Quand les cruchopaïennes insultent les déesses et les païennes…

8 novembre 2009 à 01:37 | Publié dans Circé, Penthésilée | 17 commentaires
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Ce petit article pour pousser mon coup de gueule envers les niaiseuses qui nuisent à la crédibilité des voies païennes contemporaines, aux féminines en particulier.

Pour qui a entendu parler de la wicca, le concept de « la déesse » n’est pas inconnu. De sa version initiale développée par G Gardner, diverses voies sont apparues, certaines faisant rupture pour devenir des voies féminines, le dianisme en particulier pour que ne citer que l’exemple le plus connu.
J’ai connu des dianiques en réel, ce n’est pas ma voie. Je n’ai jamais vraiment compris et encore moins adhéré au principe de « la déesse », toutes les déesses n’en étant qu’une. Selon les mythes, vue la haine d’Artémis envers Héra par exemple, je coince complètement à envisager et intégrer ce concept. Au fur et à mesure de mon évolution éolienne, « la déesse » s’est confirmée être un concept vide de sens, tant pour moi, que pour ma voie, j’étais donc cohérente.
J’en ai bien un notion animiste (voir ici pour une ébauche sur le sujet), mais qui n’a aucun rapport avec la notion wiccane.

Les faits…

Jusqu’à présent, il n’y avait pas de raisons à ce coup de gueule, les wiccanes faisaient leurs trucs de wiccanes avec leur déesse, je faisais mes trucs d’éolienne avec mes déesses. Leurs choses wiccanes ne m’intéressaient pas et je ne m’en mêlais pas, mes choses d’éoliennes les lassaient face à des notions inconnues pour elles sur lesquels elle ne s’aventuraient pas.
Le dialogue et l’échange étaient pourtant là, hors points liés aux spécificités de nos voies respectives, principalement par désintérêt de ma part envers les choses wiccanes, leurs célébrations et autres pratiques cultuelles n’ayant que peu de rapports avec les miennes.

Cependant, il y a peu, il s’est passé une annonce liée à l’établissement d’un « temple » féminin par un groupe. En soi, ça n’a pas de quoi me déranger, traditionnellement, les cultes grecs archaïques étaient souvent que d’un seuls sexe. Ce qui me pose problème est une dérive par rapport à la pratique wiccane normale.
En effet, dans cette annonce, il était fait mention que ce temple était dédié à la grande Déesse Universelle, mais qu’il était ouvert aux pratiquantes des autres voies, toutes les déesses y sont honorées, étant des facettes de la Déesse Universelle.
Et c’est la que ça coince…

L’insulte aux déesses et à leurs adeptes

« toutes les déesses étant des facettes de la Déesse Universelle »
En gros, ça revient à:
« toutes vos déesses ne sont que de pauvres trucs à côté de la nôtre et dépendent d’elle »

Génial, on m’invite à un temple où on infériorise mes déesses et où on m’impose un truc qui n’a pas de sens…
Mes déesses sont donc des facettes d’un non-sens…
Quant à moi, je suis donc tout naturellement une adepte de « facettes »…

Non seulement c’est une fumisterie, mais c’est placer cette fumisterie au dessus de millénaires de pratiques à travers le monde. Il n’y a pas que mes déesses et moi qui sont insultées par ce genre de phrases, ce l’ensemble des déesses et de leurs adorateurs(/trices) quelle que soit leur religion. En fait de lieu de paix, elles crachent au visage de toutes les déesses et de leurs adeptes.
Dire qu’on honore toutes les déesses en les insultant, quelle supercherie!

En allant faire un tour sur leur site (que je ne citerai pas), quelle ne fut pas ma surprise de constater des erreurs grossières de mélanges entre les divinités! Mince, quand on prétend adorer des déesses, on est censée les connaitre et on ne les confond pas entre elles…
C’est un élément supplémentaire de totale déconsidération des déesses individuelles.

Cerise sur le gâteau, après avoir pris ce truc insultant en pleine figure, c’est moi qui suis agressive sans raisons et intolérante envers les voies autres que la mienne…
Elles ne voient pas où est l’insulte…

Il n’y a pas de soucis à ce que certaines adorent une déesse unique, diverses déesses à travers la figure d’une déesse représentante, des déesses multiples (j’en ai moi-même une), mais aller jusqu’à considérer les déesses comme des « facettes », c’est ne pas tenir la piété envers elles, c’est réducteur et méprisant car occulte leur nature propre.

L’eusébéia – la piété

Sérieusement, il n’y a jamais un moment où elles se posent la question de savoir si la manière dont elles appréhendent les divinités issues des autres voies n’est pas teintée de suffisance et d’arrogance?

