Conte: Joues empourprées…

30 juillet 2009 à 11:46 | Publié dans Princesse des Roses, Sappho | Laisser un commentaire
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Un conte que j’ai écrit parce que ma jeune cousine Léa voulait une histoire de princesse “comme Sabine et moi”.

La belle était douce et raffinée, versée de poésies et de littérature romanesque romantique. Son écriture était fine et délicate. Elle avait refusé des myriades de prétendants au grand désespoir de son père.
En secret l’aimait son voisin, un jeune homme, fier guerrier, redoutable sur les champs de combats, il n’était guère poète et encore moins grand écrivain, mais il était fasciné par la beauté de la jeune femme. Sachant qu’il ne pourrait gagner son coeur qu’en la charmant de vers, prose et laies, il était ma armé pour ce genre de choses.

Il tenta un soir de réception où ils étaient tous deux présents de lui faire parvenir un mot. Il avait recopié un poême dans un ouvrage qu’il pensait rare. Guettant la réaction de la jeune femme et prêt à usurper le poême de romance, il l’observait sa beauté. Le mot lui parvint. La belle se renfrogna et froissa la missive, puis l’abandonna au désespoir du planificateur désenchanté.
– Vous semblez troublée très chère?
– Un rustre à l’écriture malhabile vient de saccager le chef d’œuvre d’un de mes poètes préférés et prétend l’avoir composé pour moi. Comment peut on ne pas respecter l’oeuvre des autres à ce point! Cela sans parler du fait qu’il aurait au moins pu s’appliquer un minimum au lieu que je doive décripter ses caractères, sans parler des fautes.

Dépité, il dû cependant reconnaître en lui même qu’il ne s’était guère appliqué dans sa copie. Il allait lui même rédiger sa missive suivante.
Il se mit donc dès le lendemain à la rédaction d’un compliment à la belle. Il fit d’abord un brouillon où il vantant sa beauté et toutes les qualités qu’il supposait qu’elle ait. Il demanda à sa sœur de corriger ses fautes et recopia ensuite en prenant tout son temps.

A la réception suivante, il fit parvenir à la belle son compliment. Encore, la belle se renfrogna, froissa le pli et l’abandonna.
– Vous semblez troublée, très chère.
– Un rustre à l’écriture froide, dresse une liste toute aussi froide de ce qu’il voudrait de moi pour être son épouse. Que s’est il intéressé de moi? Que s’est il demandé ce qui me séduirait? Il n’a même pas osé se désigner, tellement il avait peur d’être honteux.

Que sont compliquées les affaires de femmes! Qui y comprend quelque chose en dehors des femmes? Mais notre hasardeux amoureux était bien mal en fait de savoir ce à quoi aspirait la belle. Les femmes ne parlent qu’aux femmes de ces choses là. Tout à sa réflexion, une idée lui vint. Des femmes, il en connaissait et une en particulier était plus ou moins au courant de son secret, sa soeur qui avait corrigé ses fautes.
Il confia donc à sa soeur la mission d’apprendre le plus de choses des aspirations de la belle de son coeur. De femme à femme, elles se comprendraient et pourraient parler de choses qu’elle n’abordent pas en présence d’hommes. Il saurait ainsi tous ses secrets.
Mais guère bavarde était sa sœur sur les visites, aussi la questionna-t-il. Ce qu’elle lui répondit soit ne signifiait rien, soit était caché volontairement par sa sœur par solidarité féminine. Il avoua donc toute l’histoire à sa sœur qui en rit aux éclats. Vexé, il la questionna sur son hilarité et la sœur de répondre qu’elle approuvait la belle. Il n’y a que femme pour comprendre femme! Rédige moi le message qui ouvrira son cœur et je serai un soutien indéfectible pour que nul ne puisse s’interposer entre toi et la personne que tu aimeras. Sur le Ciel, la Terre et ma vie, j’en fais le serment! La soeur hésita, mais la solennité du serment finit de la convaincre. Elle n’acceptait de le rédiger que si son frère consignait son serment par écrit de sa plus belle écriture et le face enregistrer auprès d’un notaire. Ce fut fait dans l’heure. A leur retour, la sœur se mit à la rédaction, dans l’heure, elle tendit le message suivant à son frère:

