Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (5)

25 octobre 2012 à 21:05 | Publié dans Penthésilée | 11 commentaires
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Suite de
Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (1)
Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (2)
Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (3)
Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (4)
Je ne suis pas une grande fan de Nasser, mais ce qui est intéressant est de comparer les réactions spontanées en Egypte dans les années 1950 et aujourd’hui.
La vidéo
La transcription
En 1953, nous voulions vraiment et honnêtement collaborer avec les frères musulmans pour qu’ils empruntent le bon chemin. J’ai rencontré le conseiller général des frères musulmans, qui m’a présenté ses demandes. Il a demandé quoi? La première chose qu’il m’a dite: “Il faut que tu imposes le voile en Égypte et que tu obliges chaque femme qui sort dans la rue à porter son tarha (voile). A chaque femme dans la rue!”
< Rires >
« Qu’il le porte, lui même ! »
< Rires >
Moi, je lui ai répondu: si je faisais cela, ce serait revenir à l’époque de Al-Hakim bi-Amr Allah (11e siècle) qui interdisait aux femmes de sortir dans la journée! Pour moi, chacun doit rester libre de ses choix.
Il m’a dit: C’est toi le gouverneur. C’est à toi de décider.
Je lui ai répondu: Monsieur, votre fille, qui est en faculté de médecine, elle ne porte pas le tarha. Si vous, vous n’arrivez pas à faire porter le voile à une fille, la vôtre, comment voulez-vous que le je fasse porter à 10 millions de femmes égyptiennes?
< Rires >
< Applaudissements >
C’était il y a 60 ans…
Entre Nasser et les frères musulmans, c’est un successions d’oppositions, parfois sanglantes, dans les deux sens. Ni les uns ni les autres ne sont des enfants de cœurs,
mais le constat est là:
Le voile pouvait être objet de dérision dans l’Egypte des années 1950 pour être une chose moyenâgeuse et obscurantiste.
Le voile pouvait être objet de dérision dans l’Egypte des années 1950, pouvant considéré comme une chose moyenâgeuse et obscurantiste, reconnu comme signe d’oppression pour les femmes.
De mes prières vont à mes sœurs égyptiennes, les temps à venir vont être durs pour elles. Que leur courage ne flanche pas, qu’elles ne perdent pas espoir de l’emporter face aux ténèbres de la pensée arriérée qui approchent.

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Les Monologues du Vagin

9 avril 2011 à 09:22 | Publié dans Penthésilée, Sappho, Z'inclassables | Laisser un commentaire
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Les Monologues du Vagin
Nous avons un long voyage devant nous. Et ceci est le commencement du voyage. Voici le lieu pour penser à nos vagins, pour apprendre grâce à ceux des autres femmes, pour écouter des histoires et des points de vue, pour répondre à des questions et pour nous en poser. Voici le lieu pour s’affranchir des mythes, de la honte et de la peur. Voici le lieu pour s’entrainer à dire le mot, parce que, comme chacun sait, c’est le mot qui fait avancer et c’est le mot qui rend libre. « Vagin ».
Voilà un pièce qui est devenue un des classiques du féminisme moderne.

Beaucoup de monde en a entendu parler, ils ont un grand succès, mais je m’aperçois finalement que même son titre fait peur. Il fait peur parce qu’il brise le tabou d’évoquer directement le sexe féminin, c’est d’ailleurs un point évoqué dès le début de la pièce.

La plupart aiment, d’autres détestent, mais celles qui détestent, pour ce que j’ai pu en entendre, c’est plus parce qu’elles ont été choquées du ton et du sujet, trouvant une vulgarité là où il n’y en a aucune.
L’histoire de la pièce
La pièce a été créée en 1996 par l’auteure/comédienne féministe Eve Ensler pour être jouée à Broadway.

Pour l’écrire, pendant deux ans plus, Eve Ensler a interviewé sur leur sexualité près de 200 femmes de multiples pays, cultures et âges, les a interrogées et laissées parler. Le résultat est cette pièce où le ton varie du léger au grave, en passant par le ridicule et toute une palette d’émotions.

Depuis, la pièce, qui a connu un énorme succès, a été traduite en une cinquantaine de langues et jouées dans plus de 130 pays.