L’eusébéia est une notion grecque relative à la révérence/loyauté/humilité/piété envers les dieux. « piété » est le terme le plus couramment employé, même si le sens a évolué par la suite. Cette notion se retrouve dans toutes les religions sous divers termes.

Là, dans le cas de cette approche de la Déesse Universelle, c’est plutôt l’inverse, la croyance se situe au dessus des divinités. Personnellement, je pense qu’il y a un sérieux problème à ce niveau.
« Oui, mais c’est nos croyances et on peut croire en ce que l’on veut. »
Je n’y vois pas de croyances, juste de l’impiété. Les divinités viennent avant la croyance et non l’inverse. Le respect envers les divinités en elles mêmes se situe avant celui envers la croyance, comme la foi se situe au dessus du dogme. Que ça ne soit pas une évidence pour toutes pose de sérieuses questions.

Pour moi, la foi, la religion, ce n’est pas un jeu de rôles, pas plus qu’un moyen de se mettre en valeur ou un théâtre de conventions.
Les divinités ne sont pas juste de vagues noms, de vagues notions sur lesquels on peut se tromper, tout embrouiller, car de toutes façons « ce ne sont que ».

Et donc…

A la considération de tout ça, il m’apparait évident que leur approche ne se situe pas dans une approche religieuse ou spirituelle sincère. On ne peut prétendre adorer des divinités d’un côté et les déconsidérer de l’autre. On ne peut prétendre être ouverte vers d’autres voies en posant des insultes selon les principes mêmes de cette autre voie.

« Universelle », ça j’adore… Leur « voie » est une invention récente, elles sont une poignée et leur déesse est « Universelle » (bien noter le « U » en majuscule)…
Tant qu’à faire, on balaye les millénaires de sagesses issus de multiples cultures à travers le monde pour adopter la leur…
Si ça ne s’appelle pas de l’arrogance et de la suffisance, je ne sais pas ce que c’est.

Au bout du compte, je ne sais pas si c’est tout simplement de la niaiserie, si elles prennent ça comme un passe-temps amusant, un jeu de rôles, un moyen de se mettre en valeur, toujours est il que ça n’a aucun rapport avec la religiosité ou la spiritualité.
Je me fiche de savoir ce que c’est pour elles en fait, tout ce que je vois, c’est qu’il n’y a aucune sincérité et qu’elle ne voient pas qu’il y a des personnes pour lesquelles ce sont des sujets sérieux.

Alors oui, je parle de « cruchopaïennes » dans le titre de cet article, par là, je désigne ces cruches qui se disent païennes mais qui n’ont en rien de réelles convictions. Elles salissent, décrédibilisent et insultent celles qui veulent suivre avec sincérité leur foi dans le respect.
Cet article ne concerne donc pas les vraies païennes, quelle que soit leur voie, que je la comprenne ou non. Paix et gloire sur vous, mes soeurs de tous horizons.

Que Némésis et Aidos donnent son dû à chacune selon sa piété!

Compléments – Article postérieur sur cet incident:
=> Retrouvé par hasard dans mes brouillons…

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  1. Je comprend ton « coup de gueule ». Même si pour ma part, je crois au fait que ce sont deux énergies à l’origine de toute chose, une énergie masculine, et une énergie féminine, il est vrai que pour l’instant je me sent plus proche de l’entité « féminine » sans doute parceque je suis au début de mon parcours. Bref, je comprend ton coup de gueule, car en effet on ne peut pas prétendre ouvrir un templs ouvert à toutes si l’on considère les divinités personnifiées comme de « petites » divinités ne faisant que mettre en valeur la « déesse universelle », dans ce cas il vaut mieux dédier un templs à la Déesse en question car effectivement ça met les autres déesses en position « d’infériorité ».
    Cependant, quand tu dis:
    « Alors oui, je parle de “cruchopaïennes” dans le titre de cet article, par là, je désigne ces cruches qui se disent païennes mais qui n’ont en rien de réelles convictions. Elles salissent, décrédibilisent et insultent celles qui veulent suivre avec sincérité leur foi dans le respect.
    Cet article ne concerne donc pas les vraies païennes, quelle que soit leur voie, que je la comprenne ou non. Paix et gloire sur vous, mes soeurs de tous horizons. »
    Je trouve ça un peu violent, car il y a des femmes qui croient en une « déesse universelle » une « grande mère », et ce n’est pas pour cela que leur croyance est moins forte que la tienne ou moins « spirituelle » ou moins valable qu’une autre. Elles ne salissent personne et ne décrédibilisent personne, sous prétexte qu’elles ont une vison différente de la chose. La spiritualité, la religion, est quelquechose de personnel, la mienne n’est ni plus ni moins crédible que la tienne, que la leur, que celle d’un chrétien ou d’un musulman, aucune n’est supérieur ou inférieur à aucune autre car elle dépend de la sensibilité de chacun.
    Mais je comprend que cette idée d’invitation à ce temple ai pù profondément te révoltée! C’est vrai qu’il y a quelque chose d’arrogant.
    Et c’est sans colère que je t’envoie ce mail, j’avais juste envie de mettre mon point de vue sur ton article, qui est de plus particulièrement bien écrit!
    )O( Que la Lune te protège )O(

