Nos fiançailles

26 juillet 2010 à 23:58 | Publié dans Arc en ciel, Circé, Sappho, Z'inclassables | Laisser un commentaire
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Voici comment s’est déroulée la cérémonie de fiançailles il y a deux ans, comme on me l’a déjà demandé…

D’abord, il faut savoir que nos fiançailles ont été publiques avec la famille et des amis. Celles-ci ont eu lieu mi-juillet 2008, quelques jours après notre PACS.

Le lieu:

Nous avions trouvé dans un parc un kiosque bas à colonnes avec une statue d’Aphrodite, c’est là qu’a eu lieu la cérémonie. C’est un parc privé, mais mon père a réussi à avoir l’autorisation du propriétaire, mais c’est une autre histoire liée à feu mon grand-père…
On a prévu d’y faire les photos après.
Des amies sont venues fleurir un peu et quelques petits préparatifs avant notre arrivée.

Nos tenues:

Longues robes blanches, sandales à talons aiguille, couronnes de fleurs (violettes, petites fleurs blanches et roses). Coiffures et maquillages impeccables.
Nos demoiselles d’honneurs (d’une dizaine d’années, sa nièce pour moi et ma cousine pour elle) ont leurs tenues inspirées de nôtres (hauteur de talons en moins, bien sûr). Comme elles nous ressemblent beaucoup, ça fait très « mini-nous ».

Nos bagues:

Nos bagues de fiançailles étaient des créations originales, nous sommes passées par un artisan orfèvre. Un petit diamant central et cinq petits rubis montés autour sur une bague assez simple en or. Les pierres sont issues de la bague de fiançailles très abimée d’une de mes ancêtres et l’or vient de la médaille et de la chaine de baptême de Sabine.
Ca ne nous a pas beaucoup coûté, on avait un accord avec l’artisan qu’il garde les quelques pierres non utilisées pour lui.

Le avant:

Il a fait couvert et frais toute la matinée, ça fait une semaine que ça dure comme ça. Pendant que nous sommes en train de nous préparer chacune de notre côté, nous avons des craintes pour la suite en voyant qu’il est tombé quelques gouttes. Mais alors que nous partons vers l’endroit de la cérémonie après le vin d’honneur, le ciel se dégage et la température monte sensiblement. Merci Apollon.
Tout est prêt quand nous arrivons précédées des gamines qui sont parties comme des flèches vers le kiosque (elles sont excitées comme des puces depuis plus d’une semaine) et nous sommes suivies par les invités qui ne connaissent pas l’endroit. Nous nous disposons face à la statue, nos demoiselles d’honneur en léger retrait alors que tout le monde se dispose tranquillement, les plus vieux et une femme enceinte ont des chaises pliantes à disposition, mon frère sera le seul à se déplacer avec une caméra, ainsi qu’une amie qui sera l’intendante des demoiselles d’honneur.
Nous n’avons pas de texte fixe, nous avons bien préparé depuis quelques jours, mais nous comptons sur la spontanéité et l’inspiration du moment, l’amour nous portera…

Le déroulement:

