Le droit à l’enfant, une hypocrisie homophobe à la mode

11 juin 2011 à 21:40 | Publié dans Arc en ciel | 8 commentaires
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Bonjour l’invention hypocrite homophobe !

Ces temps-ci, on a doit régulièrement à cette idée:
Aujourd’hui on nous parle du droit à l’enfant, alors que ce qui est prioritaire est de droits de l’enfant.
Il y a juste un problème:
Les seules personnes à parler de ce « droit à l’enfant » sont des opposants à l’homoparentalité, cette expression n’est utilisée par personne d’autre…

Mais je suis allée un peu vite, parce qu’on me dira qu’il y a aussi des opposants à la GPA (gestation pour autrui /principe des mères porteuse) à parler dénoncer un quelconque « droit à l’enfant ». Mais en regardant de plus près, on s’aperçoit que quasiment seuls ceux qui s’opposent à l’homoparentalité masculine emploient ce terme, les opposants à la GPA ne se prononçant pas sur l’homoparentalité n’emploient pas cet notion, mais d’autres arguments principaux… Etrange…

Il y a aussi ceux qui s’opposent à l’insémination avec donneur pour raison religieuse… …qui « étrangement » sont aussi opposés à l’homoparentalité…
Dans le style débiles, ils se la posent. Si je tombais enceinte suite à un viol, ils voudraient que je n’avorte pas et garde l’enfant même si je suis hantée par le souvenir du moment de sa conception, mais l’avoir de mon propre gré, c’est impensable!
Avant de se poser comme gardiens de la moralité, il faudrait peut-être qu’ils commencent par se poser la question de la validité de la leur. Paille et poutre!

Toujours au chapitre hypocrisie, ça ne règle en rien les problèmes des enfants conçus et vivant dans des familles homoparentales, un de leurs parents n’est pas reconnu avec toute les préjudices possibles que cela entraine pour eux. « Etrange » que leurs droits à eux soient totalement ignorés par les pseudo-défenseurs des droits de l’enfant… Mais comme ils se sont opposés aux « droit à l’enfant », c’est une fin de débat et les enfants d’homos peuvent crever… Qu’on ne me dise pas qu’il n’y a pas d’homophobie là-dessous.

Bref, on sait qu’on nage en pleine hypocrisie homophobe dès qu’on commence à entendre parler de « droit à l’enfant ».
Création de toute pièce
Je trouve personnellement culotté de s’opposer une chose qui n’a jamais été évoquée et d’utiliser ça comme prétexte de refus pour autre chose.

Il est évident que la seule origine de cette expression est pour faire un effet de style. Alors dans notre théoriquement démocratie, on en est réduit à des effets de style? Malheureusement, il semblerait que ce soit le point de vue de certains qui préfèrent éviter un débat de fond et les conséquences que celui-ci pourrait apporter.

On trouvera aussi dans le même genre de formule « Il faut un islam de France et non un islam en France ». La notion d' »islam de France » n’a pas le moindre sens, encore plus dans une république laïque.

Mais revenons sur ce genre de formules et le paradoxe hypocrite créé par leurs inventeurs, en inventant moi aussi, puisse que ça serait normal:
Pour remettre en cause l’accouchement sous X, ils ont inventé le « droits aux parents », mais que font-ils du droit des « parents » ? Les mêmes se plaignent du trop grand nombre d’avortements, mais en remettant en cause l’accouchement sous X, il ne faut pas qu’ils s’attendent à une baisse des avortements, au contraire, personne n’a envie de revoir lui ressauter au visage un passé potentiellement douloureux 18 ans après.
Alors un peu de cohérence, de réflexion et qu’on en finisse avec ces formules de style qui cachent la misère des raisonnements et la haine qui se cache derrière.
Pour le bien de l’enfant…
Il faudra m’expliquer en quoi le fait de ne pas reconnaitre ses deux parents est pour le bien de l’enfant…