    • D’abord, merci de ton commentaire.

      –« Je trouve ça un peu violent, car il y a des femmes qui croient en une « déesse universelle » une « grande mère », et ce n’est pas pour cela que leur croyance est moins forte que la tienne ou moins « spirituelle » ou moins valable qu’une autre. »–
      Comme écrit dans l’article, je n’ai aucun soucis vis à vis de celles qui disent adorer une déesse unique ou représentante des autres, le problème se situe vraiment dans le cadre bien précis que j’ai décrit.
      Cependant, la notion d’universalité dans le domaine théologique me dérange toujours dans le sens où il définit tacitement qu’il est valable pour tous. Ainsi, ton terme de « grande mère » ne pose pas de problèmes contrairement à « déesse universelle » qui est quelque peu intrusif vis à vis de quiconque ne la reconnait pas.

      –« Elles ne salissent personne et ne décrédibilisent personne, sous prétexte qu’elles ont une vison différente de la chose. »–
      Je ne suis pas d’accord, car ce n’est d’ailleurs pas une histoire de vision des choses, mais bien d’attitude, comme il ne s’agit plus non plus de religiosité ou de spiritualité.
      N’étant pas wiccane, beaucoup de monde me parle plus ouvertement de leur perception extérieure de la chose, et ce n’est souvent guère glorieux. Pour certaines choses, je peux donner une explication et la logique de l’initiation interféminine se comprend, pour d’autres, je ne peux défendre l’indéfendable.
      Les personnes qui me font ces remarques sont tant des païens que des païennes qui dénoncent généralement des dérives niaiseuses et je ne peux leur donner tort. Si déjà la niaiserie discrédite les voies féminines en restant au niveau païen, c’est encore pire quand on en sort…

      –« celle d’un chrétien ou d’un musulman »–
      C’est totalement hors cadre de l’article que je limitais uniquement au cadre du paganisme au féminin.
      Le problème au sein des religions des livres est totalement différent, car il s’agit plus d’un problème de lecture de ces livres et de la vision humaniste des adeptes qui vont parfois à l’encontre des dogmes/préceptes jugés dépassés par rapport à l’humanité actuelle.
      Mais c’est un autre sujet bien vaste…

      Cordialement,

      Rox.

    • Je trouve ça un peu violent, car il y a des femmes qui croient en une « déesse universelle » une « grande mère », et ce n’est pas pour cela que leur croyance est moins forte que la tienne ou moins « spirituelle » ou moins valable qu’une autre. Elles ne salissent personne et ne décrédibilisent personne, sous prétexte qu’elles ont une vison différente de la chose.

      Entièrement d’accord, c’est d’ailleurs pour ça que je précise dans mon article:

      Il n’y a pas de soucis à ce que certaines adorent une déesse unique, diverses déesses à travers la figure d’une déesse représentante

      Aussi, la violence que tu me prêtes par rapport à celles-ci est sans fondement depuis le départ.

  2. Salut Roxie !
    (si ça t’énerve que je t’appelle Roxie, tu me le dis, hein. Ca me fait penser à un personnage de Dead Like Me, que j’aime bien, alors j’en profite!)

