Quelques trucs véridiques pour confirmer si une fille est lesbienne
24 décembre 2010 à 06:52 | Publié dans Arc en ciel, Z'inclassables | 12 CommentairesTags : Angelina Jolie, Cineffable, digue dentaire, Dinah Shore, DinahShore, Ellen DeGeneres, humour, humour lesbien, Indigo Girls, JD Samson, Johanna Sigurdardottir, Kathleen Hanna, KD Lang, lesbianisme, lesbienne, lesbiennes, Lilith Fair, lost and delirious, Lost and Delirous, Mansfield Tya, Portia de Rossi, saphisme, sapphisme, Sappho, séduction, Skala Eressos, société, Tegan and Sara, Xéna

Autant jouer sur les valeurs sûres, attention, c’est parti…
Idem avec:
- Indigo Girls
- Kathleen Hanna ou JD Samson
- Mansfield Tya
- Tegan and Sara
- Uh Huh Her
Si elle en connais au moins deux, ça monte à plus de 99%.
Si en plus elle sait qu’elle est officiellement mariée à Portia de Rossi alors ça monte à 99%.
Si elle trouve la fin trop triste, injuste ou quelque chose du style, aucune hésitation à avoir.

- Willow, Tara et Kennedy de Buffy contre les Vampires
- Céline de Plus belle la vie
- Toshiko de Torchwood
- Les docteurs Maggie Doyle, Kerry Weaver et Kim Legaspy de Urgences
etc…
Non mais si ce n’est pas de la perche là…
Lesbos: La plainte lesbienne contre les lesbiennes
1 octobre 2010 à 14:01 | Publié dans Arc en ciel, Z'inclassables | Laisser un commentaireTags : Dimitris Lambrou, Grèce, grec, homosexualité féminine, humour, identitaire, identité nationale, justice, lesbienne, lesbiennes, lesbophobie, lesbos, lesvos, OLKE, paganisme, paien, paienne, poésie lesbienne, saphisme, sapho, sapphisme, Sappho, société

(Bienvenue à Lesbos)
στη Λέσβος
Ce n’est plus tout jeune, mais c’est toujours aussi bon.
En creusant un peu, j’ai trouvé d’autres choses amusantes, d’autres qui m’ont un peu plus affligée, mais l’ensemble et le ridicule de l’affaire prend le dessus sur les petits nuages.
Finalement, les lesbiennes restent des lesbiennes, le principal est sauf, on y aura gagné une page amusante dans notre histoire…
Leur objectif avoué est que le terme de “lesbiennes” ne soit plus utilisé que pour désigner les natives et habitantes de Lesbos.
Le fait que le mot “lesbiennes” soit plus couramment employé pour désigner des homosexuelles porterait préjudice aux îliennes de part l’ambigüité créée (ce que l’on peut comprendre).
Il réclame donc le retrait de la référence à Lesbos dans le “L” de OLKE.
Mais cet objectif ne concerne pas seulement cette association, à terme, il voudrait l’exclusivité nationale du terme “lesbienne” et tout terme apparenté sur la base d’une restriction géographique à l’île de Lesbos.
Les principaux arguments seraient que le terme de “lesbien” dans un contexte autre qu’îlien serait une usurpation d’identité culturelle et géographique par les lesbiennes (homos) qui s’approprient illégitimement ainsi un patrimoine qui n’est pas le leur, mais l’exclusivité des Lesbiens depuis des millénaires. Ceci serait vécu comme un “profond viol psychologique et moral existentiel” par les îliens (Là, il ne faut pas abuser…).
Il va même à demander des indemnités et des amendes pour emploi de termes “lesbiens” hors du contexte de l’île pour faire appliquer la décision de cette restriction géographique.
(Je vous les recommande si vous comprenez bien anglais.)
Dans les remous divers, un boycott commercial des lesbiennes est même envisagé.
Du malheur d’être Lesbien(ne)
On y retrouve tous ces arguments cités plus hauts.
Il ajoute que le terme de “lesbiennes” pour désigner des homosexuelles ne daterait que de quelques décennies, en tous cas après 1911 d’après le lexique abrégé d’Oxford qui ne connaitrait que dans le sens “îlien de Lesbos” (2).
Il y joint une copie du document adressé au tribunal de première instance d’Athènes pour appuyer son argumentation et ses demandes.
Au ton général, il est sûr d’obtenir gain de cause et considère presque son affaire comme gagnée.
Il est amusant qu’il cite quelques auteurs secondaires, occultant les majeurs, concernant Sappho et l’ancienneté du terme.
Et si vous en avez pas eu marre, il y a sur les suivants aussi…
Bon, il y a du marrant de ridicule parfois quand même, mais autour, c’est quand même puant, sans parler de ses articles autres…
“Cette affaire est totalement ridicule. Cela dit si nous sommes convoqués par la justice nous nous ferons entendre.”.
Et effectivement, dans diverses interventions, cette notion du ridicule de ce procès est mise en valeur, insistant que les lesbiennes n’ont jamais décidé de s’appeler “lesbiennes”, mais bien qu’elles ont été désignées comme telles indépendamment de leur volonté.
“Ma mère, ma fille, ma soeur ont honte de dire qu’elles sont lesbiennes, c’est à dire originaires de Lesbos. A l’étranger nos femmes se cachent”
“Partout, sur internet, dans les journaux, la confusion est entretenue, cela est offensant pour notre terre d’origine”
“Les femmes homosexuelles ont tout à fait le droit de se définir comme elles le souhaitent, mais elles n’ont pas le droit de s’approprier notre identité nationale(3)”
“J’ai du mal à expliquer à ma fille que les Lesbien(ne)s nous ne sommes pas les homosexuel(le)s. Ma mère, ma sœur et ma fille sont toutes les lesbiennes et il est incroyable de voir à quel point elles sont tournées en ridicule à cause de cela.”

