…
  • Ils voient les femmes comme des pondeuses qui n’attendent qu’eux et qui devront ensuite se débrouiller à élever leurs enfants pour devenir aussi débiles qu’eux.

Il y a quand même de quoi ce demander à quel combat va aller le grand couillon… Imagerie, imagerie…

Avec cette catégorie, on se retrouvé généralement dans la caricature des affectations de genres. Ca me dépassera toujours de voir que certaines filles/femmes côtoient ces courants…

Chez les druides aussi, j’ai trouvé des trucs marrants.

Il semblerait qu’il y ait certains groupes de plus en plus minoritaires, voire anecdotiques, qui refusent d’initier les femmes ou de considérer l’existence de druidesses (ou ban drui).
On trouve donc ceux qui considèrent que les femmes sont initiées naturellement par la maternité… Il y en a d’autres qui parlent qu’historiquement il n’y ait que que des « femmes consacrées » mais pas de druidesses, n’étant pas d’accord avec d’autres dans des débats qui me dépassent. D’autres encore, considèrent que les femmes ne peuvent pas être druidesse car elles ne sont pas initiatrices de vie mais réceptacle.

Cela dit, le refus d’intégrer des membres féminins reste très minoritaire. Ce que je trouve amusant, c’est le fait de chercher la réponse au fait qu’il y ait des femmes druides, quel que soit le terme, dans le passé flou d’il y a deux millénaires plutôt que dans une réflexion moderne.
Athéna est une déesse masculine.
Passons l’oxymore
Encore une belle illustration de l’enlisement dans les affectations de genre. Ce n’est pas pourtant les déesse guerrières ou armées qui manquent, Artémis, Britomartis, Enyo, Thémis, Eris, …, on a même des représentation armées d’Aphrodite. N’oublions pas les amazones, les Lacédémoniennes, Atalante l’archère, Clytemnestre et son labrys, etc…

Mais non, tout ce qui a rapport aux armes est un domaine masculin, donc Athéna est masculine… …comme les autres citées d’ailleurs…
Oui, mais les femmes grecques ne se battaient pas… Dans les faits, c’est qu’elles en étaient interdites dans la plupart des cités par la loi.

Personnellement, je trouve que ça en arrive au delà des affectations de genres, c’est carrément nier le genre originel parce que ça ne correspond pas à ce qu’on veut y affecter.
J’ai déjà évoqué le problème de celles que j’appelle (comme il n’y a pas de nom défini) les La_Déessistes et de leur vision archétypale (voir) qui mène souvent à une conception réductrice.
Je en reviendrai pas sur le fait que ce soit des incompréhensions majeures des courants « Feminine Divine » et « Wymen Spirit », combinées à divers choses prises sans cohérence.

Sur un de ces fora, je sais plus si c’est avoir posté un article de presse sur un village Mosuo, sur Umoja ou un autre contexte matriarcal sur un de ces fora, mais je me souviens clairement de cette réaction:
« Etre élevée que par des femmes, quelle horreur! »
Sur le coup, j’en avais été séchée. En une simple phrase, c’était la condamnation arbitraire d’un mode de vie spécifique et de l’homoparentalité féminine, sans parler des nombreux cas qui arrivent par les aléas de la vie. Superbe d’un point de vue conscience et spiritualité au féminin!
Mais le cas que je cite au dessus n’est pas isolé.
J’ai ainsi pu lire dans des contextes wiccans ou druidiques que ma cellule familiale est une abomination car n’ayant pas d’équilibre entre les polarités masculine et féminine. C’est sympa, il y avait déjà le Lévitique 18:22, certains païens décident de s’y mettre aussi pour des raisons de « polarité ».
On en apprend de belles d’ailleurs avec cette histoire de polarités masculine et féminine…
Certains autres annoncent au contraire que les homosexuels ont ces deux polarités. J’ai eu beau vérifier sur ma compagne ou sur moi-même, non, il n’y a rien qui a poussé, je crois plutôt que les défenseurs de cette approche ont confondu homosexualité et hermaphrodisme… Bah oui, tout ça c’est un peu pareil quand même, non?
Tant qu’on y est sur la wicca, un dieu, une déesse et des tonnes d’essentialisme.
Le dieu représente le blablabla classique des affectations masculines hétéronormatives, la déesse représente le blablabla classique des affectations féminines hétéronormatives. Avec ça, on est bien partis, sachant que Gardner, le fondateur de la wicca était ouvertement homophobe… Et le « Grand Rite », si important de la conjonction homme-femme, dieu-déesse, parce que c’est bien connu, tout ce qu’il y a d’un côté n’est pas présent chez l’autre. D’ailleurs « traditionnellement » (si on peut parler ainsi vu l’âge de quelques décennies à peine de la wicca et le nombre de dérives), l’initiation ne se fait que homme>femme ou femme>homme (Comme si un homme était fichu d’expliquer à une femme ce qu’est être une femme et réciproquement…).

