Les Monologues du Vagin

9 avril 2011 à 09:22 | Publié dans Penthésilée, Sappho, Z'inclassables | Laisser un commentaire
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Les Monologues du Vagin
Nous avons un long voyage devant nous. Et ceci est le commencement du voyage. Voici le lieu pour penser à nos vagins, pour apprendre grâce à ceux des autres femmes, pour écouter des histoires et des points de vue, pour répondre à des questions et pour nous en poser. Voici le lieu pour s’affranchir des mythes, de la honte et de la peur. Voici le lieu pour s’entrainer à dire le mot, parce que, comme chacun sait, c’est le mot qui fait avancer et c’est le mot qui rend libre. “Vagin”.
Voilà un pièce qui est devenue un des classiques du féminisme moderne.

Beaucoup de monde en a entendu parler, ils ont un grand succès, mais je m’aperçois finalement que même son titre fait peur. Il fait peur parce qu’il brise le tabou d’évoquer directement le sexe féminin, c’est d’ailleurs un point évoqué dès le début de la pièce.

La plupart aiment, d’autres détestent, mais celles qui détestent, pour ce que j’ai pu en entendre, c’est plus parce qu’elles ont été choquées du ton et du sujet, trouvant une vulgarité là où il n’y en a aucune.
L’histoire de la pièce
La pièce a été créée en 1996 par l’auteure/comédienne féministe Eve Ensler pour être jouée à Broadway.

Pour l’écrire, pendant deux ans plus, Eve Ensler a interviewé sur leur sexualité près de 200 femmes de multiples pays, cultures et âges, les a interrogées et laissées parler. Le résultat est cette pièce où le ton varie du léger au grave, en passant par le ridicule et toute une palette d’émotions.

Depuis, la pièce, qui a connu un énorme succès, a été traduite en une cinquantaine de langues et jouées dans plus de 130 pays.

Normalement la pièce est prévue pour être jouée par trois comédiennes de générations différentes, cependant, l’esprit de la pièce ne rend pas cela incontournable et diverses adaptations et écarts peuvent se faire sur de nombreuses petites choses, tant que ça conserve l’esprit de la pièce.
Les Monologues du Vagin
V Day
Il s’agit d’une association lancée aussi par Eve Ensler pour lutter contre les violences faites aux femmes.
Cette association aide aussi des bénévoles à monter la pièce (ou d’autres liées) afin de récolter des fonds pour des associations d’aide, généralement locales, mais rien ne vous empêche d’aider une asso internationale.
http://www.vday.org (Il y a une zone en français.)
Mon avis
J’ai adoré !

Il ne faut surtout pas partir avec une idée toute faite sur la pièce, simplement se laisser prendre par elle. Il y a toute une atmosphère qui se crée à laquelle il ne faut pas résister.

Entre lire la pièce et la voir jouer, il y a un monde. Ce n’est pas du tout la même chose entre lire et entendre les textes déclamés par des femmes, cela donne une toute autre dimension. Ce n’est plus une lecture intellectuelle, ça devient quelque chose d’exprimé et totalement humain, féminin. Rien que le fait d’entendre le mot “vagin” dans ce contexte, avec ces histoires est une composante majeure de la sensibilité et de l’ambiance.

Tant qu’à faire, allez jeter un œil par là:
http://www.infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=509
Quelques extraits histoire de voir le ton

Les Monologues Voilés
Les Monologues Voilés
Suite à avoir amené à une représentations des Monologues du Vagins un groupe de musulmanes, à l’instar de Eve Ensler, Adelheid Roosen a interviewé plus de 70 femmes issues de cultures musulmanes. Le résultat en est cette pièce de 12 monologues de femmes comme témoignages de leurs réalités.

Comme pour les Monologues du Vagin, le résultat aborde de nombreux aspects de la vie de ces femmes, parfois légèrement, parfois violemment.

Sur scène: trois comédiennes et une musicienne.


Une interview des comédiennes:
http://www.dailymotion.com/video/xcojj4_les-monologues-voiles_fun
(Faire quelques sauts parfois)
Je n’ai pas vu la pièce, mais je serais intéressée. Si quelqu’un l’a vue, ne pas hésiter à me laisser un com’ pour me dire ce que vous en avez pensé.

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A toi, Sphynge, je pose mon énigme…

29 novembre 2010 à 08:25 | Publié dans Circé, Sappho | Laisser un commentaire
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Un petit poème pour les solitaires qui s’oublient elles-mêmes dans une course aveugle. Mesure et équilibre, la grandeur n’a qu’un temps, chacun peut chuter dans un gouffre intérieur.
A toi, Sphynge, je pose mon énigme, dévore moi si tu trouves la solution.
Quels sont les plus vides, les temples d’Aphrodite ou les cœurs de femmes?
J’en vois tant sur les rivages, ternes, marqués de leur vieil âge.