J’invoque Aphrodite en lui annonçant que c’est pour ses fiançailles que sa fille l’appelle, j’invite ensuite les autres déesses et titanes en dehors d’Héra, avec une adresse en particulier pour Artémis, puis les muses avec une place d’honneur pour la dixième, les charites, les nymphes, les moires et les heures (ne me demandez pas pourquoi ça m’est venu dans cet ordre…).
Sabine enchaîne sur l’explication de notre présence ici, de notre volonté de nous fiancer par amour mutuel. Nous composons ainsi en alternance une présentation de couple et des remerciement pour notre rencontre.
Face à face, mains jointes et croisées nous échangeons des mots d’amour. Un premier baiser clôt cet échange.
Nos demoiselles d’honneur s’approchent alors avec les bagues de fiançailles.
Sabine prend la mienne et la porte au bout de mon annulaire et me fait ses voeux. C’est ensuite mon tour de prendre la sienne et de faire de même. A la fin, nous échangeons encore un baiser en finissant de passer sa bague chacune à l’autre.
Nous refaisons face à la statue, mains jointes.
Les demoiselles d’honneur reviennent avec un coupe remplie de vin rosé. Consécration. Je fais boire une gorgée à Sabine, puis elle m’en fait boire une et nous nous approchons de la statue pour en verser ensemble à ses pieds le reste du contenu. Nous rendons aux demoiselles d’honneur la coupe vide.
Nous reculons pour reprendre nos places initiales.
Elles nous reviennent avec un bouquet de violettes pour Sabine et un bouquet de roses rouges pour moi, une mèche de nos cheveux y est déjà nouée.
Je commence alors de nouveau une alternance pour demander les bons auspices d’Aphrodite sur notre couple et sa protection. Nous demandons aussi aux autres des divinités présentes de nous être propices et favorables.
Nous repartons vers la statue déposer en offrande nos bouquets.
Les demoiselles d’honneur reviennent encore pour nous apporter des flacons contenant le parfum complémentaire, à la rose pour Sabine, à la violette pour moi, que nous versons en offrande encore.
Nous remercions par avance pour toutes les bienveillances que nous allons recevoir de la part d’Aphrodite et de celles qui nous seront propices.
Nous closons la cérémonie par un troisième baiser, plus profond et plus long, enlacées sous les applaudissements des présents.

Le après:

Le juste après d’abord. On se demande ce qu’il se passe en entendant des invités rire et diverses autres réactions. C’est là qu’on s’aperçoit que les demoiselles d’honneur (qui ont une dizaine d’années je rappelle) sont en train de nous imiter en se faisant aussi un baiser sur les lèvres enlacées. J’ai tout de suite pensé à une plaisanterie orchestrée par mon frère, mais il semblait sincère en niant et les petites semblaient tout aussi sincères en affirmant avoir eu l’idée toutes seules.
Après cet « incident », nous faisons les photos avec les invités près du kiosque et d’autres endroits du parc. Le soleil brille fort, il fait bon, les photo vont être belles. Mais sur le trajet du retour, le ciel se recouvre comme le matin.
En fin de journée, c’est le banquet et nous l’ouvrons sur une chorégraphie que nous avons préparée depuis quelques semaines. Mais là aussi, il se passe un truc « magique » pendant qu’on l’exécute, ce n’est facile à expliquer…

Notes diverses:

Sabine n’est absolument pas païenne, mais elle a été parfaite, sérieuse et impliquée lors de toute la cérémonie, elle savait que c’était important pour moi. Nos demoiselles d’honneur prenaient ça très au sérieux aussi, ça a finalement été contagieux à tous les présents, famille et amis.

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Séléné (et Endymion)

12 juin 2010 à 00:21 | Publié dans Circé | Laisser un commentaire
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Séléné est une titane, fille d’Hypérion et Théia. Elle est « la déesse blanche », incarnation de la plein lune. Elle a pour frère Hélios (le Soleil) et pour soeur Éos (l’Aurore).

Elle est représentée sur un char tirée par des chevaux ou des boeufs blanc, voire directement montée sur un cheval ou un boeuf blanc, rayonnnante. Elle se baigne dans l’océan avant d’entreprendre sa course dans les nuées étoilées.

Etrangement, on a peu de mythes sur elles comparativement aux autres membres de la triade lunaire (Artémis et Hécaté). Elle est principalement connue pour avoir Endymion pour amant.

Séléné tombe éperdument amoureuse d’Endymion, un splendide berger du Latmos, alors qu’il dormait au clair de lune. Elle demanda et obtint de Zeus qu’il reste dans un sommeil éternel pour préserver sa beauté. De son union désespérée avec lui naquirent cinquante filles.

Elle est aussi donnée pour voir eu d’une liaison avec Zeus de laquelle naquirent Pandia et Hersé. On y ajoute aussi parfois le lion de Némée, qui sera tué par Héraclès.

On lui prête aussi une liaison ponctuelle avec Pan qui lui aurait offert soit une peau de mouton blanc ou un attelage de boeufs blancs.