Il y a eu diverses tentatives plus ou moins abouties ou réussies de sortir de ce carcan, heureusement.
La chienne dans le jeu de quilles
Nombre de fois où on m’a sorti un truc du style:
« Roxane, tu nous em…des avec ton féminisme, on est sur un *support* païen, ce n’est pas l’endroit. »
Ah? Les païens seraient donc « à part » de la société, ils n’évoluent pas dedans…
De même, quand on m’affecte des « propriétés » ou refuse d’autres parce que femme, ça serait normal, parce que je suis païenne… Je ne le laisserais pas passer à l’extérieur, mais dans le contexte païen, ça deviendrait « par miracle » acceptable… Pareil pour l’homophobie, d’un coup, par miracle encore, une remarque homophobe ne le serait finalement pas… Je serais d’ailleurs la méchante d’histoire du fait d’avoir relevé ça…

Beaucoup trop de monde excuse beaucoup trop de chose pour motif que cela se passe entre païens ou que des choses soient issues de « la tradition ».
Il y a un réel problème à ce niveau.
Par moments, on nage en pleine hypocrisie.

Le sexisme, l’homophobie et la transphobie sont bel et bien présent dans le paganisme, et pas uniquement chez les extrémistes et les franges politisées.
Beaucoup de monde se voile la face, ne veut pas les voir, minore, banalise ou y trouve des excuses, mais sur le fond, c’est pourtant bien présent.
Alors oui, j’em…de avec ça, je continuerai, même si cela dérange le Prosper ou l’Eglantine qui ne veulent pas en entendre parler.
J’em…derai aussi au niveau de toutes les théories débiles ou réductrices qui y circulent.
Au chapitre « théories débiles », en voici une pour laquelle j’ai eu un fou rire mémorable en la lisant la première fois:
Les cycles féminins et lunaires sont de même durée et s’influencent mutuellement.

C’est une révolution! Toutes les femmes sont avec des cycles réguliers et phasés sur ceux de la lune, mais en plus, on influence la lune! Merveilleux!
Ca doit être la lune aussi qui nous fait libérer nos ovules et qui desquame nos endomètres utérins…
Je ne dois pas être une femme donc, parce que mes cycles se décalent par rapport à la lune et il m’arrive d’en avoir des plus courts. Idem pour ma compagne…
Je ne sais pas qui a inventé cette ânerie, mais il a fait très fort. Là où ça en devient phénoménal, c’est qu’il y ait des gens pour y croire et les propager à d’autres.

Attention, je ne généralise pas à tout le monde !
Il y a même des cas qui sont en pointe comme chez les nordiques d’Europe du nord (voir) sur ces thématiques.
D’ailleurs, c’est amusant que cela vienne de pays d’Europe du nord qui sont aussi connus pour être plus avancés sur les questions d’égalité les droits des femmes et des homosexuels… Ca change aussi de nos tarés identitaires locaux, alors qu’ils sont en train de s’inventer par tous moyens du sang germanique ou nordique pour se légitimer entre eux, ceux qui ont une reconnaissance officielle dans ces pays sont sur des positions radicalement différentes. Cherchez l’erreur…

Ok, sans aller chercher si loin, en France, on a aussi du monde qui a su évoluer avec les dernières décennies. Il y en a même pas mal, il faut bien le dire.
Mais ça s’est fait « par la force » dans pas mal de cas à s’imposer face à des logiques conservatrices et essentialistes pour tout ce qui avait déjà une forme d’organisation et ça n’a pas dû être si simple.

La plupart de ceux qui arrivent au paganisme sont d’ailleurs actuellement avec une logique moderne et sont le reflet de la société actuelle, pas encore totalement égalitaristes, mais y tendant.
Le risque est que leur de leur phase d’apprentissage ou d’initiation, se produise une sorte de régression involontaire, que ce soit par volonté de se calquer sur des écrits datant quelques peu, de personnes d’une génération antérieure, voire carrément le fait d’assimiler des schémas anciens liés aux traditions de la religion sur laquelle ils se penchent. En fait, le problème du « néophyte » se situe principalement à ce niveau par le fait d’un manque de recul alors qu’il découvre.
Cohérence, pataugeage et perspectives
En cette période où l’évocation « du genre » en SVT pour les premières scientifiques (donc aux alentours de 17 ans, ayant possiblement commencé leur vie sexuelle, formés à la réflexion logique) dérange tant les conservateurs d’imprégnation catholique (que de foin pour un pauvre chapitre…), le milieu païen fait il mieux?
Quelque part, oui, puisse qu’il ne semble pas que cela fasse la moindre vague. En fait, j’ai plus l’impression que c’est une totale indifférence et ignorance du sujet. C’est carrément la perspective qui semble ignorée.
Finalement, ce n’est pas plus mal, ça évite les âneries en cascades qu’on lire et entendre sur le sujet de la part de personnes n’y ayant rien compris. Moi-même reste dubitative sur certaines de ses composantes, étant plus dans la désaffectation aux genres et sexes d’éléments indus.