Paul Thymou et ses bannières…(Oui, les lesbiennes se marient avec le sexe opposé.)
(FINI LE SILENCE! Si vous n’êtes pas de Lesbos, vous n’êtes pas lesbienne.)
Pour celles et ceux qui voudraient vraiment se prendre la tête en grec avec du “ταυτότητά μας” / “notre identité”, numéro 315 de Davlos disponible en ligne.
Thémistocle Kefalas, avocat à Lesbos
“Ma propre fille n’a jamais eu de problème, pas plus que la fédération des associations lesbiennes formées par des habitants, ou les autorités locales.”
“Ma fille n’a pas de problème d’être appelé Lesbienne, même si elle n’est pas une lesbienne.”
“Le terme a été utilisé dans le monde entier depuis des siècles et a même aidé l’île, en stimulant le tourisme.”
Il a souligné que l’Olke n’avait “pas inventé le terme lesbienne, utilisé depuis au moins le XVIIIme siècle et désormais dans le monde entier” pour désigner une homosexuelle.
Evangelia Vlami, porte-parole d’OLKE
“Cessons de jouer avec les mots, les manifestations de ce genre sont rien d’autre que des préjugés. Le mot peut être employé par les deux communautés sans insulter qui que ce soit.”
Ainsi commence le témoignage de lambrou et provoque le rire dans l’assemblée.
“Entendez-vous ces gens rire?” prenant à témoin la juge.
“Toute la Grèce rit de ça. Vous pouvez maintenant imaginer comment nous sommes traités à l’étranger.”
Lambrou enchaine sur le fait qu’il a une fille et que celle-ci a eu honte en découvrant ce que signifiait le “L” dans OLKE.
Arriva ensuite le contre-interrogatoire où l’avocat de la partie adverse interrogea le témoin…
“Qu’en est-il des jumeaux dont les corps sont reliées à la naissance? Le témoins ne se réfèrerait-il pas à eux en tant frères siamois?”
Lambrou approuva.
“Ne pensez-vous pas les Siamois pourrait objecter à cela?”
Lambrou répondit sèchement qu’il n’était pas venu à Athènes pour discuter des problèmes des Siamois.
Quant au procureur il eu aussi une question pertinente:
“Quel est l’âge avait la fille du témoin quand elle rougit à l’idée que la lettre L dans OLKE s’y tenait pour les ‘lesbiennes’?”
“Vingt six ans” répondit Lambrou.
Le mot ne définit pas l’identité des insulaires et peut donc être valablement utilisé par des groupes gay en Grèce et à l’étranger.
Les Grecs se réfèrent souvent à l’île en tant que Mytilène, d’après le nom de sa capitale. (Bon, ça va, les filles, on connait toutes ce nom aussi… Non, ce n’est pas qu’un site de rencontres.)
Les plaignants se retrouvent donc à payer les frais de procédure, soit 230 euros.
Maître Vassilis Chirdaris à Reuters:
“This is a good decision for lesbians everywhere. A court in Athens could not stop people around the world from using it. It was ridiculous.”
C’est une bonne décision pour les lesbiennes partout (dans le monde). Un tribunal d’Athènes ne pouvait pas empêcher les gens à travers le monde de l’utiliser. C’était ridicule.
Il semblerait que Lambrou se soit ravisé, soit parce que certain de perdre vue la manière dont s’est déjà passé le jugement à Athènes, soit en réalisant qu’il se trouverait avec en face de lui un nombre massif d’organisations, soit par peur de passer pour ridicule une fois de plus.
Les histoires de boycott semblent aussi tombées à l’eau, pour des raisons bien pratiques, les touristes lesbiennes représentent une bien trop grande manne financière pour l’île pour être boycottées. Si certains commerçants avaient décidé de le pratiquer, ils ont bien vite dû s’apercevoir que cette décision bénéficiait à leur concurrence.
La station balnéaire de Skala Eressos se porte bien et son festival international féminin y a toujours un succès croissant, d’après le succès de l’anniversaire de ses 10 ans.
Voilà, tout semble donc tranquillement rentrer dans l’ordre à Lesbos…