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Les prêcheurs et la femme

20 mai 2010 à 10:31 | Publié dans Circé, Sappho | Laisser un commentaire
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– Je suis un prêcheur et je viens t’apporter la parole d’un dieu…
– De quel dieu me parles tu ?
– Du dieu de tous les hommes.
– Alors ce n’est pas un dieu pour les femmes.
– Mais c’est le dieu de tous les hommes et de toutes les femmes.
– Alors ce n’est pas un dieu pour les femmes. Sa parole a été transmise par des hommes qui y ont ajouté leurs propres volontés, leur propre soif de domination et de pouvoir, et cela est toujours aux dépens des femmes. Vas et reviens quand tu auras les paroles d’une déesse. Je saurai alors si tu es un menteur, car jamais une déesse ne voudrait nuire aux femmes.
– Mais s’il n’existait pas de déesses.
– Alors ce dieu n’existerait pas non plus, tu serais un menteur et cela désignerait tes maîtres pour vouloir nuire aux femmes.

.

– Je viens t’apporter le message d’une déesse…
– De quelle déesse me parles tu ?
– De la déesse de tous les hommes et de toutes les femmes.
– Alors ton message ne m’intéresse pas. Si ce sont des hommes qui apportent le message d’une déesse aux femmes, alors ce qui ne concerne que les femmes ne leur a pas été dit, ce qui dérange les hommes sera caché et finalement, le message sera trahi. Envoies moi une prêcheuse qui a reçu le message de cette déesse, afin que celui-ci ne soit pas corrompu et que ce soit réellement son message.
– Mais tu n’avais dit de revenir quand je serai porteur des paroles d’une déesse.
– C’est vrai. D’ailleurs, que fais tu là? Il ne s’agit que d’un message et non de sa parole.

.

– Je suis une prêcheuse et je viens t’apporter la parole d’une déesse.
– De quelle déesse me parles tu ?
– De la déesse de toutes les femmes et de tous les hommes. J’ai reçu sa parole et je te la transmets de femme à femme sans qu’elle ait été corrompue.
– Ceci est bien, je suis prête à entendre sa parole.
– Alors écoutes. Elle veut…
– Attends, j’entends bien ta voix, mais pas celle de la déesse dont tu m’as parlé. Tu n’es pas une déesse car tu m’as dit être prêcheuse. Tu n’es donc qu’une femme comme moi.
– Mais je suis porteuse de ce message de sa part.
– J’entends bien. Mais tu m’as dit être porteuse de sa parole et non d’un message, je dois entendre cette déesse et non une femme. Si je n’entends pas cette déesse, cette parole sera celle d’une femme comme moi et toutes celles autour de moi. Si tu n’es pas en mesure de me faire entendre cette déesse, alors tu es une menteuse en disant être porteuse de sa parole, peut-être encore es-tu encore plus menteuse et cette déesse n’existe pas.
– Tu es dure avec moi, je me suis trompée, j’ai un message d’elle pour toi.
– Bien. Je veux bien t’écouter, mais avant, tu devras me dire si à au moins une seule des questions suivantes la réponse est non. Es tu celle qui a reçu ce message? Es tu sûre de chaque mot et de chaque intonation de ce message? Ce message n’était il destiné qu’à moi? Ce message est il récent? Si à la moindre de ses questions la réponse est non, alors ce message sera à prendre avec prudence, il peut être un faux, a pu se déformer, ne pas être fait pour moi ou ne plus être valable.
– Mais il s’agit d’un message divin!
– Prêcheuse… Apprends alors que les humains mentent en se substituant aux déesses et dieux et en déformant les messages des dieux et déesses pour leur intérêt. Apprends aussi que les déesses et les dieux envisagent des choses différentes pour chacun de nous et que dieux et déesses peuvent changer d’avis selon comment évolue le monde. Seule leur nature ne change pas et même de ça je ne suis pas sûre.
– Et si la réponse est oui à toutes ces questions?
– Alors, il me faudra prendre quand même ce message avec prudence, car ce n’est pas moi qui aurait entendu la parole de cette déesse.

