Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (2)

7 juillet 2010 à 15:13 | Publié dans Penthésilée | 6 commentaires
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Suite de Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (1)

Malalai Joya

– menacée de mort –
Afgahne, née en 1978, femme politique, ex-députée (exclue en 2007)
Auteur de Au nom de mon peuple – Une femme afghane contre les seigneurs de la guerre
Dirigeante de l’OPAWC (Organization of Promoting Afghan Women’s Capabilities)
 
Citation: « le gouvernement américain a effectivement renversé le régime des Talibans, avec son esprit médiéval et ses maîtres d’Al Quaeda. Mais ils ont permis à l’Alliance du Nord d’accéder à nouveau au pouvoir. Ce groupe ressemble aux Talibans sur le plan des croyances, et est aussi brutal et anti-démocratique que les Talibans. Parfois encore pire. (…) Lorsque le pays tout entier vit à l’ombre des armes à feu et des seigneurs de la guerre, comment ses femmes peuvent-elles jouir des libertés les plus fondamentales ? Contrairement à la propagande diffusée par certains médias dans l’Ouest, les hommes et les femmes en Afghanistan n’ont pas été “libérés” du tout. »
 
Nabila Mounib

 
Marocaine, professeur universitaire, secrétaire générale du syndicat de l’enseignement supérieur à Casablanca
Musulmane
Citation: « L’égalité entre les deux sexes ne doit pas se cantonner au niveau politique. Elle doit être garantie aussi et surtout sur le plan civil. Nous appelons donc à la levée totale des réserves sur la discrimination à l’égard de la femme sur tous les plan »
 
Rachida Khalil

 
Franco-marocaine, née en 1973 au Maroc, comédienne

Même si elle n’est pas connue pour être une grande militante du droit des femmes, la vidéo ci-dessous est forte de sincérité et met en avant ce que que je disais dans l’article précédent sur la difficulté de tenir les mêmes propos pour une occidentale.

Djemila Benhabib

 
Québécoise, d’origine algérienne, exilée d’Algérie, née en 1972 en Ukraine, journaliste, écrivaine
Auteur de Ma Vie à contre-Coran
 
Citation: « Trop de femmes dans le monde se font encore humilier, battre, violenter, répudier, assassiner, brûler, fouetter et lapider. Au nom de quoi ? De la religion, de l’islam en l’occurrence et de son instrumentalisation. Pour refuser un mariage arrangé, le port du voile islamique ou encore pour avoir demandé le divorce, porté un pantalon, conduit une voiture et même avoir franchi le seuil de la porte sans la permission du mâle, des femmes, tant de femmes subissent la barbarie dans leur chair.(…)Il y a aussi ce courant de pensée relativiste qui prétend qu’au nom des cultures et des traditions nous devons accepter la régression, qui confine l’autre dans un statut de victime perpétuelle et nous culpabilise pour nos choix de société en nous traitant de racistes et d’islamophobes lorsque nous défendons l’égalité des sexes et la laïcité »
(Extrait d’une lettre lue au Sénat français‏)
 
Suite:
Après nos soutifs, aidons les à brûler leurs voiles… (3)
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  1. S’offusquer du voile qu’on impose à des femmes, bien sûr, mais n’oublions pas la dérive inverse. Je voyais il y a peu de temps une gamine de 13 ans qui disait que si elle ne mettait pas de string, elle se ferait rejeter par ses copines sous prétexte qu’elle porte « des culottes de grand-mère ». C’est aussi une pression sociale inacceptable.

    Pourquoi des gamines de cet âge ressentent-elles l’obligation de s’habiller comme des putes ? Car une pute ne mettra jamais de voile, bien évidemment, mais mettra un string, une mini-jupe et un mini T-shirt qui laisse voir le nombril. Les putes mettent ça parce qu’elles se vendent en tant qu’objet sexuel. Un statut d’objet sexuel qui est en train de gagner les cours de récré et les rues.

    Non au voile qui cache la femme, mais non aussi aux tenues qui font un objet sexuel de la femme. Non aux pressions de toutes sortes. On ne doit pas être rejetée si on ne met pas de voile, on ne doit pas être rejetée si on ne met pas de string. D’ailleurs, en France, la pression qui incite au string me semble incommensurablement plus forte que la pression qui incite au voile. Combien de françaises sont passées au voile ? Combien sont passées au string ? Et pourquoi ?

    La femme ne doit subir de pression ni d’un homme, ni d’une tendance marketing qui veut faire d’elle une poupée bimbo sexy.

    • Je dis clairement: Hors Sujet
      Personne ne tente de mettre la moindre idéologie dominatrice au port du string.

       

      Mais je réponds quand même.

       

      Casons ça vite sur le sujet des rejets entre adolescentes sur les sujets de mode: C’est juste une histoire de manque de maturité. La tranche d’âge concernée est très restreinte et cette période ne dure pas longtemps, c’est des réactions de gamines.

       

      .

