Comment séduire une lesbienne quand on est un homme… (2)

2 mai 2012 à 22:43 | Publié dans Arc en ciel, Z'inclassables | 14 Commentaires
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Il ne s’agit pas là de la suite de mon article “Comment séduire une lesbienne quand on est un homme…”, mais plutôt d’une réaction aux commentaires qu’on peut y lire, voire ceux que j’ai rejetés parce que trop vulgaires.
Bisexualité
En fait, c’est surtout une réaction à un étrange phénomène:
Ces messieurs ne semblent absolument pas envisager que les bisexuelles puissent exister !

“Oui… Mais j’ai connu une lesbienne, elle m’aimait… Entre nous… bla, bla, bla, bla…”
Pas une seconde il ne leur a traversé la tête d’une femme qui peut avoir une attirance amoureuse ou sexuelle parfois pour un homme, parfois pour une femme est une bisexuelle et non une lesbienne/homosexuelle!
Personnellement, je trouve ça assez phénoménal…
Il sont en train de me décrire une situation qui colle parfaitement à la définition de ce qu’est la bisexualité et là, vlan, “lesbienne”.
Il y a quand même un problème, non?

Je veux bien qu’il y ait ce fantasme pourri, mais quand même, ça n’explique pas tout à vouloir voir des lez là où il y a des bies. (Houhou… Elles existent aussi…)
Ce n’est pas mon genre de juger de l’orientation amoureuse de chacun(e), je ne considère pas qu’une soit plus honorable que l’autre, mais à un moment il y a des évidences qui devraient arriver au cerveau, non?

Bon, je veux bien que psychologiquement, on ait parfois des trucs bizarres, moi-même j’ai eu.
Je sortais avec ma première petite amie depuis quelques mois qu’aucune de nous deux ne s’envisageait “lesbienne” ou “homosexuelle”. Si on m’en avait fait la remarque, ça aurait donné un truc absurde du style:
- Roxane, tu es lesbienne?
- Non.
- Pourtant tu sors avec une fille.
- Oui et alors?
Alors que j’aurais été parfaitement sincère. (J’étais d’ailleurs morte de rire en voyant une scène similaire dans Lost and Delirious.) Aussi, je peux comprendre qu’on puisse avoir du mal à s’identifier à une nouvelle notion alors qu’on s’identifiait à une autre avant. Je reconnais même que ça peut être influencé par l’image vague que je pouvais avoir à l’époque de ce qu’est une lesbienne, n’ayant pas de références réelles. Mais dans ce cas de figure, ça reste pour soi, s’assimiler à une notion perturbante quand on ne s’y attend pas.

Mais je m’éloigne…
J’en arrive même à me poser d’autres questions par rapport à ceux qui me postent des commentaires…

Qu’ils n’aient pas réagi qu’ils avaient rencontré des bies, ok.
Qu’ils n’aient pas lu quand je reprenais ce qui avaient fait ce genre d’interventions avant, ok.
Mais quelle utilité à s’acharner à vouloir voir une lez à tout prix alors que je les ai détrompés et amenés à réfléchir?
J’en arrive à me poser la question de la raison d’un tel acharnement face à une évidence logique. Je leur arrache leur “trophée” en leur montrant que ce n’est que du vent et qu’en réalité ça n’a rien d’exceptionnel (voire qu’ils ont été des dindons), donc eux non plus? Je ne vois que ça.
Dans la vie courante
Toujours au chapitre bisexualité, on trouve des tas que raisonnements et questions étranges auxquels la simple réflexion basique donnerait la réponse évidente.
Une lesbienne peut-elle être attirée par un homme?
Une lesbienne peut-elle avoir envie de coucher avec un homme?
Là, encore, c’est d’un niveau de débilité affligeant.
En transposant avec un homme hétéro, il devient évident que dans ce cas, ce n’est plus de l’hétérosexualité, mais encore une fois de la bisexualité.
Un homme hétéro peut-il être attiré par un homme? Là, tout un chacun réagirait, pour les lesbiennes, non.