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– Prêcheur, prêcheuse, je suis une femme, je ne porte la parole d’aucun dieu pas plus que la parole d’une déesse, je ne détient de message d’aucune déesse pas plus que de message d’un dieu.
– Que me veux tu?
– Je t’invites à partager nos connaissances, nos sagesses et nos expériences sans que cet échange ne soit perturbé par des choses qui soient extérieure à notre nature d’humains, d’égal à égale, car dans notre humanité aucun de nous n’est supérieur à l’autre, ton rôle de prêcheur ne te fait pas plus humain que moi.
– Et à moi?
– Je t’invite à la même chose. Nous pourrons en plus échanger sur nos connaissances, nos sagesses et nos expériences de notre nature de femmes, d’égale à égale, pour les mêmes raisons.

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Retrouvé par hasard dans mes brouillons…

7 mai 2010 à 09:43 | Publié dans Circé, Penthésilée | 3 commentaires
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Je viens de retrouver dans mes divers brouillons celui d’un message que j’avais écrit à l’équipe de modération d’un forum lié au « paganisme féminin », suite au clash qui est à l’origine de mon article:
Quand les cruchopaïennes insultent les déesses et les païennes…

Visiblement, ce message n’a guère dû plaire, puisse que je me faisais bannir très rapidement derrière, sans avoir de réponse, mais je m’attendais potentiellement à cette réaction.

Je reconnais que ce que j’y évoque a de quoi être dérangeant par rapport à leur approche.
Pourtant, en le relisant, je me dis que j’y avais écrit des choses assez intéressantes qui pourraient avoir leur intérêt, ne serait ce que par les questions que je soulève.

Je vous le livre donc comme ça, il y a justes quelques petites corrections orthographiques ou de grammaire.

Salut

Bon, voilà, je prends un peu plus mon temps pour expliquer un phénomène que je trouve quand même assez étrange en rapport à certains contextes liés au « paganisme au féminin ». Comme déjà dit avant, une certaine objectivité est indispensable pour comprendre où je veux en venir.

Je fréquente diverses mouvances féminines pour diverses raisons, tant d’un point de vue privé qu’associatif ou autres, et je ne retrouve que dans dans le contexte païen féminin hors traditions natives cette perception si conventionnée de la féminité avec parfois des tendances rétrogrades voire caricaturales.
Je m’explique…
Par « conventionnée », j’entends cet usage quasi-omniprésent de la notion d’archétypes, de facettes et autres notions similaires.
Tout cela n’a aucun rapport avec la spiritualité ou la religiosité.

J’ai déjà entretenu des contacts irl et relations parfois assez profondes avec des chrétiennes, des musulmanes, des païennes de diverses voies « natives », des dianiques, des bouddhistes, etc…., jamais je n’ai retrouvé un tel formalisme dans la perception féminine.
Où est le naturel? Où est le personnel? Où est l’aspect initiatique?
Les archétypes et autres, ça n’a aucun rapport avec la spiritualité, c’est purement du domaine de la psychanalyse.

C’est donc bien là que ce situe le problème.

De mon côté, je suis parfaitement à l’aise dans ma féminité et dans sa modernité, dans les contextes dans lesquels j’évolue, la féminité, même si elle est perçue de manières diverses culturellement parlant est aussi assurée et tend à une certaine modernité, même si quelques archaïsmes culturels persistent, même dans mon cas, je suis prête à le reconnaitre. De toutes religions et cultures, de tous âges, ces femmes ne doutent pas d’être des femmes, même la plus masculinisée des lesbiennes, après ça tourne aux trans FtM qui sont affirmés dans leurs aspirations masculines.
Nulle part ailleurs je n’ai rencontré des phrases du type « Je n’avais pas conscience d’être une femme avant de rencontrer la déesse. » ou « La déesse m’a permis de faire la paix avec ma femme intérieure. ».
Qu’on tourne le problème dans tous les sens, ce n’est pas de la spiritualité, mais bien de la psychanalyse.
Aussi, je considère à ce niveau qu’il y a une grave confusion de sujets.