Une des premières choses que l’on trouve est qu’il est un militant nationaliste. Il est d’ailleurs rédacteur en chef de la revue Davlos (La Torche) tirée à environ 5000 exemplaire et ayant un site internet.
Une autre chose que l’on trouve assez vite est qu’il est partisan d’une déchristianisation et qu’il revendique les anciennes valeurs grecques. Là, on pourrait en penser qu’il est païen, mais comme toujours avec les païens identitaires, ce n’est qu’une histoire d’adoration d’images faussées. En tant que lesbien revendiqué, il devrait donc être de voir éolienne comme moi, mais vus certains détails multiples, il y a de grosses lacunes ou omissions volontaires, bref, une hypocrisie comme pour l’immense majorité des identitaires se réclamant du paganisme.
Il affirme que Sappho n’était pas homosexuelle en utilisant deux arguments:
- Elle a été mariée et a eu un enfant.
- Elle s’est suicidée par désespoir amoureux envers un homme: Phaon.
On notera cependant que notre si cher adepte de culture grecque antique ne sait pas que:
- Il existe deux Sappho de Lesbos distinctes comme le prouve la Souda.
- Notre Sappho a effectivement été mariée et a eu une fille, mais qu’elle a été veuve au bout de trois ans seulement (Certains pensent même qu’elle ne serait pas totalement innocente dans la mort de son mari…) et ne s’est jamais remise avec un homme (repoussant même Alcée qui lui était pourtant très proche).
- Ce n’est pas notre Sappho qui s’est suicidée, mais l’autre.
- D’après les lois de Mytilène, avec son veuvage, elle devenait une femme libre de plein droit.
- Dès l’antiquité ses mœurs féminines choquaient les Athéniens.
- Elle n’a jamais évoqué elle-même sont mari dans les fragment de ses texte nous étant parvenus.
- Elle évoque, à titre personnel, son amour pour d’autres femmes dans sa poésie.
- L’église a procédé à la destruction de sa poésie pour raison de ses mœurs féminine.
- Chez les Eoliens, comme chez d’autres peuples ou citées de Grèce, l’homosexualité féminine et courante dans les pratiques de jeunes filles et dans le cadre de l’enseignement institutionnel féminin.
Bref, pour quelqu’un qui se réclame païen lesbien, défenseur de la culture locale, c’est franchement un peu court…
On notera cependant qu’il dit ne pas avoir de problèmes envers les homosexuelles, qu’il n’a pas de soucis à ce qu’elles viennent sur l’île de Lesbos, qu’elles se marient ou fassent ce qu’elles veulent, en dehors du fait de se revendiquer “lesbiennes”.
Si on résume donc:
- antichrétien primaire (Le judaïsme et l’islam s’en prennent aussi avec des raisonnements tout aussi primaires.)
- nationaliste
- revendicatif d’une identité et d’une culture locale
- adorateur de belles images de gloire
- ignare ou volontairement aveugle des réalités historiques
(1) OLKE
Ομοφυλοφιλική Λεσβιακή Κοινότητα Ελλάδας
Omofylofilikí̱ Lesviakí̱ Koinóti̱ta Elládas
Communauté des Homosexuels et des Lesbiennes de Grèce
Une des principales associations lgbt de Grèce, très active dans le domaine de la lutte des droits.
(2) Ancienneté de l’utilisation du terme “lesbiennes”
Là, il n’a pas entièrement tort: cette désignation est récente, mais elle n’est pas de notre fait. Ce ne fait pas non plus quelques décennies, mais quelques siècles.
Et oui, pas de chance pour lui une fois de plus, l’origine de cet emploi est parfaitement connue.
Dans son ouvrage Vies des dames galantes, Pierre de Bourdeille, dit Brantôme, (publié en 1665, à titre posthume, 50 ans après la mort de l’auteur) évoque les femmes mariées qui trompent leur époux avec d’autres femmes. Il désigne celles-ci sous l’appellation de “lesbiennes” en évoquant la sexualité de Sappho (Bin, oui, quand même, il fallait qu’elle soit à l’origine de la chose quand même…). L’ouvrage connut un grand succès et répandit cette appellation.
Et voilà, l’origine du terme de “lesbiennes” est bien française AOC, ça donne presque envie de le défendre par fierté nationale. (Bon, là, j’abuse un peu, mais bon, quand même…)
En 1870, le terme de “lesbian” pour désigner une homosexuelle est tellement répandu qu’il apparait pour la première fois dans le dictionnaire d’Oxford (L’intégral, pas l’abrégé auquel fait référence Lambrou.).
(3) notre identité nationale
Au delà que ça rappelle de sombres souvenirs récents en France, il parle par là de l’identité lesbienne et non grecque.
Sappho: Eros et moi
22 septembre 2010 à 07:17 | Publié dans Sappho | Laisser un commentaireTags : amour, Ἔρος, Ἔρος δηὖτέ μ' ὀ λυσιμέλης δόνει, chant, Dieux grecs, Eros, féminin sacré, fragments de Sapho, fragments de Sappho, hellénisme, hymne, hymne paien, Έρος δ' ετίναξέ μοι φρένας, lesbienne, poème, poésie, poésie lesbienne, Psappho, religion, romantisme, sapho, Sappho