Normalement la pièce est prévue pour être jouée par trois comédiennes de générations différentes, cependant, l’esprit de la pièce ne rend pas cela incontournable et diverses adaptations et écarts peuvent se faire sur de nombreuses petites choses, tant que ça conserve l’esprit de la pièce.
Les Monologues du Vagin
V Day
Il s’agit d’une association lancée aussi par Eve Ensler pour lutter contre les violences faites aux femmes.
Cette association aide aussi des bénévoles à monter la pièce (ou d’autres liées) afin de récolter des fonds pour des associations d’aide, généralement locales, mais rien ne vous empêche d’aider une asso internationale.
http://www.vday.org (Il y a une zone en français.)
Mon avis
J’ai adoré !

Il ne faut surtout pas partir avec une idée toute faite sur la pièce, simplement se laisser prendre par elle. Il y a toute une atmosphère qui se crée à laquelle il ne faut pas résister.

Entre lire la pièce et la voir jouer, il y a un monde. Ce n’est pas du tout la même chose entre lire et entendre les textes déclamés par des femmes, cela donne une toute autre dimension. Ce n’est plus une lecture intellectuelle, ça devient quelque chose d’exprimé et totalement humain, féminin. Rien que le fait d’entendre le mot « vagin » dans ce contexte, avec ces histoires est une composante majeure de la sensibilité et de l’ambiance.

Tant qu’à faire, allez jeter un œil par là:
http://www.infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=509
Quelques extraits histoire de voir le ton

Les Monologues Voilés
Les Monologues Voilés
Suite à avoir amené à une représentations des Monologues du Vagins un groupe de musulmanes, à l’instar de Eve Ensler, Adelheid Roosen a interviewé plus de 70 femmes issues de cultures musulmanes. Le résultat en est cette pièce de 12 monologues de femmes comme témoignages de leurs réalités.

Comme pour les Monologues du Vagin, le résultat aborde de nombreux aspects de la vie de ces femmes, parfois légèrement, parfois violemment.

Sur scène: trois comédiennes et une musicienne.


Une interview des comédiennes:
http://www.dailymotion.com/video/xcojj4_les-monologues-voiles_fun
(Faire quelques sauts parfois)
Je n’ai pas vu la pièce, mais je serais intéressée. Si quelqu’un l’a vue, ne pas hésiter à me laisser un com’ pour me dire ce que vous en avez pensé.

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Umoja, village de femmes

21 mars 2011 à 22:47 | Publié dans Penthésilée | Un commentaire
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Umoja
Dans le nord du Kenya, dans le district Samburu, près du village d’Archer Post, vit une communauté de femmes où les hommes sont interdits de résider.
Le nom de ce petit village: Umoja (« Unité » en Kiswahili)
Leur histoire
Durant plus de 30 ans, de 1970 à 2003, des centaines de femmes Samburu et nomades Massaï ont été violées par des soldats britanniques stationnés dans le camp d’entrainement d’Archer Post.
Comme si cela ne suffisait pas, elles se retrouvaient battues et répudiées par leurs maris se sentant offensés, les accusant même d’apporter la honte sur leur famille. La coutume Samburu voulant que les femmes n’aient pas droit de propriété, elles se retrouvaient sans rien.

Ainsi, en 1990, un groupe d’une quinzaine d’entre elles dont leur matriarche actuelle, Rebecca Samaria Lolosoli, fondent une petite communauté du nom d’Umoja Uaso Women’s Group.
Malgré des conditions difficiles, rejetées par le voisinage, la petite communauté se développe et commence à prospérer, recueillant d’autres femmes dans leur cas, elle étaient une quarantaine et une centaine d’enfants en 2003, une cinquantaine en 2006, un peu plus d’une soixantaine en 2011.
Elles embauchent même trois hommes comme gardiens pour protéger le village la nuit et éviter les attaques. En 2005, une habitante a été tuée lors l’une d’elles.

Aujourd’hui, elles vivent du produit de la vente de collier de perles traditionnels, du site d’activités, du centre culturel et du musée qu’elles ont créés à destination des touristes. Elles ont même construit une école pour leurs enfants.
Même si Umoja n’est pas très connu au Kenya, il bénéficie de nombreux soutiens et de la présence de la réserve nationale de Samburu.