       

      Qu’il y ait une poussée du marketing et des entreprises de communication à tendre à amener à une consommation, OK, qu’il y ait exploitation consumériste de la tendance des jeunes fille sà vouloir « paraitre plus vieilles » en se sexualisant, idem, par contre, ça s’arrête là.

       

      Il ne faut pas confondre un héritage du patriarcat de perception de la mise à disposition et l’objétisation du corps féminin avec une libre disposition de celui-ci par les principales concernées et une culpabilisation infondée de celui-ci.
      Je suis contre la sexualisation trop précoce des adolescentes et l’exploitation de leur non-maîtrise des codes sexués. Cependant, le port de la mini-jupe ou de la brassière ne peut pas se réduire à ça. Leur refus est d’ailleurs plus généralement pour raison de cette culpabilité du corps que réellement pour raison d’image sexuée indument qu’elles voudraient renvoyer. Aussi, le problème est plus dans la réception de celles-ci, justement à cause de ces schémas patriarcaux.
      Si on prend par exemple la Sparte antique, culturellement sans cette culpabilité du corps, la présence nus de jeunes gens des deux sexes ne renvoyaient en rien à une approche sexuelle, les deux sexes ayant l’habitude de se côtoyer ainsi. C’est la même chose que dans les camps nudistes, mais appliqué à une société.

       

      Ainsi, le problème est donc plus un problème culturel lié à notre héritage judéo-chrétien patriarcal.
      La preuve: tu associes string, vêtements légers et prostitution.

       
      La femme ne doit subir de pression ni d’un homme, ni d’une tendance marketing qui veut faire d’elle une poupée bimbo sexy.

      Je suis d’accord. Cependant, cet argument lié au marketing ne doit en rien servir à limiter ses choix individuels pris en toute liberté.
      J’aime moi-même être sexy justement, c’est juste pour me faire plaisir et cela entre dans une logique de jeu de séduction permanent avec ma compagne.
      Si après certains y voient autre chose et qu’ils sentent que c’est dirigé vers eux alors que rien dans mon comportement n’y laisse penser, ce n’est pas mon problème tant qu’ils n’interfèrent pas, c’est qu’ils ont en eux déjà une vision réductrice, une logique à l’objétisation sexuelle, ce que tu appelles « poupée bimbo sexy ». Beaucoup l’ont appris à leurs dépens…
      Et on en revient encore à un problème d’origine culturel…

       

      • Le problème, c’est que lorsque des millions de jeunes femmes et femmes se mettent à faire la même chose en même temps, on ne peut guère parler de libre arbitre, de choix individuel.

        Personne n’avait de problème avec les « culottes de grand-mère ». Toutes les femmes en portaient et personne ne se disait « ah mais quelle horreur, vivement qu’on invente autre chose ». Demande à ta maman si elle ressentait le moindre besoin de nouveaux dessous.

        Aujourd’hui, toutes les jeunes femmes ressentent le besoin de changer de dessous, au même moment ! Drôle de coïncidence. C’est du conditionnement, pas du libre arbitre.

        Est-ce que aujourd’hui, les femmes ressentent le besoin d’un nouveau type de sous-vêtement qui succèderait au string ? Non. Elles veulent le string. Rendez-vous dans 10 ans, pour voir ce qu’elles en penseront. Ce qui est « super bien » aujourd’hui sera d’un coup « super ringard », et il faudra porter autre chose que d’un coup tout le monde va se mettre à trouver super, au même moment.

        Personne ne tente de mettre la moindre idéologie dominatrice au port du string.

        La société de consommation est une idéologie dominante et aliénante. Elle consiste à créer sans cesse de nouveaux besoin artificiels. Le string nous va très bien actuellement, bientôt il ne nous ira plus du tout, il faudra aller faire les boutiques. Le délai entre deux générations de produits est de plus en plus court. Tellement court qu’on voit une différence assez nette entre des parents et leurs enfants. Il y a encore peu de temps, enfants et parents portaient la même chose car les nouveautés mettaient beaucoup de temps à arriver. Et surtout, ces nouveautés n’étaient pas le produit du département marketing d’une entreprise qui vend sur toute la planète.

        C’est juste une histoire de manque de maturité. La tranche d’âge concernée est très restreinte et cette période ne dure pas longtemps, c’est des réactions de gamines

        Non, les gamines ne vont pas délaisser leur string une fois adulte. Elles vont rester des consommatrices, et encore plus que pendant leur adolescence. J’en veux pour preuve la taille des rayons de sous-vêtements dans les magasins : le rayon adulte est incomparablement plus grand. Ce sont les adultes qui font la fortune d’Aubade, pas les gamines.

        Et chez les adultes, la pression existe aussi. Tu veux une preuve ? Essaie de ne pas suivre la masse. Essaie de t’habiller comme ta grand-maman. Et ensuite essaie de séduire. Tu vas vite comprendre que si tu ne te ranges pas fissa à la norme, ça va être difficile pour toi. Tu crois que les adultes n’ont aucun problème avec un monsieur qui s’habille comme dans les années 50, qui porte des slips kangourou ? Je pense que si, et pourtant à son époque, ce monsieur ne posait problème à personne. Il a fallu apprendre un nouveau besoin. Tu es adulte, et pourtant toi aussi tu participes à cette pression sociale qui dit « tu dois te mettre à acheter ça pour exister ».