    Je comprends ton coup de gueule, en fait, il m’éclaire sur ma façon de voir. J’aime les wiccanes et leur déesse, qui effectivement comprend plusieurs aspects que je retrouve dans différentes déesses de mon panthéon. Mais ça m’a aussi toujours gêné cet hénothéisme auto-proclamé, comme si toutes nos déesses (certaines sont nos amies communes, je crois savoir) n’étaient qu’une en cette déesse-ci.
    Je n’ose guère me prononcer, pour ne pas avoir l’air d’attaquer une divinité qui, n’étant pas la mienne, n’en mérite pas moins le respect. Cependant, outre le fait que la wicca ressemble fort à un abrahamisme féminisé (voire parfois féministe, mais ne généralisons pas), elle se montre effectivement bien pédante en prétendant rassembler toutes divinités de sexe différent dans un culte à un Dieu presque laissé pour compte et une Déesse suprême. Rhéa-Déméter-Cybèle pourrait à la limite (mais vraiment sur le trait) correspondre à la déesse wiccane que je connais, mais quand je lis des textes de wiccans sur Hécate, Artémis ou Aphrodite, j’ai une remontée de pietas qui me prend à la gorge, car je suis de plus en plus convaincu que l’on doit reprendre en considération ces déesses telles qu’elles l’étaient dans l’Antiquité, non seulement par respect, mais pour les comprendre. A mon sens, les wiccans qui ne font pas cela, n’ont pas compris ces déesses. Et donc, oui, leur divinité universelle (aïe, aïe, le monothéisme ambiant) n’est pas la somme de toutes les parties que nous connaissons…

    Donc, d’accord avec toi.

  3. Cela provient d’une notion d’idée à l’origine d’un essai de Platon…alors non évidement, je ne philosophe pas moi. Quand je parle d’une puissance je n’en parle jamais comme d’un concept…c’est vraiment comment dire…

    bien à toi
    Sat Aset

  4. Pourquoi l’occidentale d’aujourdhui cherche t il a tout universaliser? a tout unifier sous un meme toit?

    • Ce n’est pas vraiment une caractéristique occidentale non plus.
      On trouve ça avec l’ensemble des religions se disant avoir un dieu unique, donc universel, ce qui comprend aussi l’islam. Dans une certaine mesure, le bouddhisme entre aussi dans ce cadre.
      Il y a aussi des visions philosophies politiques internationales, « prolétaires de tous pays », que l’on retrouve sur tous les continents.

      L’universalisme n’est pas forcément toujours une mauvaise chose non plus, quand on regarde du côté de l’ONU avec des déclarations universelles concernant les Droits Humains ou des déclarations d’intention environnementales par exemple.

      Les prétentions universalistes sont à voir au cas par cas et sur leurs motivations. Tout en gardant à l’esprit leur motif d’origine et si cela ne provoque pas une nuisance à un autre niveau, la première question à se poser est de savoir s’il y a la moindre légitimité à ces prétentions et s’il ne s’agit pas de donner à une vision locale une portée trop grande pour elle.

  5. C’est vrai que l’islam cherche aussi un universalisme mais, n’a t elle pas ete influence par la religion judao chretienne, puisqu’au fond elle s’est construite sur les meme base adaptes au culture locale.
    Je me demanderais toujours pourquoi faire Un Dieu, tout puissant unique que « c’est que nous qui a le bon »
    Cependant, lorsque je parle d’universalisme, j’etend mon propos au dela de la religion. Par exemple sur les modeles economiques avec l’imposition du capitalisme comme model dominant qu’il faut imiter sinon t’es pas bien pas beau, et puis si ‘es pas ancre dans une logique d’economie et de mondialisation t’es dans la merde pour tes marches car il faut toujours etre sur des marches sinon la aussi t’es pas beau pas gentil.
    La propagation de la culture occidentale a travers le monde comme un virus! Q.

    Que se soit a travers les modes vestimentaires (quoiqu’on dise la plupart des haut dirigeants porte des costumes cravate meme les representants a l’ONU bien qu’il y est des marginaux)
    Ou musicale ou les methodes de travail, l’application ou la creation de constitution (surtout concernant les anciens pays de l’empire coloniale francais)
    Je trouve ca domage dans le sens ou entre guillemet, on a pas laisse le temps a certaines civilisations de se developper pour se creer des identites forte et alternatives au monde occidentale de facon independante. Dans le sens ou pour moi c’est la base meme de ce qui ne va pas dans le monde, cette uniformisation des pratiques. Je pense sincerementt que sans la polution culturelle qu’ont effectue les empires coloniaux, certains pays auraient trouver des voies differententes de developpement.

    Apres bien sur que certaines idees doivent devenir commune a toute l’humanite, je n’aime pas specialement le terme »universelle » qui a comme une connotation de domination pour moi.
    Les deux choses que je concede a voir s’appliquer a l’ensemble des humains sont l’egalite pour tous avec un respects des libertes individuelles (mais la encore, les libertes et nos choix sont dictes pas notre culture d’origine, donc sommes nous vraiment libre de penser?) et le respect et la protection obligatoire de l’environnement, de Mere Nature et de ses ressrouces.

    Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire car j’ai toujours beaucoup de mal a exprimer le fond de ma pensee et qu’en faite j’ai du te perdre quelque part dans mes explications.