Leur communauté s’agrandit toujours doucement, recueillant d’autres femmes dont en particulier de jeunes femmes mariées de force ayant fuit leur mari.
Rebecca Samaria Lolosoli
Rebecca Samaria Lolosoli
Véritable meneuse charismatique de la communauté. Son profil est un peu différent de celui des autres femmes d’Umoja, ayant reçu une meilleure éducation que les autres, sans cela, rien n’aurait été possible. Bientôt la cinquantaine, issue d’une classe sociale plus favorisée, son mari étant un homme d’affaire ayant une position officielle.
Elle garde le traumatisme de son excision à l’âge de 15 ans et d’avoir été vendue en mariage trois ans plus tard pour 17 vaches.
Ayant elle-même échappé à une tentative de viol de la part de soldats britanniques, elle commença à faire parler les femmes en ayant subi pour attirer l’attention sur ce phénomène, jusqu’au jour où, son mari étant en voyage, elle fut battue par quatre hommes (samburus). Sortie de l’hôpital, devant l’indifférence de son mari qui ne la protègerait en rien, elle le quitta. Ainsi commença Umoja…

Grâce à son origine sociale, elle a eu une autre vision du monde que ces compagnes d’Umoja et a pu être force de conviction à proposer un idéal aux autres. De même, elle a pu leur transmettre les bases du commerce qui allait servir de base de leurs revenus.

C’est encore elle qui est à la base des contacts avec de nombreuses organisations gouvernementales ou fondations internationales, ce qui a permis de faire connaitre Umoja et leurs causes.
Elle est maintenant reconnue pour ses actions au Kenya et par de nombreuses organisations féminines ou humanitaires, ce qui y donne un peu plus de poids.
Village interdit aux hommes, matriarcales, solidaires, mais pas misandres
Même s’il y a une meneuse de cette communauté, le principe d’égalité règne entre ces femmes. Chacune contribue à sa manière, selon ses capacités et les problèmes sont discutés ensemble sous un vieil acacia où se tient l’assemblée. Elles élisent aux postes clés celles qui prendront les charges de confiance.
Ainsi l’affectation des 10% de leurs revenus qui sont versés au compte communautaire sont réinvestis pour le bénéfice de chacune.

Séance d’atelier au pied de l’acacia
Chacune reste cependant responsable de ses biens, chose interdite pour les femmes dans la culture samburu. Ainsi, les nouvelles arrivantes en plus d’être accueillies reçoivent un peu de bétail qu’elle doivent rembourser avec les premières bêtes nées, après, elles font ce qu’elles veulent du reste.

A cause de l’hyperpatriarcat de leur culture, elles ne peuvent se permettre d’avoir des hommes parmi elles. Face à leur réussite, certains maris essaient même de récupérer leurs femmes et par la même faire main basse sur leurs possessions. Ca n’empêche pas certaines d’avoir des relations discrètes à l’extérieur du village, de même, les jeunes femmes cherchent des maris à l’extérieur et partiront un jour. Quand une jeune femme veut se marier, les habitantes s’assurent auprès d’elle qu’elle sait où elle va et que son futur mari est un homme bien. (Ceci est une déduction de ma part, mais il doit s’agir probablement d’anciens garçons du village pour un certain nombre, ayant grandi ensemble et n’ayant pas de mépris culturel envers les femmes.)

Les garçons sont élevé d’égal à égale avec les filles, mais en arrivant à l’âge adulte, ils doivent quitter le village.
Lors de leur passage à l’âge adulte, dans un enclos spécial où les femmes ne vont pas, ils sont circoncis sans contrainte pour être reconnus comme homme à l’extérieur. Ils doivent cependant partir après.
Cependant, ayant grandi avec elles, ils sont parfois embauchés prioritairement aux autres hommes pour certains travaux.

Un autre élément est qu’Umoja possède sa propre école avec plusieurs classes tenues par une maîtresse et un maître (ancien enfant de la communauté) permanents salariés. Elles fondèrent celle-ci pour éviter que les enfants soient enlevés par leurs pères comme cela arrivait parfois quand ils allaient à l’école du village voisin. L’enseignement s’y fait pour les trois langues du pays (dont l’anglais). Cette école est ouverte à tous les enfants, elles veillent cependant à y faire régner l’égalité entre les sexes parmi les enfants.