Mais dire que ça tient de la psychanalyse n’est pas suffisant pour expliquer le phénomène.
C’est même réducteur, et surtout n’explique pas tout.
Qu’il y ait initialement une aspiration spirituelle, je veux bien le croire, mais celle-ci se pert dans les méandres d’autres éléments, dont la psychanalyse.
Je pense qu’un aspect important se situe au niveau sociologique. La place de la Femme a très vite évolué dans la société, son émancipation cascadante depuis la fin de la seconde guerre mondiale a bouleversé les schémas sociétaux traditionnels et il est compréhensible que certaines aient du mal à se situer et aient besoin de trouver de nouvelles références.
Je constate exactement le même phénomène avec des migrantes. Certaines arrivent dans un contexte qui leur offre une liberté qui les dépasse et qui leur fait peur, elles se retrouvent à devoir faire face à des problèmes que la sécurité d’un chemin tout tracé pour elles par d’autres leur occultait. Elles doivent être aidée à jouir de leur statut qu’elles ne comprennent pas toujours ou ne voient pas comment l’assumer. Certaines ne l’assument d’ailleurs pas et on en arrive à un repli communautaire.

Alors oui, je comprends que je puisse être perçue comme une de ces chieuses de féministes qui n’ont que faire d’archétypes dépassés et datant de plus d’un siècle, je suis même fière d’être quelque part héritière de celles qui ont chamboulé la place de la femme et oui, je me situe dans une démarche solidaire visant à permettre à des femmes d’assumer leur indépendance, tout comme je suis solidaire de celles qui luttent.
Effectivement, je peux être perçue comme une ennemie opposée aux « rôles traditionnels » si rassurants.

Et là, on commence à aborder un autre plan en remarquant que la figure de « la déesse » est une figure rassurante. C’est là où on en arrive à développer autour tout un ensemble de conventions pour étoffer cet effet rassurant. Des conventions, c’est construit, c’est rassurant…
A noter d’ailleurs que « la déesse » est passée de « représentante » de toutes les déesse à « englobante », ce qui n’est pas une dérive sans conséquences, mais ce n’est pas mon sujet ici, bien qu’à l’origine de la brouille.
Les dianiques avec lesquelles j’ai eu le plus de contacts n’étaient pas de première jeunesse, certaines avaient même été des actrices du changement du statut de la Femme, aussi, elles n’avaient que faire de tant de conventions, elles n’avaient que faire de prétentions universelles, elles assumaient tant leur féminité que leur foi sans décorum. Mais surtout il y avait une énorme différence, pour elles, « la déesse » représentait les autres déesses, elle ne les englobait pas, les mythes étaient intègres et la cohérence y était.
Ai je connu les derniers dinosaures dianiques qui n’avaient pas besoin de passer par le « prisme » de « la déesse » les mythes pour les comprendre, qui n’avaient pas besoin d’un contexte rassurant? Je ne le crois pas, car j’ai des contacts de ma génération qui n’en ont pas besoin non plus, sans parler de toutes celles de voies païennes natives qui n’ont pas non plus « la déesse ».

Mais ce contexte rassurant est il spirituel?
Clairement, non, il est psychologique et sociologique.

Autre élément allant dans ce sens que j’avais démonté, quand on place la croyance avant les divinités, ce n’est pas de la religiosité, juste des conventions sans foi qui consolident ce contexte rassurant.
C’est d’ailleurs à ce niveau que le clash a eu lieu, je n’ai pas « la déesse », ce contexte rassurant ne m’est pas nécessaire, cependant la construction de conventions est arrivé sur le champ de mes divinités et de ma foi.
Je comprend qu’on puisse me trouver agressive et être dérangeante quand je réagis à ce qui selon mes préceptes traditionnels est une insulte à mes divinités, car ce faisant, je remets en cause les conventions et le gentil petit cocon protecteur. Ce n’est pas un problème théologique sur vous, je n’ai jamais eu la moindre considération de « la déesse », ça m’est un concept extérieur et le restera, il en va de même avec la plupart des adeptes de traditions sans « la déesse », le clash vient donc des conventions qui ont débordé sur les domaines « natifs ».