    • Ouh là… Plusieurs choses ensemble effectivement, théorie économique, colonisation, culture, politique internationale…, mais je vois où tu veux en venir.

      Je me demanderais toujours pourquoi faire Un Dieu, tout puissant unique que « c’est que nous qui a le bon »

      J’avais fait un article en réponse à celui d’une connaissance il y a quelques temps. C’est un peu long pour les deux, mais cela faisait partie d’une réflexion générale commune sur ce sujet.

      Je ne suis pas une spécialiste de ces sujets, mais il y a quand même des choses que j’ai pu remarquer au fil de l’histoire.
      Les marchands ont toujours été les moteurs des échanges entre les civilisations, d’un point de vue économique bien évidemment, mais par eux sont aussi passées des denrées, des idées, des inventions, etc… Dans le sillage de leur prospérité personnelle, ils ont contribué à faire évoluer les civilisations dont ils étaient issus, ayant des impacts jusque dans la politique. Toutes les civilisations qui se sont développées, ont cru et ont évolué avaient une culture du commerce, la plupart des autres ont stagné à divers stades ou ont connu des évolutions très lentes.
      Par les hasards de l’histoire, la civilisation dite occidentale s’est retrouvé la plus avancée technologiquement et et méthodologiquement dans de nombreux domaines à l’heure où le monde s’ouvrait. Ce n’était pas évident au départ, les Arabes étaient bien plus avancés dans bien des domaines quand on compare à l’époque des croisades, et avant eux la Chine, etc… Croissance, stagnation, régression, disparition sont le lot possible pour toutes les civilisations.
      Les guerres et le commerce sont les deux principaux moteurs d’évolutions technologiques, la vitesse à laquelle ont évolué les armes et les technologies pour les mettre en œuvre ou pour proposer au client mieux que la concurrence… De là, on peut comprendre que chaque civilisation essaie d’avoir le mieux, le plus avancé, le plus pratique, etc… et se tourne vers celle qui a l’air de correspondre pour en récupérer ce qu’elle peut pour elle. Tu noteras d’ailleurs que la culture japonaise a influencé la culture occidentale dans des domaines technologiques ou même dans les dessins animés par exemple.
      La colonisation entre dans ce cadre. Si elle s’est faite, c’est principalement pour des raisons économiques. La considération des populations indigènes a été le reflet des considérations suprémacistes du moment. Le fait que les idées égalitaristes soient si répandues est un phénomène récent et ce n’est pas encore gagné. Notre civilisation est encore très emprunte de relents de racisme, de sexisme et bien d’autres considérations suprémacistes ou hiérarchisantes. Pourquoi ne puis je me marier avec celle que j’aime et me nie-t-on notre fille si ce n’est par suprémacisme du schéma hétéro? ( »le modèle qui est le nôtre doit rester celui d’une famille hétérosexuelle: les enfants ont besoin d’un père et d’une mère. » Nicolas S. en 2006 (Je l’ai toujours en travers de la gorge…))
      Mais je m’éloigne… La colonisation s’est passée comme elle s’est passée, parce qu’il ne pouvait en être autrement à l’époque. Les civilisations en face n’avaient pas les moyens et la force d’entrer en compétition. C’est ainsi que quand elles les ont eu, il y a eu décolonisation, souvent de manière violente.
      Aussi, sans faire l’apologie de la colonisation, loin de moi cette idée, elle a souvent permis la transformation de sociétés qui étaient en stagnation et les a relancées dans l’évolution, d’où les pays émergents. Là, tu dois penser à l’Afrique, mais il en a été de même avec le Japon qui en quelques décennies a bondi du moyen-âge aux temps modernes.
      Maintenant, l’effet d’influence est toujours là. Le féminisme occidental en transformant la société de l’intérieur a aussi donné un exemple à des femmes infériorisées dans leur civilisation. Certaines ont initié à leur tour des idéologies féministes, mais à leur manière, selon leur mode de pensée. Il en va de même pour moi qui suis motivée par ce que je peux voir dans d’autres pays par rapport aux droits des femmes ou des lgbt, j’aspire aux mêmes choses, mais tournée sur ma culture française.
      Donc pour moi, l’enchainement et l’imprégnation sont logiques. Ce qui l’est moins, c’est que le politique soit passé au service de l’économique.

      Autre truc assez amusant: si tu supprimes de l’alimentation européenne tous les produits qui ne sont pas initialement indigènes, on risquerait de tirer une sacrée tête, fini le thé, le café, les pommes de terres, le riz, les tomates, les oranges, etc…
      Ce qui montre bien que notre culture a aussi été très influencée.