Ainsi, on peut dire que ces femmes même si elles ont été éprouvées par la vie et s’apportent soutien mutuel, ne sont pas dans une logique de rejet total, c’est juste qu’elles se sentent plus rassurées entre elles et apprécient une vie bien meilleure et plus libre que celle qu’elles avaient connu avant. Refuser les hommes au sein de leur village est le seul moyen pour elle de garantir leur indépendance et leur mode de vie. Il ne s’agit donc en rien d’une forme de matriarcat dominateur, mais bien d’une démarche de protection face à un contexte culturel environnant.
Hostilité de leurs voisins
Leur réussite a attiré la convoitise et la jalousie. Outre le fait comme mentionné plus haut que des hommes tentent de les récupérer et s’attribuer leurs biens et argent, le succès et la prospérité de leur communauté a été mal pris par les hommes de leur culture. Ils les accusent même de trahir leur culture.

Ainsi, étant bien placées sur un circuit touristique, leurs aménagements touristiques ont eu du succès. Des hommes ayant répudié leurs femmes ont donc décidé de tenter la même chose à peine 500m en amont sur la route et d’y fonder un village et des aménagement touristiques aussi. La réussite ne vint pas alors que les femmes continuaient à prospérer, malgré qu’ils tentaient de dissuader les touristes d’aller à Umoja. Ils ont finalement abandonné pour redevenir un simple village d’éleveurs.
En pratique, ce qui leur a valu cet échec est aussi le résultat de leur hyperpatriarcat, car ne proposant pas autant que les femmes, n’étant pas habitués à s’investir dans des travaux d’une telle ampleur et n’ayant pas de meneur charismatique pour les pousser jusqu’au bout. Cet échec ajouta encore une touche de rancœur.
Du fait d’être une communauté prospère et les activités militantes de ses meneuses au niveau des administrations, Umoja a commencé à avoir une certaine influence dans la région. D’autres facteurs entrent en jeu comme le fait de la présence d’anciens de ses enfants, ayant reçu une éducation supérieure à la moyenne locale et le fait qu’elles soient parfois employeurs et donc source de revenus.

Un autre menace a plané sur Umoja en août 2009 en la personne de Fabiano David Lolosoli, ex-mari de Rebecca, venu avec un fusil disant vouloir la tuer. Légalement, il est toujours son mari, cette dernière ne pouvant obtenir un divorce officiel en territoire samburu au moment des faits (droit qu’elle a gagné en décembre 2010). Le chef de la police locale d’Archer Post et le chef de région de la police ont été prévenus, mais ceux-ci ont considéré ça comme un « incident domestique » ne nécessitant pas l’intervention de la police. Le tribunal de protection local émit cependant une injonction à M. Lolosoli lui interdisant de pénétrer à Umoja, même s’il n’était poursuivi pour aucun crime.
Détails intéressants: alors que l’acte de propriété du sol avait été enregistré au nom de la communauté, Fabiano Lolosoli a fait changer celui-ci au nom de Rebecca Lolosoli, probablement en vue de récupérer l’ensemble des possessions de la communauté. Rebecca rentrait juste d’une invitation par la fondation Vital Voices à Santa Fe avec une somme d’argent importante issue de la vente de l’artisanat, elle a même été battue par son propre fils qui voulait récupérer la somme.
Activités sociales et droits des femmes
Forte de leur réussite, Umoja se positionne par rapport aux droits des femmes.
  • Opposition à l’excision
  • Opposition au mariage précoce
    (Les femmes samburu sont mariées à partir de l’âge de 12 ans à des homme bien plus âgés qu’elles)
  • Violences conjugales
  • Le droit à la propriété
  • Accès à l’éducation
  • La participation politique
ainsi que d’autres sujets locaux comme l’accessibilité, l’accès à l’eau, à une éducation de qualité, la santé
L’accusation de trahir leur culture est parfaitement assumée, elles se battent pour leurs droits et ceux des femmes samburu qui n’en ont aucun selon la tradition.
Par leurs luttes, ne serait ce que pour la survie, elles sont citées en exemple par des organisations non-gouvernementales et elles servent de modèle pour d’autres communautés de femmes se constituant. Il existe actuellement des dizaines de communautés plus petites de femmes kenyanes ayant subi des parcours similaires qui viennent apprendre comment mieux s’en sortir à Umoja.