En général, quand ça m’est posé directement, c’est plutôt du style:
Mais tu ne t’es jamais sentie attirée par un homme? ou
Tu n’as jamais voulu essayer avec un homme? voire
Comment tu sais que ça ne te plairait pas avec un homme?
Outre le fait que parfois je clashe directement parce que la personne n’a pas le degré de proximité suffisant pour aborder avec moi cet aspect de ma vie intime, je retourne souvent la question à la personne, voire en l’adaptant. D’ailleurs, je ne sais pas d’où certains vont inventer que sous prétexte que je suis lesbienne, ma vie intime devrait être publique…
Toujours est-il qu’une fois la question retournée, d’un coup ça bredouille, ça sort généralement un truc plus ou moins vaseux, à moi d’orienter la suite selon les circonstances et ce que je veux comme sortie de discussion, mais jamais je ne reviens sur moi, je reste sur l’interlocuteur pour lui faire prendre conscience des choses, le casser un peu plus ou le retourner dans ses certitudes.
Quand ça vient de femmes, c’est moins marrant que quand ça vient d’un homme. Effet pervers des restes patriarcaux de notre société, cela les choque plus surtout en envisageant le côté dit “passif”.
Les réponses à ces questions et bien d’autres sont pourtant logiques et évidentes, mais non, certains ont besoin de les poser.

Ca ne vole pas plus haut que le tout aussi stupide:
C’est que tu n’as pas rencontré le bon.
Mais de quoi ils se mêlent? Si je suis heureuse avec une femme, n’est ce pas là le principal. D’abord, c’est quoi “le bon”?
D’ailleurs, je ne me prive pas non plus de retourner leur argument, disant même parfois à un homme marié que je vais téléphoner à sa femme pour lui dire que son mari est gay et qu’il n’est avec elle qu’en attendant d’avoir trouvé “le bon”.
Alors ça clashe…
Et bien, oui, ça clashe.
Parce que toutes ces âneries à force de revenir, ça énerve. De temps en temps ça prend une autre forme, mais ça énerve quand même.

“Oui, mais on pourrait discuter au moins…” Non, on ne peut pas. Parce qu’il y en a marre depuis le temps, parce qu’il y a forcément une idée inavouée derrière, parce que ce sont généralement les mêmes âneries, parce qu’on a pas à se justifier d’un non-choix, parce qu’on a pas à tolérer que l’autre nous remettre personnellement en cause sur ce non-choix, parce qu’on ne nous aborderait pas ce sujets s’il était évident pour l’interlocuteur que nos sentiments sont normaux, parce que l’interlocuteur arrive avec ses théories toutes faites dont il ne démordra pas et attendra qu’on les valide, etc., etc., etc…
Mais mince, à la fin, c’est quoi que vous n’assumez pas pour vous-mêmes ?
Avant de venir nous dire ce que nous sommes ou ce que nous devrions être, commencez par vous poser la question du vrai pourquoi vous venez vers nous avec ce genre de discours.
Vous allez vous trouver la “raison officielle”, mais si vous en avez vraiment le courage, allez plus loin, vers celle qui est plus personnelle et plus profonde, celle qui ne vous plaira pas à cause de ce qu’elle vous renverra de vous-mêmes.
Le viol “correctif”
Bon, je m’éloigne encore un peu du thème central de l’article, mais comme ça a été abordé, oui, ça existe.

Comment quelqu’un de mentalement normal peut-il concevoir qu’en violant une lesbienne, celle-ci se retrouvera par miracle hétérotte?
Elle aura subi une violence sexuelle masculine et se retrouverait d’un coup attirée par les hommes… Il faut être complètement taré pour ne serait ce qu’envisager la chose.

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Utena, la fillette révolutionnaire

23 août 2011 à 22:19 | Publié dans Penthésilée, Sappho, Circé, Arc en ciel, Princesse des Roses | Laisser un commentaire
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Comment évoquer ce manga/série/animé (Il y a même eu un spectacle et un jeu vidéo…) sans être trop évasive et gâcher des effets de découverte au fil de l’histoire?
Shōjo kakumei Utena - Utena, la fillette révolutionnaire
C’est plutôt typé Shōjo (pour filles), mêlant romance, héroïsme, dramatique le tout dans un contexte yuri et surréaliste.