    Joues empourprées, sachez un inutile secret. L’Amour s’offre en une rose diaphane envoutante. Qui unit irrémédiablement? Par romances éperdues, tu envoutes nos désirs respectifs, Amour.
    Amour vital, ose intimement rêver; étrange cœur rapide, invente toi caresses et soupirs.
    Les ignorants gémissent, nient et souffrent.
    Ensuite, tu veux octroyer un signe. Amour infini, merveilleuse envie, démente envie libertine.
    Au matin onirique, un rayon lumineux entrera pour libérer un songe, presque un rêve…

Il n’y a que femmes et poètes pour comprendre ça. Ça lui paraissait particulièrement osé cependant et voué à l’échec. De toutes façons, son serment ne valait que si ce mot avait pour effet d’ouvrir le cœur de la belle. Il l’apprit par cœur, au cas où soit tenu par son aimée de le lui réciter.

Quand vint la réception chez la belle, son père invitait, il se dit qu’il ne pouvait y avoir meilleur moment. Il chargea un serviteur de porter le poème de sa sœur espérant et priant qu’il fasse son œuvre. Elle le reçu blasée, mais à la lecture, elle semblait bouleversée et charmée, ne le quittant pas des yeux. Aussi fou que ça soit, ça avait marché, il fallait agir pour la phase suivante du plan.
– Vous semblez troublée, très chère.
– Mon cœur cède et succombe…

Le père voyant son expression approcha inquiet. Toute l’assemblée resta silencieuse, à l’attention de ce qu’il se passait.
– Vous semblez troublée, ma fille.
– Père, je viens de recevoir un pli dont le contenu fait tomber les murailles de mon cœur. Il y a une telle passion dans l’écriture et la sincérité de l’auteur envers moi ne fait aucun doute.
– Ma fille si la citadelle de votre cœur est tombée pour l’auteur de ce poème, je n’accepte que vous n’appreniez qui c’est qu’à condition que vous acceptiez d’unir vos vies et ne jamais revenir dessus. Etes vous d’accord ma fille?
– Avec la plus grande des joies!

Sa sœur avait tenu sa part, il ne restait plus à notre amoureux que d’usurper le poème. Il s’avança face au père et récita le poème qu’il se félicitait d’avoir appris par cœur. Le père ne pu que constater qu’il s’agissait du bon texte, même s’il était récité avec maladresse, l’émotion sûrement.
– Ma fille, embrassez qui nous a prouvé être l’auteur du poème et à qui votre vie est maintenant unie…
Mais la belle n’embrassa pas le jeune homme, elle échangea un baiser fougueux avec le véritable auteur, sa sœur.
Offusqué de la scène, le père de la belle pris sa canne pour séparer le couple de poétesses. Mais quand il l’abattit, ce fut le fier frère qui reçu le coup en pleine tête, fidèle à son serment. Le visage en sang et chancelant, il avoua son usurpation. La canne frappa encore le jeune gaillard à la tête et les deux hommes s’effondrèrent.

Deux ans plus tard, les noces du fier gaillard et de la mère de la belle, qui était fort belle elle-même. Le cœur de son ancien mari n’avait pas tenu à l’émotion et à l’effort. Elle avait admiré le courage du jeune homme et son honnêteté, même si tardive, car la faute commise, l’honneur avait repris le devant. Elle enterra donc un mari qui la trompait et soigna le valeureux qui, elle l’appris de la sœur, avait tenu un serment des plus douloureux. De son côté, le blessé trouva chez son infirmière improvisée toutes les qualités qu’il cherchait chez celle qu’il voulait pour épouse, même si elle était plus âgée que lui.
Le jour des noces, à l’instant où le mariage fut prononcé, les demoiselles d’honneur s’embrassèrent en même temps que les mariés.

Mais vous, mes amies, avez vous compris le secret du poème?

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