Ces fragments sont référencés respectivement:
> Fragment 40 Bergk – 130 Lobel-Page
> Fragment 42 Bergk – 47 Lobel-Page
J’en donne plus bas la version originale, la translittération et la traduction.
Etant très proche l’un de l’autre d’un point de vue construction, il m’apparait qu’ils devraient aller ensemble et faire partie d’un même poème.
C’est à ce genre de lectures, par les images qu’emploie Sappho, leur intimité, leur pertinence, que je me dis que la perte de sa poésie est bien lourde…
γλυκύπικρον ἀμάχανον ὄρπετον
Éros dêyt’ m’ ὀ lusimélês dόnei,
glykypikron ámakhanon órpeton
Eros, à nouveau maître de mes membres, me fait frémir,
Douce-amère, hors de tout contrôle, rampante. (1)
(1) J’ai choisi de mettre les adjectif au féminin, se rapportant à Sappho, les mettre au masculin se serait rapporté à Eros.
Les deux compréhensions sont possibles, mais Sappho favorisant souvent les émotions ressenties, j’ai préféré me positionner de son point de vue. L’autre fragment se situant par rapport à elle même. Cette intériorisation est d’ailleurs récurrente dans sa poésie.
ως άνεμος κατ’ όρος δρυσίν εμπέτων.
Éros d’ etínakhé moi frénas
ôs ánemos kat’ óros drýsin empétôn
Eros secoue mon âme maintenant,
Tel le vent de la montagne s’abattant sur les chênes.
Une interprétation moderne
Je sais… C’est trop court…
Sappho: Fragment 58 (sur la vieillesse)
14 août 2010 à 00:03 | Publié dans Sappho | 1 CommentaireTags : amour, aphrodite, chant, déesse, déesse grecque, Dieux grecs, Eos, féminin sacré, fragment 58, fragments de Sapho, fragments de Sappho, hellénisme, hymne, hymne paien, Μοίσᾱν, lesbienne, muses, poème, poésie, poésie lesbienne, Psappho, religion, romantisme, sapho, Sappho, Tithonos, vieillesse

Douloureuse et magnifique
Un exhortation à la jeunesse à profiter de son âge, le moment d’entrer dans la légende…
…la dixième muse…
Poursuivez les de vos lyres au son clair et de vos chants
Mon corps était autrefois doux au toucher, mais la vieillisse m’a rattrapée
Et mes noirs cheveux sont devenus blancs
Mon coeur est lourd, mes genoux ne me portent plus
Alors qu’autrefois ils étaient vifs à danser comme des faons
De tout cela, je soupire et me plains, que dois je faire?
Il nous est impossible à nous mortels de ne pas vieillir.
On disait autrefois de Tithonos que l’aurore (Eôs) aux bras roses
L’avait porté par amour jusqu’aux confins du monde
Beau et jeune il était un temps, mais pourtant
La grise vieillesse l’a attrapé, bien qu’il fût l’époux d’une immortelle.