  6. Qui est tu pour juger des vrais et fausses païennes ? Une déesse, une grande prêtresse, une chercheusse universitaire spécialiste de ce domaine où juste une femme qui ne supporte pas que d’autres aient des croyances différentes des siennes au point d’en faire une affaire d’état. C’est vrai que de traiter les autres de crucho paiennes avec un blog fond rose barbie et un avatar « manga kikoolol » d’adolescente attardée … c’est très crédible.

    • Qui je suis pour juger de ça?…
      Ma réponse sera simple: une adepte qui ne se trompe pas entre ses divinités et qui ne les insulte pas.
      Ca te parait peut-être étrange, mais c’est ainsi qu’on procède d’habitude quand on dit leur rendre un culte…
      Je sais, ça doit te paraitre étrange comme concepts, mais dans toutes les religions, ça se passe ainsi.
      Donc, quand je ne rencontre pas ces bases, je sais que ça n’a rien de religieux, juste quelques niaiseries superficielles.
       
      Quant à l’apparence « girly » de mon blog, tu n’as rien qui soit plus sur le fond?
      Tu n’as trouvé que la forme à critiquer?
      (Ce qui est d’autant plus drôle d’une fille ayant transformé le nom « Rosmerta » en « Rose Merta »…)
       
      Allez, soit mignonne, retourne faire mumuse avec les adoratrices de tampax usagés, tu reviendras quand tu sauras ce qu’est une religion.

  7. En fait, elles n’ont pas totalement tort de parler de « Déesse universelle », si on entend cela de la même manière que les personnes vivant sous l’Empire romain lorsqu’ils appelaient Isis « myrionyme », ce qui signifie « aux milles noms », donc aux mille visages. Déjà dans l’Antiquité, il y avait une idée que toutes les déesses étaient la même Déesse et tous les dieux le même Dieu. Les Romains cherchaient systématiquement à reconnaître leurs divinités en celles des étrangers, par exemple la Tanit Carthaginoise était une Héra, tandis que la déesse de Chypre était assimilée à Aphrodite. Par extension, que tous les dieux et déesses sont une seule divinité, et on en vient au monothéisme.

    Je pense que le problème n’est pas un problème de divinité, d’insulte ou je ne sais quoi. A l’évidence, ces wiccanes sont soit duothéistes (dans le cas où elles adorent aussi le Dieu Cornu) soit considèrent la Déesse sous l’idée d’immanence. Et quel que soit le choix retenu, pour une wiccane, Aphrodite, ou Freya, ou Isis ou Morrigan sont un des aspects de la Grande Déesse, ou « Déesse universelle », tandis que tu sembles plus te situer dans du polythéisme. Les deux conceptions de la spiritualité restent différentes, même s’il y a aussi des points communs. J’ai plutôt l’impression qu’il y a un malentendu avec cette histoire de « facettes ». La « Déesse universelle » n’est pas plus grande que l’une des déesses que j’ai cité, ou d’autres, elle est en somme l’ensemble des énergies divines de toutes les divinités existantes sur terre. D’ailleurs, je ne parle jamais en terme de croyances, je e « crois » ni en Isis, ni en une « déesse universelle ». Je sens les choses, je les expérimente. Et j’honore diverses déesses, comme étant la Déesse, sous divers noms, sans avoir l’impression de recourir à des « facettes » qui serait une Grande Déesse au rabais.

    Bien entendu, ces wiccanes n’ont peut être pas la même chose à l’esprit que moi, mais je dirais tout de même que c’est une vision assez répandue tout de même. Du moins, je le répète, c’est ce qu’il me semble.

    • Déjà, je peux t’assurer qu’il n’y a aucun malentendu de ma part, j’ai très bien compris, ça m’a bien été reproché d’être intolérante de ne pas les laisser faire n’importe quoi dans la considération de mes divinités sus prétexte que c’était comme ça qu’elles le sentait, même si c’était des non-sens ou qu’elle se prenaient les pieds dans le tapis avec les déesses dont elles se prétendaient prêtresses… Bref, ça n’en gênait pas certaines de se prétendre prêtresses de divinités hellénique est de pratiquer l’asébeia en même temps… C’est entre autres pour ça (et ce que j’évoque dans l’autre article) que je parle de cruches.
       
      Cela dit, tu abordes au moins deux sujets bien distincts.
       