Je vais plutôt attaquer le sujet par l’angle de la série, puisse que c’est comme ça que j’ai connu et que ma préférence va. Je vous conseillerais même de voir la série avant le le film d’animation, celui-ci faisant parfois des raccourcis qui peuvent nuire à la compréhension, mais passent très bien quand on connait la série. De toutes façons, les trois n’ont pas la même fin…
La série/le manga
Nom français :   Utena, la fillette révolutionnaire
Nom original :   Shōjo kakumei Utena   少女革命ウテナ
Le film
Nom français :   Utena: Apocalypse d’Adolescence
Nom original :   Shôjo kakumei Utena: Adolescence mokushiroku
 少女革命ウテナ アドゥレセンス黙示録
Le manga est en 5 volumes, la série en 39 épisodes et le film dure 80 minutes et n’existent qu’en versions sous-titrées.
Un univers…
Il y a tout un univers qui va avec, aussi, il n’est pas simple de faire partager, c’est un tout.
Bien évidemment, entre les trois supports il y a un monde, film contre série, la trame même change, mais le fond est le même.

L’ambiance varie à longueur de temps entre le contexte scolaire d’adolescents, le monde des contes de fées, une modernité oppressante et une fantasmagorie parfois difficile à saisir.
Le tout ne se simplifie pas par l’appel à des flashes-back qui servent à expliquer le fondement de la trame.
Je reconnais qu’annoncé comme ça, ça a de quoi faire peur, vous devez vous dire que ça doit être compliqué, c’est normal, mais tout cela contribue à crée cet univers clos si spécifique.

Tout au long de la série, il y a même de nombreux points de compréhension qui restent en suspens, mais les explications viennent quelques épisodes plus tard. On se pose donc souvent du pourquoi de certaines choses, mais des flashes-back viennent donner les raisons.
Cela encore participe à l’étrange ambiance.

Il y a bien quelques passages qui sont un peu ridicules et qui n’apportent rien à l’histoire, mais il y en a peu.

Enfin, un dernier point, tout au long de la série, on réagit à certaines actions des personnages, autant, on est portées par leurs réussites et leurs émotions qu’on se révolte aussi par rapport à certains éléments de ce qu’il leur arrive ou on se sent trahis par eux dans ce qu’on en pensait, bref on est pris vers le haut et vers le bas jusqu’au dénouement final.
On est aussi très souvent dans la suggestion ou dans la liberté de comprendre à notre propre vision ce qu’il se passe ensuite.
Le premier générique de la série
Le point de départ de l’histoire
Tenjō Utena était très jeune quand elle a perdu ses parents. Ne supportant pas de vivre sans eux, elle voulait les rejoindre dans la mort quand un prince arriva. Il la réconforta, sécha ses larmes et lui redonna envie de vivre. Il lui donna une bague avec le promesse qu’elle la mènerai à lui un jour.
Impressionnée par la noblesse du prince, la fillette décida de devenir elle-même un prince…
Lors de sa rentrée à l’école d’Ohtori, Utena s’intègre rapidement malgré l’étrangeté de celle-ci.
Elle se retrouve pourtant rapidement entrainée (pour une raison changeant selon le support) dans un duel face à Kyōichi Saionji, le président du club de kendō et vice-président du conseil des élèves.
Sur la plateforme de duel, Utena est ulcérée par la manière dont Saionji traite celle qu’elle pense être sa petite amie, Anthy Himemiya. Les choses prennent une étrange tournure quand elle apprend que la bague qu’elle avait reçue petite se révèle être le Sceau de la Rose, la marque des duelliste de l’école. Himemiya arbitrera le duel, elle est aussi l’enjeu, car elle est la Fiancée de la Rose qu’emporte le Champion de la Rose. Chacun des duellistes reçoit une rose à la boutonnière, le but du duel est de faire perdre ses pétale à la rose de son adversaire.
Le duel commence alors qu’Utena n’a qu’une arme en bambou à opposer à une arme bien réelle. Mise à mal, inexpérimentée, elle emporte pourtant le duel grâce à sa force de conviction.
En plus de la Fiancée de la Rose, elle reçoit par la même, l’épée de Dios, une arme magique ayant le pouvoir de révolutionner le monde quand elle aura trouvé le bon porteur, ce qui est aussi l’enjeu final de ces duels (L’épée de Dios sort du corps d’Himemiya.).
Déboussolée par toutes ces choses qui la dépassent, Utena commence à lier une relation qui deviendra de plus en plus forte avec Himemiya, ce n’était que le premier des duels, le passé et le destin doivent s’accomplir…
L’histoire…
Comment donner la trame alors que, même si la série suit assez le manga, le film est tout autre?
De toute façon, j’ai décidé de ne pas spoiler…
Je resterai donc générale sur le fond.