σπουδάσδετε καὶ τὰ]ν̣ φιλάοιδον λιγύραν χελύνναν·
ἔμοι δ’ ἄπαλον πρίν] π̣οτ’ [ἔ]ο̣ντα χρόα γῆρας ἤδη
ἐπέλλαβε, λεῦκαι δ’ ἐγ]ένοντο τρίχες ἐκ μελαίναν·
βάρυς δέ μ’ ὀ [θ]ῦμος̣ πεπόηται, γόνα δ’ [ο]ὐ φέροισι,
τὰ δή ποτα λαίψηρ’ ἔον ὄρχησθ’ ἴσα νεβρίοισι.
τὰ 〈μὲν〉 στεναχίσδω θαμέως· ἀλλὰ τί κεν ποείην;
ἀγήραον ἄνθρωπον ἔοντ’ οὐ δύνατον γένεσθαι.
καὶ γάρ π̣[ο]τ̣α̣ Τῑ́θωνον ἔφαντο βροδόπᾱχυν Αὔων
ἔρωι φ[(C)V̆(C)]α̣θ̣ε̣ισαν βάμεν’ εἰς ἔσχατα γᾶς φέροισα[ν,
ἔοντα̣ [κ]ά̣λ̣ο̣ν καὶ νέον, ἀλλ’ αὖτον ὔμως ἔμαρψε
χρόνωι π̣ό̣λ̣ι̣ο̣ν̣ γῆρας, ἔχ[ο]ν̣τ̣’ ᾱ̓θανάτᾱν ἄκοιτιν.
spoudásdete kaì tā̀n pʰiláoidon ligúran kʰelúnnan:
émoi d’ ápalon prín pot’ éonta kʰróa gêras ḗdē
epéllabe, leûkai d’ egénonto tríkʰes ek melaínan;
bárus dé m’ o tʰûmos pepóētai, góna d’ ou pʰéroisi,
tà dḗ pota laípsēr’ éon órkʰēstʰ’ ísa nebríoisi.
tà mèn stenakʰísdō tʰaméōs; allà tí ken poeíēn?
agḗraon ántʰrōpon éont’ ou dúnaton génestʰai.
kaì gár pota Tī́tʰōnon épʰanto brodópākʰun Aúōn
érōi pʰ…atʰeisan bámen’ eis éskʰata gâs pʰéroisan,
éonta kálon kaì néon, all’ aûton úmōs émarpse
kʰrónōi pólion gêras, ékʰont’ ātʰanátān ákoitin.
Sappho: Hymne à Aphrodite
3 août 2010 à 23:43 | Publié dans Circé, Sappho | Laisser un commentaireTags : Afrodita, amour, aphrodite, athanat, ὰθάνατ, chant, déesse, déesse grecque, déesses, Dieux grecs, féminin sacré, fragments de Sapho, fragments de Sappho, hellénisme, hymne, hymne à Aphrodite, hymne paien, Αφροδιτα, Ποικιλόθρον, Ψάπφω, lesbianisme, lesbienne, lesbiennes, Ode à Aphrodite, poème, poésie, poésie lesbienne, Poikilothron, Psappho, religion, romantisme, romantisme lesbien, saphisme, sapho, sapphisme, Sappho
Je corrige immédiatement ce manquement.