      Chez les anciens, il y a des phénomènes à considérer.
      Les chroniqueurs utilisaient souvent les noms de leurs dieux pour expliquer les divinités étrangères par des mises en parallèles très approximatives qui leur évitaient de faire tout le rapport des mythes et des spécificités. On trouve ainsi le cas flagrant le germanique Wotan assimilé à Mercure.
      Un autre phénomène très présent en hellénisme est le fait que des divinités locales soient renommées avec un nom d’olympien pour leur donner plus d’importance, parfois de manière assez absurde. L’évidence avec le cas d’Ephésia renommée Artémis alors qu’il n’y a pas vraiment de rapports entre les deux.
       
      Avec ton commentaire supplémentaire, il est donc inutile que je marque qu’il ne s’agit pas de wicca, mais d’une dérive de celle-ci, nous sommes donc d’accord.
       
      Sinon:
      « tandis que la déesse de Chypre était assimilée à Aphrodite »
      Là, il n’y a pas assimilation, c’est elle. Aphrodite, Ourania, Kypris, Anadyomène, etc…, c’est la même déesse, il s’agit juste de voir à insister sur certains aspects de ses domaines ou de faire référence à un mythe pour une raison contextuelle.
      Il y a effectivement Aphrodite dite Pandémos qui apparaitra issue d’Asie, mais en tant qu’éolienne, je ne l’ai pas dans mon panthéon.

    • « tu sembles plus te situer dans du polythéisme »
      Tout à fait, avec une teinte d’animisme, étant d’une voie dite « archaïque ».
       
      pour une wiccane, Aphrodite, ou Freya, ou Isis ou Morrigan sont un des aspects de la Grande Déesse, ou « Déesse universelle »
      Ce qui objectivement est un non-sens d’un point de vue des divinités helléniques et certainement pour la plupart des religions « historiques ». Autant ne pas utiliser leur noms si c’est pour faire un n-importe-nawak qui ne leur correspond en rien et finalement les insulte comme je le marquais dans l’article de fond. Tout aussi objectivement, tu ne peux pas dire que tu adores une divinité alors que tu pars d’une base fausse, voire insultante.
       
      Ayant trainé avec de vieilles wiccanes n’ayant pas intégré les dérives de ces dernières années, même si le principe de « la déesse » m’a toujours dépassée, ce que j’en avais pourtant bien compris était plus qu’elle représentait l’ensemble des autres dans le culte plutôt que les intégrer/agglomérer et que chacune n’en soit qu’un aspect/partie.
      Ce n’est même plus une nuance, c’est une différence majeure. Une déesse toutes-en-une rend invalide tous les mythes (en tant qu’interfaces de compréhension du divin) alors qu’une déesse représentative non.
      Pour illustration: Dans une déesse toutes-en-une la haine/opposition d’Artémis envers Héra devient un non-sens alors qu’il y a toujours du sens si les deux sont représentées par la même dans le cadre cultuel.

  8. Petit correctif, j’avais du zapper l’histoire de l’ouverture du temple de la Déesse. Oui je vois mieux le problème, j’avais moi-même émis des critiques parce que justement, ce n’est pas de la Wicca. Elles ne e réclament pas de la Wicca mais sont issues de l’Ecole du Lotus, lui-même affilié à Fellowship of Isis. Or, en ne se réclamant pas de la Wicca, elles déclaraient célébrer des « esbats », terme spécifiquement wiccan. C’était là où ça coinçait, une sorte d’assimilation du paganisme et de la wicca comme non dissociés, ce qui gène les deux côtés.

  9. Tu as raison, les wiccanes reconnaissent bel et bien que la Déesse représente l’ensemble des déesses, et je continue tout de même de me demander si le problème n’est pas plus un problème de vocabulaire que de fond. Bien entendu, je ne peux pas savoir ce que les autres pensent réellement, mais j’ai la sensation que les termes « représenter » et « englober » soit se recouvrent pour certains, soit n’aient pas exactement le même sens en terme de spiritualité pour les uns et les autres. Je ne parle pas de ta vision, ou de la mienne en particulier, mais plutôt d’un contexte général. Personnellement, je m’en réfère autant à des déesses spécifiques que « la Déesse », selon le contexte, et d’ailleurs, il n’y aurait aucun intérêt à en appeler à une divinité en particulier si on pensait qu’il suffisait de dire « la Déesse » pour avoir « tout en un ».