Temple vide d’amour,

ils survivent inutiles, vieux beaux qui dressent leurs hauts seuils,

oubliés d’Aphrodite.
Temple plein d’orgueil,

ils tombent en secret et baignent dans leur solitude de mousses,

oubliés d’Aphrodite.
Temple plein de vide,

le vent les parcoure tel des désert sans vie, sans réconfort,

oubliés d’Aphrodite.
J’en vois tant marcher visage terne malgré leur maquillage.

Cœur vide d’amour,

elles poursuivent les idéaux futiles qui plaisent à leur orgueil,

mais pas à leur âme.
Cœur plein d’orgueil,

elles saignent en secret et mentent sur leur solitude à tous,

mais pas à leur âme.
Cœur plein de vide,

elles parcourent un désert sans vie qui leur donne le confort,

mais pas à leur âme.
Sphynge, tu ne réponds pas; ouvre moi les portes du temple sans conditions.
Quand j’y serai, tu auras la solution, il sera plein du cœur d’une femme.
Comme de souvent avec moi, il y a des messages secondaires cachés dans ce poème, et comme chacun le sait, le cœur est le temple de l’âme…

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Depuis le jour où je t’ai tuée…

19 novembre 2010 à 07:47 | Publié dans Sappho | Laisser un commentaire
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Ca fait tellement longtemps, j’ai l’impression que c’était hier alors que cela fait si loin maintenant…
Je ne peux pas vraiment dire que tu me manques ou que je regrette mon geste, même si des fois j’invoque ton fantôme comme pour ressusciter en moi le temps où tu étais là. Pourtant parfois aussi, quand on me regarde si follette et insouciante, éternelle romantique fantasque comme on me dit souvent, on pourrait croire qu’il ne s’est rien passé, que je ne t’aie pas tuée, que je ne me sois pas débarrassée de toi, que je n’aie mis de la manière la plus radicale un terme à ta présence chez moi.

Certaines personnes de mon entourage te regrettent parfois. Je crois que tu manques à mes parents, ils se demandent si tu reviendras un jour, s’ils te reverront. Je leur réponds un ‘peut-être’ détaché et sans conviction, un peu amusée. Ils seraient si heureux de te revoir…
C’est bizarre. Alors qu’ils me voient heureuse sans toi, ils espèrent quand même ton retour, n’ont-il jamais compris tout ce que j’ai dû endurer par ta faute?

Comme j’ai eu mal à cause de toi! A cause de toi, j’ai subi un martyre sans nom. Si tu avais disparu de ma vie comme par enchantement, je n’aurais pas tant souffert, je ne me serais pas déchirée de douleur, mais jeune et naïve, je ne me rendais pas compte que tu étais à l’origine de tous mes maux, que tu me tuais à petit feu. Tu es restée, comme si mes tourments ne me suffisaient pas…
Puis un jour, j’ai compris que toi et moi, ça devait finir, qu’une de nous devait mourir, c’était toi ou moi, je n’avais pas le choix, même si tu commençais à t’éloigner de moi et que j’allais te perdre. Il ne me restait que cette solution, c’est toi qui nous avais mises dans cette situation. Après ce qu’on pourrait considérer comme un adieu, fataliste, j’ai mis un terme à ton existence, définitivement.

C’est vrai que j’ai été heureuse avec toi, que tu m’as fait vivre tant de moments si magiques…
J’étais jeune et ne demandais qu’à être émerveillée. J’avais les yeux pleins d’étoiles grâce à toi. Tu me faisais me sentir être la première au monde à vivre certaines choses, tu ne faisais me sentir comme une exploratrice qui découvrait un monde nouveau, et pour moi, c’était vraiment un monde nouveau.
Je ne suis pas sûre que je sois nostalgique de cette époque, ce que je vis en ce moment me convient parfaitement. Je garderai les bons souvenirs de ta présence avec moi, ils seront de petits soleils intérieurs que je n’oublierai pas.

Tu es morte maintenant, je suis la mieux placée pour le savoir. Même si j’en avais le pouvoir, je ne te ressusciterais pas. J’ai complètement refait ma vie. J’ai dû réapprendre à vivre sans toi. Tu devais occuper une bien grande place dans ma vie pour que je me sois sentie si vide intérieurement. Mais tout cela est bien fini maintenant, je suis à nouveau heureuse. Même si il y a évidemment des moments difficiles dans la vie parfois, je n’ai plus besoin de toi, tu es de l’histoire ancienne.

Tu sais, il s’est passé tant de choses depuis le jour où je t’ai tuée, mon innocence…

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Soie noire

23 octobre 2010 à 09:13 | Publié dans Sappho | 1 Commentaire
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Un doux bruissement près de mon oreille dans les ténèbres de mes yeux fermés, puis ton souffle sur mon cou.
Sentant ta peau glisser sur la mienne, j’imagine la suavité qui parcourt ton corps en te donnant la mienne. Je sens sur mon épaule la caresse que je passe sur la tienne, puis les baisers que j’y dépose éveiller en moi de délicats délices. Un frisson te traverse que je sens au fond de moi le rendant plus profond. Ta chevelure sur moi me fait frémir alors que j’entends ton souffle court tandis que la mienne te parcourt et que le mien s’accélère.
Je me plais et me donne au plaisir que tu me donnes et que mon plaisir te donne, j’en prend celui que tu prends pour que tu prennent de celui que je prends, unies d’une même félicité, d’une même extase, un souffle charmant des charmes affolants…

Un sombre labyrinthe sensuel,

Deux foulards de soie noire…

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Pour chaque femme – Pour chaque fille

15 octobre 2010 à 07:22 | Publié dans Penthésilée, Sappho | 4 Commentaires
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For Every Woman est un poème en prose de Nancy R. Smith de 1973.