Juste une remarque à la volée, il m’est souvent arrivé de constater que ceux qui sont les plus prompts à critiquer les chrétiens pour des éléments du passé, sont eux-mêmes plus ancrés dans le passés et des préceptes passéistes/conservateurs. Ca me sonne souvent comme une forme de complexes et je ne dois pas être si loin de la vérité tellement le schéma est récurrent et se confirme lors de discussions…

Le travail est entamé de repenser ces aspects, mais cela n’avance pas assez vite pour rester à jour la plupart du temps et il y a encore bien souvent des trains de retard dans la réflexion et la remise en cause des anciens schémas pour une spiritualité qui soit valable dans notre contexte moderne. Ce n’est pas le passéisme sur les sujet des sexes et des genres qui feront que l’ont puisse être pris au sérieux. On ne peut plus se permettre une logique figée dans le passé, parce que les dieux eux-mêmes n’y sont pas, où alors ce serait rendre culte à des vieilleries qui ne nous conviendraient pas, figée dans le temps passé et inutiles dans notre contemporalité.
Que les adeptes des conservatismes soient choqués, tant pis, c’est pourtant une réalité. Nos anciens ont eu des penseurs, des philosophes, des sages qui pensaient et repensaient leur temps, la spiritualité et leurs mœurs; et nous, nous ne devrions surtout pas faire la même chose? On devrait rester bloquer avec des siècles de retard sur notre entourage? Voyons soyons cohérents avec nos voies spirituelles et cessons d’idolâtrer les choses du passé qui n’ont plus le moindre fondement.
Cela ne veut pas dire faire table rase, on peut aussi arriver aux même conclusions que nos anciens, mais que ce soit sur des arguments construits modernes et pas juste parce que c’était comme ça autrefois. Il ne s’agit pas non plus de tomber dans l’excès inverse à vouloir tout réinventer en dépit du bon sens, cohérence reste un maître-mot.

Je conclurai donc sur ce constat, tout le monde n’est pas prêt à faire ce travail de remise en cause: certains par confort des habitudes, certains parce que ça ne leur traverse même pas l’esprit, d’autres parce qu’ils ont besoin de ça pour conserver leur position au sein d’un groupe, ceux qui se voilent la face parce que ce serait reconnaitre ces faits, d’autres encore parce qu’il veulent véhiculer des idéologies en plus et qu’il y aurait incompatibilité, et tous ceux qui ne sont pas suffisamment assurés pour se lancer dans une telle remise en question, etc., etc., etc…
Nous, païens ne sommes pas en dehors de la société, nous ne pouvons donc pas occulter les débats et évolutions de société pour quelque prétexte fallacieux que ce soit.
Révolutionnons nos esprits.

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Sappho: Fragment 58 (sur la vieillesse)

14 août 2010 à 00:03 | Publié dans Sappho | Un commentaire
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Un fragment d’une oeuvre que la poétesse a écrit dans ses vieux jours alors que le poids de l’âge commençait à peser sur elle après une vie remplie à enseigner à ses élèves au sein de son thiase des servantes des muses.

Douloureuse et magnifique

Un exhortation à la jeunesse à profiter de son âge, le moment d’entrer dans la légende…

…la dixième muse…
Traduction :
Saisissez maintenant les présents des muses ceintes de violettes, mes enfant,
Poursuivez les de vos lyres au son clair et de vos chants

Mon corps était autrefois doux au toucher, mais la vieillesse m’a rattrapée
Et mes noirs cheveux sont devenus blancs

Mon coeur est lourd, mes genoux ne me portent plus
Alors qu’autrefois ils étaient vifs à danser comme ceux d’un faon

De tout cela, je soupire et me plains, que dois je faire?
Il nous est impossible à nous mortels de ne pas vieillir.

On disait autrefois de Tithonos que l’aurore (Eôs) aux bras roses
L’avait porté par amour jusqu’aux confins du monde

Beau et jeune il était un temps, mais pourtant
La grise vieillesse l’a attrapé, bien qu’il fût l’époux d’une immortelle.
 