Quelles perspectives donc?
Avant de se poser le problème des perspectives, il faut se poser la question des problématiques et des évolutions passées.
Pourquoi les dianiques « old fashion » et les païennes natives n’éprouvent elles moins ce besoin de sécurité dans leur voie et leur féminité?
Est ce vraiment ça ou prennent elles les choses de manière plus directe?
Qu’est ce qui serait à changer ou remettre au goût du jour?

Pour moi, il y a beaucoup de choses à revoir, et cela passe par les fondamentaux qui sont bien souvent oubliés au profit d’approximations ou de théories plus ou moins fumeuses qui n’ont rien de spirituelles. Toutes ces dérives ne font qu’éloigner de la nature humaine réelle.
C’est d’autant plus important que toutes celles qui sont perdues dans leur féminité en reprendront des bases plus solides et concrètes.

Personnellement, je pense qu’au lieu de se cacher derrière des conventions sécurisantes pour des femmes en recherche de leur affirmation, il vaudrait mieux commencer plutôt un travail d’affirmation. Ca marche avec de jeunes lesbiennes d’origine musulmane, je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas le faire avec les aspirantes païennes hétérottes plus âgées pour lesquelles le problème est moindre.
Je sais, je dérange encore en écrivant ce genre de trucs, parce que je remets encore en cause l’approche générale. Mais mince, à un moment il faut arrêter de se regarder le nombril et vouloir préserver celles qui se rassurent dans des modèles rétrogrades pour que les païennes modernes soient des femmes fières comme l’étaient leurs Anciennes et comme le sont beaucoup de femmes modernes.
Pour cela il y a des pistes archiconnues, mais là encore cela nécessite de sabrer dans les conventions pour que la partie initiatique féminine organique reprenne sa place, séparée de l’approche spirituelle. Gamine, je n’ai pas eu besoin de religion pour me dire que j’étais une fille et ce sont mes règles qui m’ont annoncé que j’étais une femme, ce ne sont pas mes déesses qui m’apprendront quand je serai maman non plus.
Vous allez dire encore que mes propos sont brutaux, mais résoudre ses problèmes d’accord personnel dans « la déesse » ne résout rien. Ses problèmes sont à résoudre en soi, sinon ça vire à l’illusion ou à l’illumination. La mièvrerie n’a jamais apporté de solution non plus. Hors tout ce que je peux lire de toutes ces femmes, qui trouvent ne elle pas leurs solutions, est une souffrance réelle qui n’est ainsi qu’occultée, le fond reste.

En termes de perspectives, on peut aussi légitimement considérer que toutes ces conventions et futures conventions sont une nuisance pour leur affirmation en tant que femmes ou personnelle. Quand quelque chose n’a pas de réponse ou dérange, on occulte ou on développe une nouvelle convention palliative, mais une réflexion en profondeur n’est pas menée.
Par rapport à tous les contextes féminins que je fréquente et où il y a exception ici, c’est qu’ils se situent dans une logique d’ouverture et d’emprise avec le réel, là on a quoi, un système qui se développe pour répondre, pour donner des réponses qui n’apporte pas cette emprise avec le réel, mais bien un repli.
Le communautaire, quel qu’il soit, peut être positif s’il est facteur de soutien de ses membres, mais il peut être aussi facteur de repli pour ceux qui ne savent pas en gérer la limite. Une personne non affirmée tombera à coup sûr dans ce travers.

Mais indépendamment de tout ça, en sautant du coq à l’âne, c’est vrai qu’il y a aussi des choses que je ne supporte plus, le manque de compassion envers celles en souffrance par exemple ou encore les jugements hâtifs sans que la moindre réflexion consciencieuse n’ait eu lieu, le dénigrement de celles qui se sont battu ou qui se battent pour leurs droits et leur intégrité et tant de chose que j’en arrive à me poser des questions sur la conscience féminine de certaines.
Et on en revient encore et encore au même problème de fond.