        Et même si tu ne le fais pas, la médiatisation s’en charge pour toi. Des milliers de jeunes hommes ont vu cette scène d’un film célèbre et se sont dit « bon, je vais changer de dessous ». Ce film date de 1979, et les dessous masculins ont changé 4 fois depuis. En 30 ans. Alors qu’avant ils n’avaient pas bougé une seule fois pendant au moins 50 ans.

        J’aime moi-même être sexy justement, c’est juste pour me faire plaisir et cela entre dans une logique de jeu de séduction permanent avec ma compagne

        Si tu penses que c’est ton libre-arbitre et que la société de consommation ne te conditionne pas, alors tu te trompes. Tu n’es pas un miracle unique qui ferait les mêmes choix de consommation que la masse par coïncidence. Tu es juste une personne parmis les autres, comme moi, comme tout le monde ou presque.

        Demande à tes amies pourquoi elles préfèrent le string. Qui va te répondre « c’est le conditionnement de la société de consommation qui m’en a donné le besoin artificiellement, alors qu’avant personne n’en ressentait le besoin » ? Personne. On va te répondre « parce que c’est plus joli/sexy ». La réponse sera totalement sincère, mais fausse. Il s’agit donc bien d’une aliénation, quand on en vient à ne même plus comprendre ce qu’on fait. Le département marketing d’Aubade, lui il comprend. On trouve des livres de publicitaires qui expliquent ça très bien, comment faire croire qu’on veut aller acheter quelque chose alors qu’en fait, c’est le produit qui s’impose à nous.

        Je ne sais pas si tu es au courant, sinon tu peux chercher sur le web, mais le neuro-marketing vient d’être inventé récemment. Des neuropsychiatres qui bossent conjointement avec des publicitaires pour déterminer le moyen de modeler un message qui va faire mouche sur le cerveau de manière mathématique. Voilà à quoi les gens vont bientôt être exposés. Et ils iront acheter les produits en pensant que c’est leur libre arbitre, leur choix, le même choix que tout le monde au même moment et dans le même environnement.

        Leur refus est d’ailleurs plus généralement pour raison de cette culpabilité du corps que réellement pour raison d’image sexuée indument qu’elles voudraient renvoyer.

        Sur quoi tu te bases pour dire ça ? Quel spécialiste de la question a affirmé que cette thèse est valable à notre époque ? Est-ce qu’une gamine culpabilise plus de son corps en 2010 qu’en 1950 ? Ca m’étonnerait beaucoup. On culpabilise de moins en moins. Mais on consomme de plus en plus.

        En conclusion, non à la pression. Celle d’un homme qui dit « tu dois mettre un voile » à sa femme. Celle, invisible, de la société qui dit « maintenant tu dois porter ça, sinon tu vas avoir du mal à trouver un mec et à être considérée ». Même si celle là se traduit par un plaisir (celui du shopping), ce qui en fait une pression perverse. On croit se soulager, alors qu’on ne fait que se soumettre. Donc pour moi, ce n’est pas hors sujet.

        Je fais l’impasse sur la direction prise par les produits au fil du temps, pour ne pas en rajouter 1000 lignes, mais essaie de l’analyser et tu verras, ce n’est absolument pas anodin.

        • Je confirme donc, c’est totalement hors sujet.
          Cela ne fait en rien référence à une idéologie posant une infériorisation arbitraire d’un être humain sur un autre en fonction d’un critère lié à sa nature propre.

           

          Il y a un truc qui s’appelle « la mode ».
          Ce n’est pas nouveau comme phénomène, ça date même de l’antiquité, voire d’avant.

           

          La mode à l’époque de nos grand-mère était différente, mais c’était quand même déjà à l’époque lié un effet de mode.

           

          Aujourd’hui comme hier, chacun a l’attitude qu’il veut vis à vis de ça.

           

          Les drapiers, couturiers, tisserands, etc. … de toutes époques et tous lieux se faisaient déjà des fortunes avec ça, ce n’est qu’une continuité naturelle de ce phénomène.

          • Ce n’est pas nouveau comme phénomène, ça date même de l’antiquité, voire d’avant.

            Alors tu n’a pas compris ce qu’est la société de consommation.

             

            – trolling édité et supprimé –

             

            ça ne me tombe pas du ciel.

          • Ce que je comprends surtout dans l’histoire c’est que tu es en train de comparer un phénomène qui est à l’origine de l’oppression de millions de femmes, de la mort de milliers d’entre elles dans des conditions ignobles avec la mode.

             

            La mode n’a jamais tué ou opprimé autre chose que l’orgueil des « belles gens ».

             

            Alors non seulement tu es un troll, mais tu es ignoble.
            A partir de maintenant, ce n’est plus la peine de continuer ton fload.


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