Poème en version originale :
ὔμμες πεδὰ Μοίσᾱν ἰ]ο̣κ[ό]λ̣πων κάλα δῶρα, παῖδες,
σπουδάσδετε καὶ τὰ]ν̣ φιλάοιδον λιγύραν χελύνναν·

ἔμοι δ’ ἄπαλον πρίν] π̣οτ’ [ἔ]ο̣ντα χρόα γῆρας ἤδη
ἐπέλλαβε, λεῦκαι δ’ ἐγ]ένοντο τρίχες ἐκ μελαίναν·

βάρυς δέ μ’ ὀ [θ]ῦμος̣ πεπόηται, γόνα δ’ [ο]ὐ φέροισι,
τὰ δή ποτα λαίψηρ’ ἔον ὄρχησθ’ ἴσα νεβρίοισι.

τὰ 〈μὲν〉 στεναχίσδω θαμέως· ἀλλὰ τί κεν ποείην;
ἀγήραον ἄνθρωπον ἔοντ’ οὐ δύνατον γένεσθαι.

καὶ γάρ π̣[ο]τ̣α̣ Τῑ́θωνον ἔφαντο βροδόπᾱχυν Αὔων
ἔρωι φ[(C)V̆(C)]α̣θ̣ε̣ισαν βάμεν’ εἰς ἔσχατα γᾶς φέροισα[ν,

ἔοντα̣ [κ]ά̣λ̣ο̣ν καὶ νέον, ἀλλ’ αὖτον ὔμως ἔμαρψε
χρόνωι π̣ό̣λ̣ι̣ο̣ν̣ γῆρας, ἔχ[ο]ν̣τ̣’ ᾱ̓θανάτᾱν ἄκοιτιν.
 
Translittération :
úmmes pedà Moísān ïokólpōn kála dôra, paîdes,
spoudásdete kaì tā̀n pʰiláoidon ligúran kʰelúnnan:

émoi d’ ápalon prín pot’ éonta kʰróa gêras ḗdē
epéllabe, leûkai d’ egénonto tríkʰes ek melaínan;

bárus dé m’ o tʰûmos pepóētai, góna d’ ou pʰéroisi,
tà dḗ pota laípsēr’ éon órkʰēstʰ’ ísa nebríoisi.

tà mèn stenakʰísdō tʰaméōs; allà tí ken poeíēn?
agḗraon ántʰrōpon éont’ ou dúnaton génestʰai.

kaì gár pota Tī́tʰōnon épʰanto brodópākʰun Aúōn
érōi pʰ…atʰeisan bámen’ eis éskʰata gâs pʰéroisan,

éonta kálon kaì néon, all’ aûton úmōs émarpse
kʰrónōi pólion gêras, ékʰont’ ātʰanátān ákoitin.
 

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Sappho: Hymne à Aphrodite

3 août 2010 à 23:43 | Publié dans Circé, Sappho | 2 commentaires
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Je suis impardonnable, comment se fait il que je ne vous ai pas encore donné le seul poème de Sappho qui nous soit arrivé intact?
Je corrige immédiatement ce manquement.
 

Comme il est impossible de reconstruire les strophes de manière traduite, je donne la traduction des strophes globales:
Sappho de Pompéi

Toi au le trône multicolore, ô immortelle Aphrodite, fille de Zeus (1), ourdisseuse de trames, je t’implore : ne laisse pas, ô souveraine, dégoûts ou chagrins affliger mon âme,

Mais viens ici, si jamais autrefois entendant de loin ma voix, tu m’as écoutée, quand, quittant la demeure dorée de ton père tu venais,

Après avoir attelé ton char, de beaux passereaux rapides t’entraînaient autour de la terre sombre, secouant leurs ailes serrées et du haut du ciel tirant droit à travers l’éther.

Vite ils étaient là. Et toi, bienheureuse, éclairant d’un sourire ton immortel visage, tu demandais, quelle était cette nouvelle souffrance, pourquoi de nouveau j’avais crié vers toi,

Quel désir ardent travaillait mon coeur insensé : « Quelle est donc celle que, de nouveau, tu supplies la Persuasive d’amener vers ton amour ? Qui, ma Sappho, t’a fait injure ?

Parle : si elle te fuit, bientôt elle courra après toi ; si elle refuse tes présents, elle t’en offrira elle même ; si elle ne t’aime pas, elle t’aimera bientôt, qu’elle le veuille ou non ».

Cette fois encore, viens à moi, délivre moi de mes âpres soucis, tout ce que désire mon âme, exauce-le, et sois toi-même mon soutien dans le combat.
 