Voilà, j’ai expliqué ce que j’avais à expliquer, faites en ce que vous en voulez parce que je sais d’avance que ça vous remet trop de choses en question. Vues les réponses que j’ai eu sur le forum, je sais aussi que vous n’êtes pas prêtes au changement d’angle que ça implique.
Dommage, c’est pourtant un sens de réflexion à mener pour apporter une réelle aide à certaines qui s’enlisent.

Roxane.

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Quand les cruchopaïennes insultent les déesses et les païennes…

8 novembre 2009 à 01:37 | Publié dans Circé, Penthésilée | 17 commentaires
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Ce petit article pour pousser mon coup de gueule envers les niaiseuses qui nuisent à la crédibilité des voies païennes contemporaines, aux féminines en particulier.

Pour qui a entendu parler de la wicca, le concept de « la déesse » n’est pas inconnu. De sa version initiale développée par G Gardner, diverses voies sont apparues, certaines faisant rupture pour devenir des voies féminines, le dianisme en particulier pour que ne citer que l’exemple le plus connu.
J’ai connu des dianiques en réel, ce n’est pas ma voie. Je n’ai jamais vraiment compris et encore moins adhéré au principe de « la déesse », toutes les déesses n’en étant qu’une. Selon les mythes, vue la haine d’Artémis envers Héra par exemple, je coince complètement à envisager et intégrer ce concept. Au fur et à mesure de mon évolution éolienne, « la déesse » s’est confirmée être un concept vide de sens, tant pour moi, que pour ma voie, j’étais donc cohérente.
J’en ai bien un notion animiste (voir ici pour une ébauche sur le sujet), mais qui n’a aucun rapport avec la notion wiccane.

Les faits…

Jusqu’à présent, il n’y avait pas de raisons à ce coup de gueule, les wiccanes faisaient leurs trucs de wiccanes avec leur déesse, je faisais mes trucs d’éolienne avec mes déesses. Leurs choses wiccanes ne m’intéressaient pas et je ne m’en mêlais pas, mes choses d’éoliennes les lassaient face à des notions inconnues pour elles sur lesquels elle ne s’aventuraient pas.
Le dialogue et l’échange étaient pourtant là, hors points liés aux spécificités de nos voies respectives, principalement par désintérêt de ma part envers les choses wiccanes, leurs célébrations et autres pratiques cultuelles n’ayant que peu de rapports avec les miennes.

Cependant, il y a peu, il s’est passé une annonce liée à l’établissement d’un « temple » féminin par un groupe. En soi, ça n’a pas de quoi me déranger, traditionnellement, les cultes grecs archaïques étaient souvent que d’un seuls sexe. Ce qui me pose problème est une dérive par rapport à la pratique wiccane normale.
En effet, dans cette annonce, il était fait mention que ce temple était dédié à la grande Déesse Universelle, mais qu’il était ouvert aux pratiquantes des autres voies, toutes les déesses y sont honorées, étant des facettes de la Déesse Universelle.
Et c’est la que ça coince…

L’insulte aux déesses et à leurs adeptes

« toutes les déesses étant des facettes de la Déesse Universelle »
En gros, ça revient à:
« toutes vos déesses ne sont que de pauvres trucs à côté de la nôtre et dépendent d’elle »

Génial, on m’invite à un temple où on infériorise mes déesses et où on m’impose un truc qui n’a pas de sens…
Mes déesses sont donc des facettes d’un non-sens…
Quant à moi, je suis donc tout naturellement une adepte de « facettes »…

Non seulement c’est une fumisterie, mais c’est placer cette fumisterie au dessus de millénaires de pratiques à travers le monde. Il n’y a pas que mes déesses et moi qui sont insultées par ce genre de phrases, ce l’ensemble des déesses et de leurs adorateurs(/trices) quelle que soit leur religion. En fait de lieu de paix, elles crachent au visage de toutes les déesses et de leurs adeptes.
Dire qu’on honore toutes les déesses en les insultant, quelle supercherie!