Je dirai juste qu’elle se divise en 4 “sagas”:
> Conseil des élèves
> Black Rose
> Akio Ohtori
> Fin du monde
Liste des épisodes
Conseil des élèves
1 La fiancée de la Rose 薔薇の花嫁 Bara no hanayome
2 Pour qui sourit la Rose 誰がために薔薇は微笑む Dare ga tame ni bara wa hohoemu
3 La nuit du Bal 舞踏会の夜に Butoukai no yoru ni
4 Jardin d’été : Prélude 光さす庭・プレリュード Hikari sasu niwa – Pureryūdo
5 Jardin d’été : Final 光さす庭・フィナーレ Hikari sasu niwa – Fināre
6 Attention, Lady Nanami 七実様御用心! Nanami-sama go-youjin!
7 La déception de Juri 見果てぬ樹璃 Mihatenu Juri
8 Le grand trip du riz au curry カレーなるハイトリップ Karee naru Haitorippu
9 Le château de l’éternité 永遠があるという城 Eien ga aru toiu shiro
10 Le Trésor de Nanami 七実の大切なもの Nanami no taisetsu na mono
11 Elégant et impitoyable,
celui qui cueille la fleur
優雅に冷酷・その花を摘む者 Yuuga ni reikoku -
Sono hana wo tsumu mono
12 Par amitié, peut-être… たぶん友情のために Tabun yujo no tame
13 Le repérage des lieux 描かれる軌跡 Egakareru kiseki

Black Rose

14 Ceux de la Rose Noire 黒薔薇の少年たち Kurobara no Shounentachi
15 Le paysage imaginé par Kozue その梢が指す風景 Sono Kozue ga Sasu Fuukei
16 La cloche de vache du bonheur 幸せのカウベル Shiawase no Cowbell
17 Les Epines de la Mort 死の棘 Shi no Toge
18 La Douleur de Mitsuru みつるもどかしさ Mitsuru Modokashisa
19 Le Chant du Royaume Déchu 今は亡き王国の歌 Ima ha Naki Oukoku no Uta
20 La Métamorphose de Wakaba 若葉繁れる Wakaba Shigereru
21 Insectes Nuisibles 悪い虫 Warui Mushi
22 Le mémorial de Nemuro 根室記念館 Nemuro Kinenkan
23 Le Talent d’un Duelliste デュエリストの条件 Duelist no Jouken

Akio Ohtori

24 le Journal Secret de Nanami 七実様秘密日記 Nanami-sama Himitsu Nikki
25 Apocalypse Eternelle pour Deux ふたりの永遠黙示録 Futari no Eien Mokushiroku
26 Le nid de Kosue
(Jardin d’été, arrangement)
幹の巣箱
(光さす庭・アレンジ)
Miki no Subako
(Hikari Sasu Niwa /Arrange)
27 L’œuf de Nanami 七実の卵 Nanami no Tamago
28 Chuchotement dans les ténèbres 闇に囁く Yami ni Sasayaku
29 Un azur plus bleu que le ciel 空より淡き瑠璃色の Sora yori Awaki Ruriiro no
30 La fille aux pieds nus 裸足の少女 Hadashi no Shoujo
31 Tragédie 彼女の悲劇 Kanojo no Higeki
32 La Romance de Danseuses 踊る彼女たちの恋 Odoru Kanojotachi no Koi
33 Le Prince qui court dans la Nuit 夜を走る王子 Yoru wo Hashiru Ouji