Alors oui, elles veulent changer la coutume parce que la coutume est injuste cruelle.
La petite influence qu’elles peuvent avoir, leurs filles ne pouvant accepter un sort inique ayant vu d’autres choses, leurs fils ayant appris le respect des femmes dans leur enfance, l’exemple qu’elles donnent à d’autres femmes, leurs actions, ce dont bénéficie la communauté par voie de conséquence, tout cela contribue à changer lentement les choses, avec espoir qu’un jour ce genre de village n’ait plus de raisons d’être.
2011 - New York - Women in the World summit
2011 – New York – Women in the World summit
Wajeha H. Al-Huwaider, Phellicia Dell, Rebecca Lolosoli, Hillary Rodham Clinton, Tina Brown
La portée internationale qu’a pris leur cas a aussi contribué à une reconnaissance du problème des droits des femmes au Kenya. Cela se combine avec d’autres mouvements en lutte. Ainsi, la nouvelle constitution kenyane prévoit le droit à la propriété pour tout le monde maintenant. Autre illustration du combat des Kenyanes, le 7 octobre 2010, le Kenya a ratifié le protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif aux droits des femmes. Mais la lutte est encore longue pour faire appliquer ces droits. Bien d’autres avancées sont encore à faire pour rattraper le retard pris par le Kenya sur le sujet, empêtré dans les droits coutumiers et religieux.
Un autre point et non des moindres pour elles est leur coopération avec Martyn Day, un avocat londonien liés aux droits humains, face aux autorités militaires britanniques pour les viols subis par des femmes samburus et massaïs par des soldats. Elles espèrent que les investigations iront à leur terme et déboucheront sur un procès.
Un reportage français
Leur cas n’est pas passé totalement inaperçu au niveau international, elles ont reçu divers soutiens et on fait l’objet de reportages.

En 2008, en particulier, Jean Crousillac et Jean-Marc Sainclair firent un film sur ces femmes qui fut salué par de nombreux prix. Mais au delà de ça, il a permis de mieux faire comprendre ces femmes.

Bande annonce:
Un autre reportage
360° Géo – Arte – 2006
Complet 43:04
http://videos.arte.tv/fr/videos/360_geo-3755656.html
Un petit mot
Je sais très bien que parmi les personnes qui liront cet article, un certain nombre émettra des critiques ou des réserves sur leur manière de faire les choses, leurs intentions ou autres.
Soit. Mais ces critiques ne sont pas issues de cette culture, ne sont pas passées par ce à travers quoi elles sont passées et n’ont jamais eu une perspective d’avenir comme elles ont eu.

Des communautés comme celle d’Umoja ne devraient pas exister. Il est souhaitable qu’elles n’aient plus de raisons d’être, car ça voudrait dire que la combinaison de malheurs qui en est à l’origine n’existe plus et que les sociétés où elles évoluent sont devenues saines. En attendant, je leur souhaite la plus grande réussite, car ce qu’elles font est important.

Voilà, c’était ma manière de saluer le courage de ses femmes, qui malgré les épreuves qu’elles ont subi, ont trouvé la force de se redresser et de lutter pour une vie meilleure et une vie meilleure pour d’autres.
Quelques liens pour aller plus loin
http://www.umojawomen.org/
En anglais. Il date un peu, mais l’essentiel y est sur les tenants du village et ses implications.