 

(1) fille de Zeus – pai Dios – En fait « enfant de Zeus ».
Aphrodite n’est pas la fille de Zeus, mais d’Ouranos, Sappho le mentionne bien d’ailleurs dans un autre de ses poèmes. Aussi, ce ‘pai Dios’ que l’on retrouve dans d’autres poèmes et d’autres poètes pour des dieux n’ayant aucune filiation à Zeus (comme Hékaté, alors que c’est sa tante par lignage masculin…), laisse penser à une tournure poétique qu’il conviendrait mieux de traduire ‘enfant des dieux’, Zeus signifiant par lui-même ‘Dieu’. Cette tournure pourrait elle-même reposer sur une adoption par Zeus lors de sa présentation aux Olympiens comme cela est envisagé par des versions de mythes.

Poème en version originale :
Sappho par Godward
Ποικιλόθρον᾽ ὰθάνατ᾽ ᾽Αφροδιτα,
παῖ Δίοσ, δολόπλοκε, λίσσομαί σε
μή μ᾽ ἄσαισι μήτ᾽ ὀνίαισι δάμνα,
πότνια, θῦμον.

ἀλλά τυίδ᾽ ἔλθ᾽, αἴποτα κἀτέρωτα
τᾶσ ἔμασ αύδωσ αἴοισα πήλγι
ἔκλυεσ πάτροσ δὲ δόμον λίποισα
χρύσιον ἦλθεσ

ἄρμ᾽ ὐποζεύξαια, κάλοι δέ σ᾽ ἆγον
ὤκεεσ στροῦθοι περὶ γᾶσ μελαίνασ
πύκνα δινεῦντεσ πτέῤ ἀπ᾽ ὠράνω
αἴθεροσ διὰ μέσσω.

αῖψα δ᾽ ἐχίκοντο, σὺ δ᾽, ὦ μάσαιρα
μειδιάσαισ᾽ ἀθάνατῳ προσώπῳ,
ἤρἐ ὄττι δηὖτε πέπονθα κὤττι
δἦγτε κάλημι

κὤττι μοι μάλιστα θέλω γένεσθαι
μαινόλᾳ θύμῳ, τίνα δηὖτε πείθω
μαῖσ ἄγην ἐσ σὰν φιλότατα τίσ τ, ὦ
Πσάπφ᾽, ἀδίκηει;

καὶ γάρ αἰ φεύγει, ταχέωσ διώξει,
αἰ δὲ δῶρα μὴ δέκετ ἀλλά δώσει,
αἰ δὲ μὴ φίλει ταχέωσ φιλήσει,
κωὐκ ἐθέλοισα.

ἔλθε μοι καὶ νῦν, χαλεπᾶν δὲ λῦσον
ἐκ μερίμναν ὄσσα δέ μοι τέλεσσαι
θῦμοσ ἰμμέρρει τέλεσον, σὐ δ᾽ αὔτα
σύμμαχοσ ἔσσο.
 
Translittération :
Poikilothron’, athanat’ Aphrodita,
pai Dios, doloploke, lissomai se,
mê m’ asaisi, mêd’ aniaisi damna,
potnia, thymon.

Aphrodite - Ok, la tenue n'est pas très authentique, mais ce n'a pas été facile de trouver quelque chose qui me plaise...

alla tyïd’ elth’, aipoka katerôta
tas emas audas aïoisa polly
eklyes, patros de domon lipoisa,
chryseon êlthes

harm’ hypozeuxasa, kaloi de t’ agon
ôkees strouthoi, peri gas melainas
pykna dinyntes pter’ ap’ ôranô
aitheros dia messô;

aips’ all’ exikonto; ty d’, ô makaira,
meidiasas’ athanatô prosôpô,
êre’ otti g’ ên to pepontha, k’ otti
dê se kalêmi.

k’ otti g’ emô malist’ ethelô genesthai
mainola thymô, tina d’ aute peithê
mais agên es san philotata; tis s’, ô
Psapph’, adikê?

kai gar ai pheugei, tacheôs diôxei;
ai de dôra mê deket’, alla dôsei;
ai de mê philei, tacheôs philasei,
Kouk etheloisan.

elth’ emoi kai nyn, chalepan de lyson
ek merimnan, hossa d’ emoi telessai
thymos imerrhei, teleson; ty d’ auta
symmachos esso.
 

Une petite vidéo où il est déclamé, j’aurais préféré par une femme pour garder la cohérence d’intonation par rapport à la poétesse, mais je n’ai pas trouvé et suis bien incapable d’avoir cette assurance linguistique…

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