Artémis (+ un peu Léto et Apollon)

9 juin 2010 à 00:20 | Publié dans Circé | 4 commentaires
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Avant d’aborder le sujet d’Artémis, une précision est à faire: L’Artémis d’Ephèse n’a aucun rapport avec l’Artémis originelle. Je ne traiterai pas ici d’Ephesia.

Artémis est une déesse chasseresse, maîtresse de la nature sauvage, protectrice des jeunes filles, guerrière à l’occasion, incarnation de la lune quand elle est nouvelle ou croissante.

Elle fait partie des trois grandes parthénos avec Hestia et Athéna.

Elle est la fille de Léto et de Zeus.

Léto était l’épouse de Zeus avant que celui-ci n’épouse Héra. Harcelée par Héra, cette dernière lui interdit d’accoucher sur terre et envoit le serpent Python à sa poursuite. Elle se réfugie sur l’île d’Astérie/Ortygie, flottant entre la terre et la mer, elle n’y est donc pas l’objet de la malédiction d’Héra.
Elle accouche d’abord d’Artémis, puis d’Apollon.
Zeus fixera ensuite l’île qui prendra par la suite le nom de Délos.
Léto part ensuite en Lycie, où Héra ordonne à des paysans d’aller troubler les eaux du Scamandre/Xanthe où elle baigne ses enfants. Léto les fait chasser par des loups et les transforme en grenouilles.
Léto était donc adorée comme protectrice des accouchements difficiles et des enfants en bas âge.

Ayant grandi, Artémis et Apollon vont venger leur mère de Python en le tuant dans ses domaines à Delphes qui deviendront ceux d’Apollon.
Ils s’en prennent à l’arc ensuite aux enfants de Niobé (« inspirée » par Héra) qui se moquait de Léto qui n’avait eu que deux enfants, Artémis tue les filles et Apollon les garçons, laissant Niobé sans descendance (Il existe une version où il n’y a qu’une survivante restée toute sa vie blanche de terreur.). Un fragment d’une oeuvre de Sappho donne que Léto et Niobé étaient douces compagnes avant d’être mères. Ce qui explique ce que fait Niobé dans cette histoire.
Héra envoit ensuite Tityos violer Léto, mais là encore, ses deux enfants protègent leur mère en massacrant le géant de leurs flèches.
Elle tue Otos et Ephialtès qui voulaient l’enlever, les condamnant à un supplice sans fin aux enfers.

On comprendra aisément la haine des jumeaux envers Héra.
Artémis réclame/exige donc de Zeus de ne jamais avoir à se marier et ainsi passer sous l’égide d’Héra, et en obtient la promesse (Son frère ne se mariera pas non plus.).

Artémis est donc une déesse « jeune fille ». Elle est parthenos, refusant des rapports sexuels masculins, tant avec des dieux qu’avec des mortels. Cependant, entourée et menant de jeunes nymphes et mortelles, elle a donc avec elles des pratiques de jeunes filles, elle n’est donc pas à considérer comme vierge dans l’acceptation moderne du terme.
Elle traquera donc à mort son amante, la nymphe Callisto, transformée en ourse, après avoir découvert que celle-ci l’avait trompée et qu’elle avait été mise enceinte par Zeus qui avait pris sa forme la première fois. De même, le chasseur Actéon sera traqué et mis en pièces par ses chiens pour l’avoir observée à son bain.
Par la suite, une nymphe crétoise des montagnes (du mont Dicté), Britomartis, adorée en Crête sous le nom de Dictynna est devenue la compagne d’Artémis qui l’éleva au rang de déesse.

Son culte originel était exclusivement féminin. Les hommes surpris dans son sanctuaire étaient mis à mort. Celui-ci pouvait comprendre des cérémonies d’offrandes sensuelles de jeunes filles, seules ou ensemble. Il n’est donc pas surprenant de la retrouver associée à Aphrodite dans l’égide du thiase (institution éducative) de la maison des servantes des muses fondé par la poétesse Sappho pour les jeunes filles.

De même, si Artémis est honorée pour le mariage par les jeunes futures épouses, diverses offrandes lui étant faites avant le mariage et au début, cela se situe plus dans une logique que la jeune fille lui demande de pouvoir la laisser partir de sa protection et ses domaines afin de se marier. Ne pas honorer ces rites était considéré comme prendre le risque d’offusquer la déesse et que des malheurs puissent arriver dans le mariage.

Au moment de la guerre de Troie, Artémis, Apollon et Léto seront du côté des Troyens. Outre son affinité d’enfance en méditerranée orientale, l’histoire d’Iphigénie renforce sa position.
Agamemnon l’ayant offensée en prétendant être meilleur chasseur qu’elle, elle bloque le départ de la flotte achéenne vers Troie. Le devin Calchas fait son oracle et découvre qu’Artémis veut qu’Agamemnon lui offre en sacrifice sa fille Iphigénie. Au moment où Agamemnon s’apprête à sacrifier sa fille sur la plage, non sans l’avoir attirée par tromperie, Artémis lui substitue une biche et récupère Iphigénie pour l’amener dans un de ses temple, elle voulait Iphigénie pour son temple et non morte. Elle libère la flotte, mais prend part du côté troyen.

Elle préside aussi à l’agôgé (période d’éducation) de Sparte, tant pour les filles que pour les jeunes garçons, avant qu’ils ne passent sous l’égide d’Arès.

Voilà pour quelques grandes lignes concernant Artémis, chaque point nécessiterait des développements pour être mieux compris.

– Envoyez vos commentaires –

4 commentaires »

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  1. La réthorique classique qualifie Arthémis (Diane) de « chaste », ce qui est un contresens.
    En fait, ce dont a horreur Arthémis, c’est de la grossesse.
    C’est normal : Arthémis c’est la Lune et la Lune passe par des phases mensuelles.
    Qu’est ce qui passe par des phases mensuelles chez les humains , Ce sont les règles des femmes, et, donc, si les femmes sont « en phase » avec la Lune, c’est qu’elles ne sont pas enceintes !
    C’est la raison pour laquelle il fallait se la concilier avant le mariage et aussi pour laquelle elle était invoquée au moment des accouchements pour aider la parturiente a se délivrer de « la chose ».

    J’ai bien aimé ta note.

    •  
       
       
      En fait, ce dont a horreur Arthémis, c’est de la grossesse.
      C’est normal : Arthémis c’est la Lune et la Lune passe par des phases mensuelles.

      Pas tout à fait. Artémis est membre de la triade lunaire, il y a aussi Séléné (dont tu verras effectivement le lien à la maternité quand je publierai l’article) et Hékaté.

      L’association d’Artémis à l’accouchement vient surtout de sa présence lors de la naissance de son frère Apollon.

      Cela dit, par rapport à la grossesse, on ne peut pas vraiment dire qu’elle en a horreur, il serait plus convenable de dire que c’est du domaine de sa mère Léto.

      • C’est vrai, il s’agit d’une triade.
        J’attends avec impatience le prochain article.

  2. […] est une déesse chasseresse, maîtresse de la nature sauvage, protectrice des jeunes filles, guerrière à l’occasion, incarnation de la […]


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