Conte: La Belle aux Rosiers Dormants

30 juillet 2009 à 11:42 | Publié dans Princesse des Roses, Sappho | 3 commentaires
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Un conte que j’ai écrit parce que ma jeune cousine Léa voulait une histoire de princesse « comme Sabine et moi ».
Princesse dormante
Dans un château lointain, dormait profondément une princesse. Elle était d’une beauté sans égale et son teint était celui de la rose à peine éclose.
Le temps passait et son sommeil s’écoulait calme et paisible dans son château, protégée par des roses aux épines acérées que nul intrus n’osait pénétrer tellement elles étaient vives. Nulle armure ne pouvait résister à leur emprise et ne protégeait l’imprudent qui voulait mettre un terme au sommeil de la princesse…
Cependant un jour un prince releva le défi que représentait cette princesse endormie. Avec la plus grande prudence, de son épée, il se tailla un passage entre tiges et épines, prenant bien soin de retirer tout avant de progresser vers celle qui avait éveillé le désir dans son coeur. Patient et méfiant envers la menace de l’enchevètrement ardant, il arriva à entrer dans le château.
Il entrepris d’explorer la place épée en main au cas où un autre danger ne survienne. Il arriva ainsi à une grande porte qu’un autre rosier scellait de ses vrilles. A grands coups de sa lame, il tailla avec la même prudence ce verrou végétal. Jusqu’au dernier moment il se méfia des mortelles épines. Il pu enfin ouvrir la porte.
Sur un lit de pétales qui paraissaient cuillis de la veille, il vit la princesse plongée dans son sommeil. Sa beauté provoqua un frisson dans tout son être, son coeur s’emballait, il était éperdument attiré vers elle. Elle semblait si fragile, si délicate, mais il émanait aussi d’elle l’aura d’une femme exceptionnelle. Le prince était si impressionné qu’il resta un instant à l’admirer.
Il avança enfin vers le bord du lit et, en conquérant du château, vainqueur de ses épreuves, déposa un doux baiser sur ses lèvres…
La princesse pris une profonde inspiration à pleine poitrine et ouvrit lentement les yeux. Le prince était époustouflé par l’intensité de son regard qui complêtait à merveille cette féminité parfaite.
– Qui es tu? Questionna la belle éveillée.
– Je suis le prince de ce royaume, c’est moi qui vient de te sortir de ton long sommeil.
– Mais que fais tu là?
– Je suis venu te délivrer du charme sous lequel tu étais. J’ai fait preuve du plus grand courage, allié à la plus grande des prudences pour braver les épreuves de ce château.
– Quelles étaient ces épreuves?
– Des rosiers ont poussé de manière folle, mûs par une magie maléfique afin de les rendre plus denses que les ronces et que leurs épines soient plus acérées que la plus affutée des épée. Ils gardaient l’accès au château et l’entrée de ta chambre. Mille fois, j’ai risqué la mort ou l’amputation en me taillant un passage au travers, avec patience, prudence et persévérence, j’ai pu arrivé jusqu’à toi.
– Tu as taillé les rosiers?
– Oui, tu ne risques pas de te blesser quand nous sortirons. Le passage est large.
– Où veux tu m’amener?
– Mon cheval attend dehors, je vais te présenter à la cour de mon père le roi.
– Mais pourquoi veux tu faire ça?
– Je ferai de toi ma femme, ma reine, le jour où je succèderai à mon père sur le trône. Tu seras la mère de mon héritier et d’autant d’enfants que tu voudras que nous en ayons.
La princesse se redressa dans son lit et pris de nouveau une grande inspiration provoquant encore l’admiration du prince devant tant de beauté.
– Alors, sache, toi qui veut me prendre pour épouse, que je suis magicienne en plus de princesse.
– Je ne crains pas la magie, bien employée, elle est très bénéfique.
– Laisse moi parler et ne m’interompt pas.
– Bien, mon amour.
Dit le prince, ébloui par sa féminine détermination.
– Le charme qui me maintenait endormie, c’est moi-même qui me le suis lancé. Les rosiers que tu as taillés sont le fruit d’un grand travail, je les avait enchantés pour être les gardiens de mon repos.
– Alors je t’ai prouvé ma valeur et que je suis digne de succéder à mon père et d’être ton époux.
– Effectivement, tu m’as prouvé ta valeur.Voudras tu toujours de moi pour épouse quand tu sauras que je me suis plongée dans ce sommeil pour ne plus souffrir de la perte de celle que j’aimais qui a été tuée par ton ancêtre fondateur de ta lignée. La reine, ma mère, m’avait ordonné de le faire, jusqu’à ce que ma peine ne me soit plus mortelle. Dans mon sommeil, j’ai rèvé de la réalité qui se déroulait autour de moi. Mes parents et mon peuple ont été massacrés par les armées de ton ancêtre. De générations en générations, tes ancêtres ont détruit la culture de mon peuple et toute référence à ses anciens rois. Si preuve t’en fallait, tu n’avais pas connaissance de qui j’étais.
Au récit de la princesse, le prince blèmit. Il sentait sa vie menacée.
– J’ignorais tout ça, tu ne peux me condamner sur ce qu’ont fait mes ancêtres!
– J’aimais ses rosiers et tu les as détruit. J’aimais leur odeur appaisante et comptait leur rendre leur forme initiale à la fin de mon sommeil, ma peine adoucie. Tu as lâchement profité de ma torpeur pour me voler un baiser que je ne t’aurais jamais accordé. Tu voulais m’arracher à mon domaine, faire de moi ta femme et me faire des enfants sans te soucier si tel était mon souhait. Cela n’est pas à mettre sur le compte de tes ancêtres, mais bien le tien!
Terrorisé par le sort qu’il s’imaginait que la princesse lui réservait, le prince s’enfuit.
Il retrouva son cheval à l’entrée du château, l’enfourcha et parti au grand galop pour mettre au plus vite de la distance entre celle qu’il venait d’éveiller et lui. Il chevaucha tant qu’il tua son cheval sous lui et dû finir le trajet à pied vers la cour de son père.
Une autre chose que le prince ignorait était qu’un voisinage du château, le temps s’écoulait différemment. Plus d’un siècle était passé depuis son départ. Tous ceux qu’il avait connu à l’époque étaient morts de vieillesse et plus personne ne le connaissait. Aussi, quand il se présenta comme le prince héritier du royaume, il fut pris pour un fou. Agitant son épée émoussée, il provoqua l’hilarité de la garde et du vieux roi, son arrière-petit-neveu.
Il termina sa vie dans un asile, sans titre, sans le sou, sans femme et sans descendance.
Mais que devient la princesse? Me direz vous.
Il ne tient qu’à vous d’aller à son château pour aller chercher la réponse.

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3 commentaires »

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  1. jolie histoire 🙂

  2. Je viens vous lire par le lien de Jo
    J’ai adoré votre conte 🙂
    (J’ai cru que la magicienne allait transformer le Prince en Princesse)
    Merci Sappho

    • Merci à toi.

      Là, ça me permettait, au passage, d’égratigner un peu quelques schémas tenant du machisme des contes de fée.


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