Sur le reportage de Jean Crousillac et Jean-Marc Sainclair
http://www.umoja-film.com

Site de quelques organisations collaborant avec Umoja
Advocacy Project – http://www.advocacynet.org/
Madre – http://www.madre.org/
Vital Voices – http://www.vitalvoices.org/

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Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (4)

15 septembre 2010 à 09:21 | Publié dans Circé, Penthésilée | 5 commentaires
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Suite de
Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (1)
Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (2)
Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (3)
Ayant montré avec les articles précédent de cette série qu’il s’agit bien d’une démarche féministe présente aussi chez des femmes d’origine musulmane, voire toujours musulmane, que ces femmes sont de diverses origines ethniques, qu’il y en a même de plus virulentes que moi sur ce sujet, ayant déjà montré aussi que je m’en prenais toutes religions faisant montre de misogynie, ayant évoqué la pas-si-blanchitude de ma compagne, ayant évoqué ma copine Aïcha dans un article ou deux, n’ayant pas encore évoqué mon admiration pour les travaux de Caroline Fourest sur le sujet mais ça pourrait venir un jour, je me permets de développer un article personnel.
Sans entrer abruptement dans la polémique, abordons l’argument théologique…
(Je n’entrerai même pas sur le sujet que le coran ait été écrit longtemps après la mort de Mahomet et de ses compagnons et que Mahomet étant illettré, il aurait eu du mal à l’écrire, surtout décédé… Question « commandements divins » retranscrits avec fidélité et étant la « parole divine », ça part mal dès le départ, ce n’est pas crédible, mais ce n’est pas le sujet, j’ai déjà abordé ces problématiques ICI et ICI…)

Comme on tente de nous le faire croire, l’ordonnance du pour du voile est il un commandement marqué dans le coran?

Alors, voici les sources que l’on donne:

Sourate 24, An nour, verset 31:
Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur khimar sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes….

et

Sourate 33, Al ahzab, verset 59:
Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs jilbeb: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.
De là, se pose naturellement la question de savoir ce que peuvent bien être un khimar et des jilbeb…

Les traductions courantes donnent respectivement ‘voile’ et ‘grands voiles’

Mais question fringues, il n’y a pas besoin de me pousser beaucoup pour me lancer à faire quelques recherches…
Une recherche rapide sur n’importe quel moteur de recherche vous montrera d’immondes sacs à patates, cependant, il convient de se pencher un peu plus à l’époque et localement sur la péninsule arabique pour trouver que ça n’a aucun rapport avec ces horreurs… Je vous l’accorde, ce n’est pas simple à trouver.

Et là, surprise!

Khimar/khumur: C’est un châle. Sa vocation première est d’être porté sur les épaules, tout autre port, en particulier sur la tête n’est lié qu’aux circonstances, froid ou sortie au soleil intense. Sinon, il reste sur les épaules, voire noué à la taille si son port aux épaule est inadapté aux épaules.

Jilbâb/jilbeb: C’est tout simplement une robe ample, ça a d’ailleurs donné le mot que l’on connait mieux: djellaba.
Après avoir fait quelques recherches plus approfondies, il s’avère que le jilbâb d’époque est ouvert sur le devant et s’attache, en aucun cas il n’a vocation à couvrir la tête… …ou alors, ça en devient ridicule…
Là, je dois passer outre encore le fait que l’espèce d’imbécile ayant la parole sur le second extrait est incapable de reconnaitre une femme tellement il peut avoir le nez plongé dans son décolleté et qu’il trouve normal de les violer par la suite.
A part ça, c’est censé être d’un très haut niveau de spiritualité…
Le premier passage fait donc référence à rabattre son châle sur sa poitrine, le second à rabattre les revers de sa robe sur sa poitrine.

Il faut quand même être sérieusement tordu pour arriver à confondre la poitrine d’une femme avec sa tête (sauf si vous êtes comme l’autre tâchon obsédé qui n’est pas fichu de reconnaitre leur visage si elles ont un décolleté…).

Au bout du compte, ces passages sont même insultants pour les hommes. Sous prétexte qu’une femme ne serait pas avec la poitrine complètement couverte, ça les transformerait en obsédés sexuels incontrôlables. D’un autre côté, ça correspond tout à fait à ce qui est valident en long et en large par des « docteurs de la foi »…
Il faut arrêter le délire! Si ces hommes ne savent pas se tenir, c’est qu’ils sont quoi? Des croyants? Des hommes justes? Pfff…
Et il est censé y avoir de la spiritualité là-dedans?

Bref, avec ça, on en arrive qu’il n’y a aucune sourate dans le coran évoquant le port d’un voile sur la tête pour les femmes.