Fin du monde

34 Le Sceau de la Rose 薔薇の刻印/td> Bara no Kokuin
35 Un Amour en Hiver 冬のころ芽ばえた愛/td> Fuyu no Koro Mebaeta Ai
36 Et Les Portes de la Nuit s’ouvrirent そして夜の扉が開く/td> Soshite Yoru no Tobira ga Hiraku
37 Celle qui Révolutionnera le Monde 世界を革命する者/td> Sekai wo Kakumei Suru Mono
38 Les Fins du Monde 世界の果て Sekai no Hate
39 Le Soleil se lève aussi いつか一緒に輝いて Itsuka Issho ni Kagayaite
Mon avis
C’est simple, j’adore. Il faut dire que j’ai un attachement personnel à Utena pour des raison personnelles liées à mon adolescence et la découverte de notre homosexualité avec ma première petite amie.
Même si il y a des moments moyens, des moments détestables, je ne peux m’empêcher de toujours adorer.
Le romantisme récurrent y joue pour quelque chose aussi. Et puis, le côté princesse charmante qui se bat pour sa fiancée…
Et puis, la fin du dernier épisode…
Et puis, la bande originale musicale…
Bref, des tas de “Et puis…” qui s’accumulent.
Infos diverses
Attention, spoilers, ne pas suivre ces liens si vous voulez garder une certain mystère à la découverte, beaucoup de choses prennent plus d’intérêt à se découvrir au fur et à mesure de la progression dans l’histoire.

http://www.univers-l.com/utena_anime_accueil.html
Un excellent dossier sur le film et l’anime, on peut même retrouver un résumé de chacun des épisodes et quelques analyses des choses qui pourraient vous échapper dans tout ensemble d’intrigues et de références.
Consulter la page sur un épisode après l’avoir vu peut aider à mieux comprendre certaines choses, les références sur les épisodes précédents lointains étant courantes et certains recoupements peuvent vous échapper au viosionnage.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Utena,_la_fillette_révolutionnaire
L’article wikipédia, pour les références, plus que pour la compréhension.
Itsuka Issho ni…
いつか一緒に…

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2 juin 1872 – Julia Ward Howe : Proclamation de la Journée des Mères

27 mai 2011 à 23:14 | Publié dans Z'inclassables | Laisser un commentaire
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Fête des mères
Colliers de pâtes, cartes et poèmes, que ne nous a-t-on pas fait faire pour nos mamans à l’école quand nous étions petit(e)s?…
Et toujours le gros bisou de remerciement venait alors que nous offrions nos œuvres à nos mamans adorées.