    Tu n’as rien répondu au sujet de ce que je disais de l’Isis Myrionyme, pourtant je trouve ce cas très intéressant. Elle est un témoignage antique de vision de la divinité sous de nombreux noms et visages, pas seulement de chroniqueurs, mais aussi d’adorateurs. Au cours de l’Antiquité, surtout tardive, il y a eu un glissement indéniable vers des rapprochements, pas uniquement pour des comparaisons, mais parce que les habitants de ces époques cherchaient à reconnaitre en Belisama une Minerve ou une Athéna, en une Tanit une Héra, en Mithra un « simple » dieu Sol ect … Il y a des traces littéraires et archéologiques permettant d’attester, autant que faire se peut, des mentalités. Etaient-ce des représentations ou bien des divinités englobées? Je ne sais pas si on peut clairement y répondre de manière certaine.

    Petite parenthèse sur Chypre. Quand je parlais de l’Aphrodite de Chypre, je songeais aux trouvailles archéologiques faisant plutôt de la déesse de Chypre une Astarté qu’une Aphrodite. Pourtant, c’est ainsi que le monde gréco-romain la nomme. Est-ce une Astarté transformée en Aphrodite? Je pense que c’est celle-là dont tu parles comme n’appartenant pas à ton panthéon. Cependant, les archéologues semblent penser que c’est bel et bien elle l' »Aphrodite de Chypre », à l’origine. Dans cette idée là, une déesse aurait « recouvert » une autre, mêlant les attributs des deux sur cette île qui fut un creuset de plusieurs civilisations.

    Enfin, au sujet de la négation des mythes s’il n’y a plus qu’une déesse « tout en une », je ne suis pas convaincue que ce soit le cas. A part si on parle de « une déesse » tout comme des monothéistes parlent de « Dieu », les mythes n’ont pas de raisons de perdre leur place. Les mythes continuent de se jouer et rejouer rituellement, puisqu’il n’y a pas de Grande Déesse sans l’existence infiniment diverse de chacune des déesses existantes.

    Je vais arrêter de gloser, parce que je n’ai pas l’impression que nos conceptions des choses soient réellement divergeantes, même si je ne suis pas polythéiste. Je ne me considère pas même païenne, et je ne considère pas avoir de religion mais plutôt une spiritualité et une pratique. Une sorcière en somme, pragmatique autant que dans la mystique.

    Bonne continuation.

    • Tu n’as rien répondu au sujet de ce que je disais de l’Isis Myrionyme
      Pour la simple raison que je ne suis jamais intéressée au sujet.
      Aset, devenant Isis avec les Lagides, basculant à Rome ensuite, il y a couche sur couche de transformation et d’adaptations à vocation politique.
      Quand les Lagides ont « hellénisé » les cultes égyptiens, il n’ont fait que ce que l’on a pu constaté en de nombreux endroits, le vainqueur adapte la religion du vaincu. Ces transformations ne sont pas dues à une vocation spirituelle, mais bien politique. Je passe d’ailleurs beaucoup de temps dans certaines reconstructions de mythes à dégager les ajouts/modifications politiques pour retrouver les vrais sens des mythes.
      Comme tu le marques aussi, il s’agit d’antiquité tardive, très marquée de confusion du point de vue païen, ce qui explique aussi en partie la montée du christianisme.
       
      je songeais aux trouvailles archéologiques faisant plutôt de la déesse de Chypre une Astarté qu’une Aphrodite
      Attention avec les découvertes sans recul, beaucoup essaient de se faire un nom en lançant des théories à tout va. Hors en l’occurrence, ça serait occulter un témoin clé d’époque en la personne d’Hérodote qui est témoin de cette vague de « nouvelle Aphrodite » (Pandémos).
      aphrodite est à la base une déesse des peuples helléniques marins, elle est d’ailleurs absente des tablettes mycéniennes (Les Mycéniens étant continentaux). A la base titanide, elle s’intègre aux Olympiens tardivement.
      Cela dit, les grecs ne sont pas les premiers habitants de Chypre. Il est donc normal de trouver des restes datant de périodes plus anciennes. De là à affirmer qu’Aphrodite est une déesse reprise d’une antérieure, c’est très hasardeux sans plus de preuves.
       
      au sujet de la négation des mythes s’il n’y a plus qu’une déesse « tout en une », je ne suis pas convaincue que ce soit le cas.
      Exemple:
      La déesse, jalouse de la déesse parce qu’elle était l’épouse du dieu avant elle poursuit la déesse enceinte de la déesse et du dieu, mais le dieu lui vient en aide parce que la déesse a empêché la déesse d’accoucher en empêchant la déesse d’aller à son côté. Mais là, la déesse accouche de la déesse qui assiste à la naissance du dieu sur l’île flottante que lui avait fait le dieu.
      C’est débile, ça ne signifie rien. Voilà ce que donnerait une déesse toutes-en-une pour le contexte de la naissance d’Artémis et Apollon.
       
      Bonne continuation à toi aussi.


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