Cependant, on en arrive quand même à la conclusion suivante:
Dire que le port du voile est une obligation pour les femmes marquée dans le coran est un mensonge, une fumisterie et une mécréance !
Il existe bien des hadîths qui sont interprétables dans ce sens, hors, ils sont censés être des paroles de Mahomet et de ses compagnons à titre personnel, en rien ils ne sont censés retranscrire des paroles ou une volonté divines. Eux-mêmes sont sujets aux mêmes restrictions de crédit que le coran du fait du décalage entre les évènements et leur transcription.

Quant aux dits de Aïcha, une des épouse de Mahomet, qui sont censés y être retranscrits, je n’ose même pas imaginer l’état psychologique d’une femme qui a connu sexuellement à l’âge de 9 ans son mari ‘prophète’ quinquagénaire. Elle est d’ailleurs la principale source de la chose.

Quant à la charia, elle n’est qu’un ensemble de lois n’ayant jamais (mais alors un jamais de chez jamais) eu la moindre inspiration divine, découlant de l’interprétation arbitraire des deux sources précédemment citées.
Alors qu’on arrête de dire que ces histoires de voiles sont du domaine du religieux, car ça n’en est pas !
Rien que pour ça, il est pour moi indubitable que le port du niqab /hijab /jilbab (dans sa définition moderne) /tchador /burqah /autres est un instrument d’oppression des femmes et non une simple pratique présentée comme religieuse pour se dédouaner de sa réelle nature puante de machisme patriarcal.

L’hypocrisie est allée jusqu’à changer les définitions des noms de ces vêtement pour devenir ces signes de soumission pitoyables, enfoncés dans les consciences générations après générations pour être sûrs (notez le masculin) que ces femmes ne puissent s’y soustraire.
C’est donc bien une pratique de domination absolue visant les femmes que représente cette pratique que la religion n’excuse même pas.

Pour moi donc, vouloir volontairement se voiler dans ces conditions est bien comme réclamer des chaines d’esclaves.
J’exprime donc ici ma totale solidarité d’âme envers mes sœurs, femmes de toutes ethnies, en lutte pour se libérer d’un patriarcat pseudo-religieux arbitraire et hypocrite.
Féminisme islamique
Féminisme lesbien
Qu’elles décident de garder leur foi, de la renier ou d’en changer, cela ne concerne qu’elles à titre individuel et personne n’a son mot à dire du moment que cela est fait en pleine conscience et sans contrainte.
Je pleure de rage pour toutes celles qui tombent face à l’obscurantisme de personnes se prétendant « être religieux » et qui sont la honte même du mot « religion ».
J’en appelle à toutes celles qui croient défendre leur religion, leur foi ou leur dieu dans l’observance et la défense de préceptes qui sont en eux-mêmes l’expression de la mécréance de certains hommes qui se sont autoproclamés d’une autorité divine à un moment de l’histoire.
Ouvertement, je les appelle à rejeter ces préceptes, voire à entrer en la rébellion contre eux, au nom même de leur foi !
J’en appelle à toutes celles qui croient défendre leur liberté de conscience et de religion en défendant les outils de leur oppression, alors que ceux-ci ne sont que des hérésies selon leurs principes mêmes.
Au nom de l’amour qu’elles portent à leurs jeunes sœurs, leurs filles ou à leurs petites-filles, je les exhorte et les implore de ne plus transmettre ces mensonges ou de les dénoncer en raison de ce qu’ils sont en réalité: la trahison même du Divin et du Sacré.
Suite:
Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (5)

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Les prêcheurs et la femme

20 mai 2010 à 10:31 | Publié dans Circé, Sappho | Laisser un commentaire
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– Je suis un prêcheur et je viens t’apporter la parole d’un dieu…
– De quel dieu me parles tu ?
– Du dieu de tous les hommes.
– Alors ce n’est pas un dieu pour les femmes.
– Mais c’est le dieu de tous les hommes et de toutes les femmes.
– Alors ce n’est pas un dieu pour les femmes. Sa parole a été transmise par des hommes qui y ont ajouté leurs propres volontés, leur propre soif de domination et de pouvoir, et cela est toujours aux dépens des femmes. Vas et reviens quand tu auras les paroles d’une déesse. Je saurai alors si tu es un menteur, car jamais une déesse ne voudrait nuire aux femmes.
– Mais s’il n’existait pas de déesses.
– Alors ce dieu n’existerait pas non plus, tu serais un menteur et cela désignerait tes maîtres pour vouloir nuire aux femmes.