L’histoire de ses origines en est bien plus triste, puisse qu’il s’agissait au départ de rendre hommage aux mères des soldats morts à la guerre.
Ainsi, le 2 juin 1872 à New York City, Julia Ward Howe lançait sa “Proclamation de la Journée des Mères” lors d’une célébration anti-guerre, dans la logique de ce qu’avait initié 4 ans plus tôt Ann Maria Reeves Jarvis.
Fête ou journée des mères ?
En France, on dit parfois que cette fête vient de la politique nataliste de Pétain en 1941, c’est quelque part vrai, mais pas entièrement. La “Journée des Mères” (qui existait depuis une douzaine d’années) est effectivement devenue la “Fête des Mères” dans cette optique et celle d’imposer le modèle de la femme au foyer dans une France qui était déjà traversée par les courants féministes s’y opposant.
Le nom et la reconnaissance en tant que fête sont restés malgré les évolutions de société. Cela garde parfois ce relent dans certaines bouches.
Alors mieux vaut nous rappeler ce que nous en pensions quand nous étions enfants…
Mother’s Day Proclamation
Arise, then, women of this day!
Arise all women who have hearts, whether your baptism be of water or of tears!
Say firmly:
“We will not have questions decided by irrelevant agencies. Our husbands shall not come to us reeking of carnage for caresses and applause. Our sons shall not be taken from us to unlearn all that we have been able to teach them of charity, mercy, and patience. We women of one country will be too tender to those of another country to allow our sons to be trained to injure theirs.”
From the bosom of a devastated Earth a voice goes up with our own. It says “Disarm! Disarm!” The sword of murder is not the balance of justice. Blood does not wipe out dishonor, nor violence indicate possession.
As men have forsaken the plow and the anvil at the summons of war, let women now leave all that may be left of home for a great and earnest day of counsel. Let them meet first as women, to bewail and commemorate the dead. Let them solemnly take counsel with each other as to the means whereby the great human family can live in peace, each bearing after his time the sacred impress not of Caesar, but of God.
In the name of womanhood and humanity, I earnestly ask that a general congress of women without limit of nationality be appointed and held at some place deemed most convenient and at the earliest period consistent with its objects, to promote the alliance of the different nationalities, the amicable settlement of international questions, the great and general interests of peace.
Proclamation de la journée des mères
Levons nous donc, femmes de cette journée!
Levons nous toutes, femmes qui avons du cœur, que notre baptême soit d’eau ou de larmes!
Affirmons:
“Nous ne laisserons pas les grandes questions être décidées par les organismes incompétents, nos maris ne nous viendront pas, puant les carnages, chercher des caresses et des applaudissements. Nos fils ne doivent pas nous être retirés pour désapprendre tout ce que nous avons pu leur enseigner sur la charité, la miséricorde et la patience. Nous, femmes d’un pays, seront trop tendres envers celles d’un autre pays pour autoriser que nos fils soient entrainés à blesser les leurs.” (1)
Du sein de la terre dévastée une voix monte avec les nôtres. Elle dit: “Désarmement! Désarmement!” L’épée du meurtre n’est pas la balance de la justice. Le sang n’efface pas le déshonneur, pas plus que la violence n’indique la propriété.
Comme les hommes ont souvent délaissé la charrue et l’enclume pour l’appel à la guerre, que les femmes quittent maintenant tout ce qui peut être quitté du foyer pour une grande et sérieuse journée de conseil. Qu’elles se réunissent d’abord, en tant que femmes, pour pleurer et commémorer les morts. Qu’elles tiennent conseil solennellement les unes avec les autres sur les moyens par lesquels la grande famille humaine pourrait vivre en paix, chacun portant en son temps l’empreinte sacrée, non de César, mais de Dieu.
Au nom de la féminité et de l’humanité, je demande instamment qu’un congrès général de femmes sans limite de nationalité puisse être convenu et tenu à l’endroit jugé le plus approprié et au moment tôt compatibles avec ses objets, pour promouvoir l’alliance des différentes nationalités, le règlement à l’amiable des questions internationales, l’intérêt commun supérieur de la paix.
Julia Ward Howe
Julia Ward Howe
Julia Ward Howe est née en 1819 à New York City, elle était une poétesse et militante sociale et abolitionniste. Elle st entre autres connue pour avoir composé les paroles du Battle Hymn of the Republic qui devint un chant très populaire dans l’Union au moment de la Guerre de Sécession.
A la sortie de celle-ci, elel commença à milité pour les causes pacifiste et en faveur du droit de vote des femmes. Ainsi en 1870, se proclama pour le première fois cette Mother’s Day Proclamation.
Elle continua par la suite à s’investir dans la cause des droits des femmes, éditant leWoman’s Journal de Lucy Stone et Henry Brown Blackwell, puis président l’Association of American Women, le New England Women’s Club, la Massachusetts Woman Suffrage Association, la New England Suffrage Association et la American Woman Suffrage Association.
Le 28 janvier 1908, elle devint la première femme elue à l’American Academy of Arts and Letters.