A l’époque, il était devenu un classique par le bouche à oreille. Aussi il y a quelques temps, un collectif l’a remis au goût du jour, l’a “adapté”, en ne considérant plus homme-femme, mais garçon-fille. Evidemment, le message est un peu différent, puisse qu’il fait référence à l’éducation et non plus la vie d’adulte.

Voici donc l’original, son adaptation et leurs traductions.

 

For Every Woman
For every woman who is tired of acting weak when she knows she is strong, there is a man who is tired of appearing strong when he feels vulnerable.

For every woman who is tired of acting dumb, there is a man who is burdened with the constant expectation of “knowing everything.”

For every woman who is tired of being called “an emotional female”, there is a man who is denied the right to weep and to be gentle.

For every woman who is called unfeminine when she competes, there is a man for whom competition is the only way to prove his masculinity.

For every woman who is tired of being a sex object, there is a man who must worry about his potency.

For every woman who feels “tied down” by her children, there is a man who is denied the full pleasures of shared parenthood.

For every woman who is denied meaningful employment or equal pay, there is a man who must bear full financial responsibility for another human being.

For every woman who was not taught the intricacies of an automobile, there is a man who was not taught the satisfactions of cooking.

For every woman who takes a step toward her own liberation, there is a man who finds the way to freedom has been made a little easier.

 

Pour Chaque Femme
Pour chaque femme qui en a marre de faire semblant d’être faible quand elle sait qu’elle est forte, il y a un homme qui en a marre de paraître fort alors qu’il se sent vulnérable.

Pour chaque femme qui en a marre de faire semblant d’être idiote, il est un homme qui est harassé de l’attente constante de “tout connaitre”.

Pour chaque femme qui en a marre d’être appelée “une femelle émotive”, il y a un homme à qui on refuse le droit de pleurer et d’être doux.

Pour chaque femme qui est appelée non-féminine quand elle participe à la compétition, il y a un homme pour qui la compétition est la seule manière de prouver sa masculinité.

Pour chaque femme qui en a marre d’être un objet sexuel, il y a un homme qui doit s’inquiéter de sa puissance.

Pour chaque femme qui se sent “prisonnière” de ses enfants, il y a un homme à qui on refuse l’intégralité des plaisirs de la parentalité partagée.

Pour chaque femme qui se voit refuser un emploi intéressant ou l’égalité de salaire, il est un homme qui doit supporter l’entière responsabilité financière d’un autre être humain.

Pour chaque femme à qui on n’a pas appris les subtilités d’une automobile, il y a un homme à qui on n’a pas appris les satisfactions de la cuisine.

Pour chaque femme qui fait un pas vers sa propre libération, il y a un homme qui trouve que la voie vers la liberté est devenue un peu plus facile.

 

For Every Girl
For every girl who is tired of acting weak when she is strong, there is a boy tired of appearing strong when he feel vulnerable.

For every boy who is burdened with the constant expectation of knowing everything, there is a girl tired of people not trusting her intelligence.

For every girl who is tired of being called over-sensitive, there is a boy who fears to be gentle, to weep.

For every boy for whom competition is the only way to prove his masculinity, there is a girl who is called unfeminine when she competes.

For every girl who throws out her E-Z-Bake oven, there is a boy who wishes to find one.

For every boy struggling not to let advertising dictate his desires, there is a girl facing the ad industry’s attacks on her self esteem.

For every girl who takes a step toward her liberation, there is a boy who find the way to freedom a little easier.

 

Pour Chaque Fille
Pour chaque fille qui en a marre de faire semblant d’être faible quand elle est forte, il y a un garçon qui en a marre de paraître fort alors qu’il se sent vulnérable.

Pour chaque garçon qui est harassé de l’attente constante de “tout connaitre”, il y a une fille qui en a marre que les gens ne croient pas en son intelligence.

Pour chaque fille qui en a marre d’être appelé super-sensible, il y a un garçon qui a peur d’être doux, de pleurer.

Pour chaque garçon pour qui la compétition est la seule manière de prouver sa masculinité, il y a une fille qui est appelée non-féminine quand elle participe à la compétition.

Pour chaque fille qui se débarrasse de son four de dinette, il y a un garçon qui veut en trouver un.

Pour chaque garçon qui lutte pour ne pas laisser la publicité lui dicter ses désirs, il y a une fille qui fait face aux attaques de l’industrie publicitaire sur son estime de soi.

Pour chaque fille qui fait un pas vers sa libération, il y a un garçon qui trouve la voie vers la liberté un peu plus facile..

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