En allant faire un tour sur leur site (que je ne citerai pas), quelle ne fut pas ma surprise de constater des erreurs grossières de mélanges entre les divinités! Mince, quand on prétend adorer des déesses, on est censée les connaitre et on ne les confond pas entre elles…
C’est un élément supplémentaire de totale déconsidération des déesses individuelles.

Cerise sur le gâteau, après avoir pris ce truc insultant en pleine figure, c’est moi qui suis agressive sans raisons et intolérante envers les voies autres que la mienne…
Elles ne voient pas où est l’insulte…

Il n’y a pas de soucis à ce que certaines adorent une déesse unique, diverses déesses à travers la figure d’une déesse représentante, des déesses multiples (j’en ai moi-même une), mais aller jusqu’à considérer les déesses comme des « facettes », c’est ne pas tenir la piété envers elles, c’est réducteur et méprisant car occulte leur nature propre.

L’eusébéia – la piété

Sérieusement, il n’y a jamais un moment où elles se posent la question de savoir si la manière dont elles appréhendent les divinités issues des autres voies n’est pas teintée de suffisance et d’arrogance?

L’eusébéia est une notion grecque relative à la révérence/loyauté/humilité/piété envers les dieux. « piété » est le terme le plus couramment employé, même si le sens a évolué par la suite. Cette notion se retrouve dans toutes les religions sous divers termes.

Là, dans le cas de cette approche de la Déesse Universelle, c’est plutôt l’inverse, la croyance se situe au dessus des divinités. Personnellement, je pense qu’il y a un sérieux problème à ce niveau.
« Oui, mais c’est nos croyances et on peut croire en ce que l’on veut. »
Je n’y vois pas de croyances, juste de l’impiété. Les divinités viennent avant la croyance et non l’inverse. Le respect envers les divinités en elles mêmes se situe avant celui envers la croyance, comme la foi se situe au dessus du dogme. Que ça ne soit pas une évidence pour toutes pose de sérieuses questions.

Pour moi, la foi, la religion, ce n’est pas un jeu de rôles, pas plus qu’un moyen de se mettre en valeur ou un théâtre de conventions.
Les divinités ne sont pas juste de vagues noms, de vagues notions sur lesquels on peut se tromper, tout embrouiller, car de toutes façons « ce ne sont que ».

Et donc…

A la considération de tout ça, il m’apparait évident que leur approche ne se situe pas dans une approche religieuse ou spirituelle sincère. On ne peut prétendre adorer des divinités d’un côté et les déconsidérer de l’autre. On ne peut prétendre être ouverte vers d’autres voies en posant des insultes selon les principes mêmes de cette autre voie.

« Universelle », ça j’adore… Leur « voie » est une invention récente, elles sont une poignée et leur déesse est « Universelle » (bien noter le « U » en majuscule)…
Tant qu’à faire, on balaye les millénaires de sagesses issus de multiples cultures à travers le monde pour adopter la leur…
Si ça ne s’appelle pas de l’arrogance et de la suffisance, je ne sais pas ce que c’est.

Au bout du compte, je ne sais pas si c’est tout simplement de la niaiserie, si elles prennent ça comme un passe-temps amusant, un jeu de rôles, un moyen de se mettre en valeur, toujours est il que ça n’a aucun rapport avec la religiosité ou la spiritualité.
Je me fiche de savoir ce que c’est pour elles en fait, tout ce que je vois, c’est qu’il n’y a aucune sincérité et qu’elle ne voient pas qu’il y a des personnes pour lesquelles ce sont des sujets sérieux.

Alors oui, je parle de « cruchopaïennes » dans le titre de cet article, par là, je désigne ces cruches qui se disent païennes mais qui n’ont en rien de réelles convictions. Elles salissent, décrédibilisent et insultent celles qui veulent suivre avec sincérité leur foi dans le respect.
Cet article ne concerne donc pas les vraies païennes, quelle que soit leur voie, que je la comprenne ou non. Paix et gloire sur vous, mes soeurs de tous horizons.

Que Némésis et Aidos donnent son dû à chacune selon sa piété!

Compléments – Article postérieur sur cet incident:
=> Retrouvé par hasard dans mes brouillons…

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