Donc, c’est pour le bien de l’enfant que:
  • Son modèle familial est nié.
  • Son parent social est nié, même s’il a contribué dans la décision de sa conception.
  • Son fratrie sociale est niée.
  • Le reste de leur famille du côté du parent sociale est nié.
  • Son parent social ne puisse pas les prendre à la sortie de l’école.
  • Son parent social ne puisse pas prendre une décision médicale d’urgence en cas d’accident.
  • Son parent social ne puisse pas entrer ou sortir du sol français seul avec eux, même si c’est pour rejoindre le parent biologique.
  • En cas de décès du parent biologique, il puisse être retiré à son parent social et à sa fratrie sociale.
    (Hors tutelle testamentaire, mais qui peut être contestée.)
  • En cas de décès du parent biologique, il puisse être confié sans le moindre contrôle à ses grands-parents ayant potentiellement chassé leur parent biologique de chez eux et de subir l’humiliation de ses parents insultés par ce type de grands-parents.
  • En cas de décès du parent biologique, il puisse être confié à la DDASS plutôt qu’à son parent social.
  • En cas de naissance à l’étranger, il puisse être apatride du fait du refus de retranscription de son acte de naissance par le pays de ses parents.
  • Son existence même est niée par l’état dont il est ressortissant dans le cadre de débats de société.
Moi je dis que tout ça est charmant pour des personnes qui se prétendent si soucieuses du droit de l’enfant…

Après ces mêmes personnes nous disent aussi que l’enfant à besoin de références…
C’est de l’humour? C’est eux qui leurs nient leurs références réelles.
Hypocrisie…

Mais ils doivent considérer que ce n’est pas grave, puisse que ça concerne principalement des enfants de sous-citoyens, autant leur donner une sous-citoyenneté aussi…
Une rare exception
Autant la mentionner avant qu’on me la donne en contre:
L’anthropologue Françoise Héritier
Cette dernière c’est exprimée dans un article contre la GPA quel que soit le type de couple mais se pose comme globalement favorable à l’homoparentalité. Cependant, pour ce que j’ai pu en lire, elle ne maîtrise pas vraiment le sujet de la GPA et des motivations des porteuses.
Note
En cette période de préparation à la campagne présidentielle de 2012, je suis déjà tombée sur une publication d’un parti utilisant cette notion de « droit à l’enfant » pour s’opposer à la reconnaissance de l’homoparentalité proposé par un autre. Même si le nom du premier est évident, il n’y a qu’à faire une recherche pour voir celui qui utilise le plus cette appellation si vous avez un doute…

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8 commentaires »

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  1. Tellement vrai !
    On voit cet argument partout, pourtant j’ai eu beau lire et relire la déclaration des droits de l’enfants de l’UNESCO, je n’y ai trouvé aucune référence ! 😀

  2. Il y a juste un problème:
    Les seules personnes à parler de ce « droit des minorités » sont des personnes issues de ces minorités.

    Donc c’est pas valable ?

    • Et bien non…
      Cette expression n’est pas utilisée par les homos eux-mêmes, elle est systématiquement refusée par les représentants associatifs lgbt quand évoquée.
       
      (Par contre, si tu avais raison, j’aimerais bien savoir tes sources pour dire que Christine Boutin et Marine Lepen sont lesbiennes… Je suis aussi preneuse pour le pape et cardinaux s’exprimant sur le sujet et pour le reste des politiciens.)

  3. Je vais peut-être choquer du monde, mais avant de faire un enfant, les couples devraient passer une expertise psychologique afin de déterminer si ce seront des parents responsables ou des irresponsables. Un enfant est un être humain, pas un(e) héritier(ère) ou une béquille pour les vieux jours. Dire « droit à l’enfant », est-ce que ce n’est pas irresponsable? « J’ai droit à »… donc je me sers. Bizarre. A-t-on lu Khalil Gibran avant de prendre une telle décision? Excusez-moi si je bouscule du monde, mais c’est une décision grave à prendre.

    • Sauf que comme je le marque dans cet article, cette notion de « droit à l’enfant » n’est réclamée par personne…

      Sinon, comment envisages-tu de faire passer des expertises psychologiques à tout le monde avant d’avoir des enfants? Comment vas-tu empêcher ceux qui ne l’ont pas encore passée et ceux qui ont échouer d’avoir des enfants? Veux-tu stériliser ceux qui ont échoué à ton expertise?