(1)
Phrase dure à traduire en français, je crois ne pas m’en être trop mal sortie, le sens est que la tendresse entre mères de deux nations différentes attachées à leur enfants ne permettra pas que les fils des unes soient entrainés à combattre ceux des autres.

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Mécano – Mujer contra mujer / Une femme avec une femme

3 avril 2011 à 09:16 | Publié dans Arc en ciel, Sappho | 1 Commentaire
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Mecano - Descanso Dominical
En 1986, José Maria Cano (du trio musical espagnol Mécano) écrit cette chanson Mujer contra mujer, deux ans plus tard en 1988, elle sort sur le septième album Descanso Dominical et explose dans les charts même dans des pays d’Amérique latine où l’homosexualité est réprimée par la loi et que la vidéo ait été interdit. Elle est ensuite traduite en plusieurs langues:
“Une femme avec une femme”,
“A Woman Against A Woman” et
“Per Lei contro di Lei”.
A sa sortie, Une femme avec une femme restera plusieurs semaine en première place en France
Douceur et émotion dans la mélodie dans les paroles et dans la voix d’Ana Torroja, pudeur et tolérance aussi, le succès de cette chanson n’est en rien démérité.
Mince, elle me fiche les larmes aux yeux à chaque fois…

J’ai aussi une tendresse particulière pour cette chanson parce que Sabine et moi avons ouvert le banquet de nos fiançailles sur une chorégraphie que nous avions préparé sur elle (en version espagnole).
Mujer contra Mujer
Nada tienen de especial
dos mujeres que se dan la mano,
el matiz viene después
cuando lo hacen por debajo del mantel…
Luego a solas sin nada que perder,
tras las manos, va el resto de la piel…
Un amor por ocultar
aunque en cueros, no hay dónde esconderlo…
Lo disfrazan de amistad
cuando salen a pasear por la ciudad
Una opina que aquello no está bien.
La otra opina, que ¿ qué se le va a hacer ?
Y lo que opinan los demás está de más
¿ Quién detiene palomas al vuelo
volando a ras de suelo?
Mujer contra mujer.
No estoy yo por la labor
de tirarles la primera piedra
si equivoco la ocasión
y las hallo labio a labio en el salón…
Ni siquiera, me atrevería a toser,
si no gusto
ya sé lo que hay que hacer,
que con mis piedras hacen ellas su pared…
¿ Quién detiene palomas al vuelo
volando a ras de suelo?
Mujer contra mujer.
Una opina que aquello no está bien.
La otra opina, que ¿ qué se le va a hacer ?
Y lo que opinan los demás está de más
¿ Quién detiene palomas al vuelo
volando a ras de suelo?
Mujer contra mujer.
Oh oh oh oh oh oh oh…
¿ Quién detiene palomas al vuelo
volando a ras de suelo?
Mujer contra mujer.
Live en 1991…

http://www.youtube.com/watch?v=Q3BXMSw1tvM dans un duo très connu avec Marta Sánchez
ou encore http://www.youtube.com/watch?v=XnXmaZ1fSkc
et bien entendu la vidéo officielle:
http://www.youtube.com/watch?v=B-SKt4OPSsE.
Mecano - Une femme avec une femme
Une femme avec une femme
(traduction/adaptation de Pierre Grosz)
Deux femmes qui se tiennent la main
Ca n’a rien qui peut géner la morale
Là où le doute s’installe
C’est que ce geste se fasse sous la table
Quand elles sont seules
Comme elles n’ont rien perdre
Après les mains, la peau de tout le reste
Un amour qui est secret
Même nues elles ne pourraient le cacher
Alors sous les yeux des autres
Dans la rue elles le déguisent en amitié
L’une des deux dit que c’est mal agir
Et l’autre dit qu’il vaut mieux laisser dire
Ce qu’ils en pensent ou disent ne pourrait rien y faire
Qui arrête les colombes en plein vol
A deux au ras du sol
Une femme avec une femme
Je ne veux pas les juger
Je ne veux pas jeter la première pierre
Et si en poussant la porte
Je les trouve bouche à bouche dans le salon
Je n’aurai pas l’audace de tousser
Si ça me dérange, je n’ai qu’a m’en aller
Avec mes pierres elles construiraient leurs forteresse
Qui arrête les colombes en plein vol
A deux au ras du sol
Une femme avec une femme
L’une des deux dit que c’est mal agir
Et l’autre dit qu’il vaut mieux laisser dire
Ce qu’ils en pensent ou disent ne pourrait rien y faire
Qui arrête les colombes en plein vol
A deux au ras du sol
Une femme avec une femme
Oh oh oh oh oh oh oh…
Qui arrête les colombes en plein vol
A deux au ras du sol
Une femme avec une femme
La vidéo officielle
Petits en vrac pour la fin…
C’est là que je me dis, mince, cette chanson a été écrite il y a plus de vingt ans, elle a eu un succès fou malgré un sujet pas facile et pouvant encore choquer à l’époque, surtout en Espagne, je vois un public qui la reprend en masse.
Immense succès en France aussi et on est toujours engluées dans des tonnes de préjugés.