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– Je viens t’apporter le message d’une déesse…
– De quelle déesse me parles tu ?
– De la déesse de tous les hommes et de toutes les femmes.
– Alors ton message ne m’intéresse pas. Si ce sont des hommes qui apportent le message d’une déesse aux femmes, alors ce qui ne concerne que les femmes ne leur a pas été dit, ce qui dérange les hommes sera caché et finalement, le message sera trahi. Envoies moi une prêcheuse qui a reçu le message de cette déesse, afin que celui-ci ne soit pas corrompu et que ce soit réellement son message.
– Mais tu n’avais dit de revenir quand je serai porteur des paroles d’une déesse.
– C’est vrai. D’ailleurs, que fais tu là? Il ne s’agit que d’un message et non de sa parole.

.

– Je suis une prêcheuse et je viens t’apporter la parole d’une déesse.
– De quelle déesse me parles tu ?
– De la déesse de toutes les femmes et de tous les hommes. J’ai reçu sa parole et je te la transmets de femme à femme sans qu’elle ait été corrompue.
– Ceci est bien, je suis prête à entendre sa parole.
– Alors écoutes. Elle veut…
– Attends, j’entends bien ta voix, mais pas celle de la déesse dont tu m’as parlé. Tu n’es pas une déesse car tu m’as dit être prêcheuse. Tu n’es donc qu’une femme comme moi.
– Mais je suis porteuse de ce message de sa part.
– J’entends bien. Mais tu m’as dit être porteuse de sa parole et non d’un message, je dois entendre cette déesse et non une femme. Si je n’entends pas cette déesse, cette parole sera celle d’une femme comme moi et toutes celles autour de moi. Si tu n’es pas en mesure de me faire entendre cette déesse, alors tu es une menteuse en disant être porteuse de sa parole, peut-être encore es-tu encore plus menteuse et cette déesse n’existe pas.
– Tu es dure avec moi, je me suis trompée, j’ai un message d’elle pour toi.
– Bien. Je veux bien t’écouter, mais avant, tu devras me dire si à au moins une seule des questions suivantes la réponse est non. Es tu celle qui a reçu ce message? Es tu sûre de chaque mot et de chaque intonation de ce message? Ce message n’était il destiné qu’à moi? Ce message est il récent? Si à la moindre de ses questions la réponse est non, alors ce message sera à prendre avec prudence, il peut être un faux, a pu se déformer, ne pas être fait pour moi ou ne plus être valable.
– Mais il s’agit d’un message divin!
– Prêcheuse… Apprends alors que les humains mentent en se substituant aux déesses et dieux et en déformant les messages des dieux et déesses pour leur intérêt. Apprends aussi que les déesses et les dieux envisagent des choses différentes pour chacun de nous et que dieux et déesses peuvent changer d’avis selon comment évolue le monde. Seule leur nature ne change pas et même de ça je ne suis pas sûre.
– Et si la réponse est oui à toutes ces questions?
– Alors, il me faudra prendre quand même ce message avec prudence, car ce n’est pas moi qui aurait entendu la parole de cette déesse.

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– Prêcheur, prêcheuse, je suis une femme, je ne porte la parole d’aucun dieu pas plus que la parole d’une déesse, je ne détient de message d’aucune déesse pas plus que de message d’un dieu.
– Que me veux tu?
– Je t’invites à partager nos connaissances, nos sagesses et nos expériences sans que cet échange ne soit perturbé par des choses qui soient extérieure à notre nature d’humains, d’égal à égale, car dans notre humanité aucun de nous n’est supérieur à l’autre, ton rôle de prêcheur ne te fait pas plus humain que moi.
– Et à moi?
– Je t’invite à la même chose. Nous pourrons en plus échanger sur nos connaissances, nos sagesses et nos expériences de notre nature de femmes, d’égale à égale, pour les mêmes raisons.

– Envoyez vos commentaires –

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