      Quant à la lecture de Khalil Gibran… Je ne suis pas bien convaincue…

  4. Ce que je veux dire par là, c’est qu’on passe bien des bilans de compétence pour changer de métier. Pourquoi ne pas tenter le coup pour déterminer si on est à même d’élever un enfant? Je ne sais pas si c’est vrai que les couples qui veulent adopter un enfant doivent avoir un entretien préalable, mais pourquoi ceux qui veulent en avoir un « à eux » ne tentent-ils pas l’expérience? Il ne s’agit pas d’obliger tout le monde à passer des tests, ou de stériliser ceux qui ont échoué, c’est à chacun d’agir en conscience et je dis bien « agir en conscience », car je le répète, faire un enfant, ça n’est pas à prendre à la légère. Je reprends cette phrase:
    « Les seules personnes à parler de ce “droit à l’enfant” sont des opposants à l’homoparentalité, cette expression n’est utilisée par personne d’autre… » mais rien que l’expression « droit à l’enfant » me fait bouillir.
    Tout le monde peut décréter qu’il a le droit d’avoir un enfant, ou de faire un enfant, mais pour quelles raisons? « Parce que c’est la nature », « pour payer la maison », « par accident ou par distraction ». Combien filent à l’anglaise une fois la compagne enceinte, ou se désintéressent totalement de l’éducation des petits? Pourtant, ils « ont droit à l’enfant ».
    Pour Khalil GIbran, ce qu’il veut dire, c’est que les enfants ne sont pas la propriété des parents. (Le texte est dans « le jardin du prophète »). Ca fait réfléchir quand même et ce passage devrait être largement diffusé. Je ne sais pas si je suis plus clair, mais ce que je veux dire, c’est que ce ne sont pas que 2 personnes qui sont impliquées.
    En ce qui concerne les enfants qu’on vient chercher à l’école, je ne savais pas que son parent social, comme vous le faites remarquer, n’en avait pas le droit, je pensais que la législation avait évolué.

    • Les couples qui veulent adopter doivent faire bien plus que passer un entretien, ils doivent obtenir un agrément. C’est un long chemin où leur vie est décortiquée, avec ça, ils ne sont même pas certains qu’un enfant les rejoigne, ce n’est que le sésame vers qu’autres complications.

      Personnellement, je ne suis pas pour ce que tu évoques. Déjà, je dirais que c’est impossible de manière pratique. Mais au delà de ça, c’est émettre des doutes sur les personnes à pouvoir élever un enfant sans que cela soit motivé par un soupçon ou un indice. Ainsi, ce que tu évoques se fait quand il y a des doutes qui pourraient concerner les affaires sociales ou la justice, mais je ne pense pas que la solution de « test la parentabilité » soit la bonne solution.
      Ce que tu évoques par Khalil Gibran, je le tourne un peu autrement, par l’éducation. Comme il y a des cours de SVT ou on aborde des sujets écologiques ou liés à des aspects civiques et sociaux, ça serait plus là que ce que tu évoques pourrait se faire, sans forcément que ça passe par cet auteur.

      Sinon, oui, le parent social est toujours un parfait inconnu. On en a bien vu passer des promesses, mais aucune n’a été tenue.

  5. Evidemment, une information en amont est toujours nécessaire, mais dans mon esprit, le « test de parentabilité » ne peut être qu’une démarche volontaire. (Et puis il y a les à côtés, c’est à dire les structures: écoles, crèches, hôpitaux… et comme les situations des crèches, des écoles et des hôpitaux sont très inquiétantes… mais je m’éloigne). Je pense à la maltraitance sur les enfants, comment la prévenir, comment la combattre. Des affiches dans les hôpitaux informent les parents qu’il ne faut pas secouer leur bébé.Je pense aussi à ceux qui, victimes de maltraitance, craignent de reproduire ces schémas, c’est pourquoi une évaluation peut être d’une grande aide. Mais au delà de tout cela, c’est à chacun de se poser en toute conscience la question: « pourquoi veut-on exactement un enfant »? J’ai évoqué la maltraitance physique, mais que dire de la maltraitance mentale, du ou des parents qui prennent l’enfant pour souffre-douleur, et qui l’humilient régulièrement? Il ne faut pas se cacher que cela existe, qu’il y aura toujours des pervers pour assouvir leur besoin de domination sur les plus faibles. Malheureusement, comment détecter et prévenir ces comportements pervers? Tant qu’ils ne passent pas à l’action, on ne peut pas les soupçonner de quoi que ce soit, c’est entendu. Pour Khalil Gibran, je l’ai cité dans un but philosophique, mais d’autres écrivains partagent sûrement les mêmes idées en les exprimant autrement. Voilà, j’espère que je ne vous encombre pas trop. Qu’en pensent les autres?


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