Toi au le trône multicolore, ô immortelle Aphrodite, fille de Zeus (1), ourdisseuse de trames, je t’implore : ne laisse pas, ô souveraine, dégoûts ou chagrins affliger mon âme,
Mais viens ici, si jamais autrefois entendant de loin ma voix, tu m’as écoutée, quand, quittant la demeure dorée de ton père tu venais,
Après avoir attelé ton char, de beaux passereaux rapides t’entraînaient autour de la terre sombre, secouant leurs ailes serrées et du haut du ciel tirant droit à travers l’éther.
Vite ils étaient là. Et toi, bienheureuse, éclairant d’un sourire ton immortel visage, tu demandais, quelle était cette nouvelle souffrance, pourquoi de nouveau j’avais crié vers toi,
Quel désir ardent travaillait mon coeur insensé : “Quelle est donc celle que, de nouveau, tu supplies la Persuasive d’amener vers ton amour ? Qui, ma Sappho, t’a fait injure ?
Parle : si elle te fuit, bientôt elle courra après toi ; si elle refuse tes présents, elle t’en offrira elle même ; si elle ne t’aime pas, elle t’aimera bientôt, qu’elle le veuille ou non”.
Cette fois encore, viens à moi, délivre moi de mes âpres soucis, tout ce que désire mon âme, exauce-le, et sois toi-même mon soutien dans le combat.
(1) fille de Zeus – pai Dios – En fait “enfant de Zeus”.
Aphrodite n’est pas la fille de Zeus, mais d’Ouranos, Sappho le mentionne bien d’ailleurs dans un autre de ses poèmes. Aussi, ce ‘pai Dios’ que l’on retrouve dans d’autres poèmes et d’autres poètes pour des dieux n’ayant aucune filiation à Zeus (comme Hékaté, alors que c’est sa tante par lignage masculin…), laisse penser à une tournure poétique qu’il conviendrait mieux de traduire ‘enfant des dieux’, Zeus signifiant par lui-même ‘Dieu’. Cette tournure pourrait elle-même reposer sur une adoption par Zeus lors de sa présentation aux Olympiens comme cela est envisagé par des versions de mythes.

παῖ Δίοσ, δολόπλοκε, λίσσομαί σε
μή μ᾽ ἄσαισι μήτ᾽ ὀνίαισι δάμνα,
πότνια, θῦμον.
ἀλλά τυίδ᾽ ἔλθ᾽, αἴποτα κἀτέρωτα
τᾶσ ἔμασ αύδωσ αἴοισα πήλγι
ἔκλυεσ πάτροσ δὲ δόμον λίποισα
χρύσιον ἦλθεσ
ἄρμ᾽ ὐποζεύξαια, κάλοι δέ σ᾽ ἆγον
ὤκεεσ στροῦθοι περὶ γᾶσ μελαίνασ
πύκνα δινεῦντεσ πτέῤ ἀπ᾽ ὠράνω
αἴθεροσ διὰ μέσσω.
αῖψα δ᾽ ἐχίκοντο, σὺ δ᾽, ὦ μάσαιρα
μειδιάσαισ᾽ ἀθάνατῳ προσώπῳ,
ἤρἐ ὄττι δηὖτε πέπονθα κὤττι
δἦγτε κάλημι
κὤττι μοι μάλιστα θέλω γένεσθαι
μαινόλᾳ θύμῳ, τίνα δηὖτε πείθω
μαῖσ ἄγην ἐσ σὰν φιλότατα τίσ τ, ὦ
Πσάπφ᾽, ἀδίκηει;
καὶ γάρ αἰ φεύγει, ταχέωσ διώξει,
αἰ δὲ δῶρα μὴ δέκετ ἀλλά δώσει,
αἰ δὲ μὴ φίλει ταχέωσ φιλήσει,
κωὐκ ἐθέλοισα.
ἔλθε μοι καὶ νῦν, χαλεπᾶν δὲ λῦσον
ἐκ μερίμναν ὄσσα δέ μοι τέλεσσαι
θῦμοσ ἰμμέρρει τέλεσον, σὐ δ᾽ αὔτα
σύμμαχοσ ἔσσο.
pai Dios, doloploke, lissomai se,
mê m’ asaisi, mêd’ aniaisi damna,
potnia, thymon.

alla tyïd’ elth’, aipoka katerôta
tas emas audas aïoisa polly
eklyes, patros de domon lipoisa,
chryseon êlthes
harm’ hypozeuxasa, kaloi de t’ agon
ôkees strouthoi, peri gas melainas
pykna dinyntes pter’ ap’ ôranô
aitheros dia messô;
aips’ all’ exikonto; ty d’, ô makaira,
meidiasas’ athanatô prosôpô,
êre’ otti g’ ên to pepontha, k’ otti
dê se kalêmi.
k’ otti g’ emô malist’ ethelô genesthai
mainola thymô, tina d’ aute peithê
mais agên es san philotata; tis s’, ô
Psapph’, adikê?
kai gar ai pheugei, tacheôs diôxei;
ai de dôra mê deket’, alla dôsei;
ai de mê philei, tacheôs philasei,
Kouk etheloisan.
elth’ emoi kai nyn, chalepan de lyson
ek merimnan, hossa d’ emoi telessai
thymos imerrhei, teleson; ty d’ auta
symmachos esso.
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