A ce sujet, il est à noter que les trois membres du groupe ont été menacés d’excommunication par l’église catholique qui a condamné cette chanson dès sa sortie.

Sinon, la version italienne avec texte:
http://www.youtube.com/watch?v=f1qeRIde2Mg

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Petits livres pour tout petits à deux mamans

30 mars 2011 à 21:59 | Publié dans Arc en ciel, Sappho | 6 Commentaires
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Même si Chloé n’a pas encore l’âge, rien n’empêche de se pencher sur les livres pour enfants qui serviront à lui expliquer la petite différence qu’ont ses parents par rapport aux parents de ses amis. Pour plus âgés, je verrai le moment venu, il y a des chances qu’il y ait d’autres sorties entretemps.
Je ne vais pas m’étendre en longueur sur chacun, il s’agit d’abord de donner quelques références.

Evidemment, il n’est pas simple de les trouver dans le commerce, il est probable que vous ayez à les chercher sur le net ou les commander pour les avoir.
Jean a deux mamans
Jean a deux mamans
2-4 ans
Ophélie Texier
L’École des loisirs

Jean a deux mamans qui s’aiment comme un papa et une maman, Maman Jeanne qui l’a porté dans son ventre et Maman Marie qui s’occupe aussi de lui.
Dis... Mamans
Dis… Mamans
Dès 3 ans
Muriel Douru
Editions gaies et lesbiennes

A l’école la maîtresse demande de dessiner son arbre généalogique. Théo marque maman et maman lili.
Pauline ne comprends pas, mais la maîtresse va donner des explications…
Ulysse et Alice
Ulysse et Alice
Dès 3 ans
Ariane Bertouille, Marie-Claude Favreau
Editions du remue-ménage

Ulysse se voit offrir par son oncle Dédé une petite souris, Alice. Mais ses deux mamans, Mamo et Maman, ne veulent pas d’une souris. Ulysse va devoir faire accepter Alice à ses mamans et à Capsule, le chat, qui chasse les mouches. Alice découvre de son côté le quotidien d’une famille où il y a deux mamans.
Le mystère des graines à bébé
Le mystère des graines à bébé
Dès 4 ans
Serge Tisseron, Aurélie Guillerey
Albin Michel Jeunesse

Paul a appris à l’école comment on faisait les bébés, mais en rentrant à la maison, ses parents lui disent que ça ne s’est pas passé comme ça.
Ses parents étant un peu triste, il va voir ses amis les animaux qui lui expliquent comment ça se passe quand des parents ont des problèmes pour avoir des enfants (donc le sujet de la PMA).
Avec ses nouvelles connaissances, il revient pour demander quelle a été la solution dans son cas.
Edit du 2 avril 2011:
Avec le premier Salon du livre homoparental, je viens d’en découvrir d’autres:
- Cristelle et Crioline
- La fête des deux mamans
- Mes mamans se marient
Je n’ai pas encore vu, mais il se pourrait bien de je les ajoute bientôt à la sélection de dessus.
Pareil pour La Fête des deux mamans sorti plus tôt.

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